Chine, danger immédiat

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Maintenant que l’hégémonie chinoise éclate au grand jour, que les Etats-Unis ont cru nécessaire d’assumer des responsabilités dans le conflit opposant la Chine à l’ensemble des pays d’Extrême-Orient (sauf la Corée du Nord), en France on ne parle toujours que d’intérêts économiques et de pétrole, donc de négociations possibles. Alors que devant le désir d’hégémonie dix fois millénaire de la Chine il faut lui signifier carrément que les mers qui l’entourent ne lui appartiennent pas.

On peut pourtant avec raison se réjouir des exercices navals communs entre Américains et Coréens du Sud. Et aussi des déclarations fermes de la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, à Hanoï le 23 juillet dernier, contre les décisions unilatérales de la Chine d’occuper les mers de l’Asie du Sud-Est. C’est vital pour la Chine, paraît-il. Comme le Tibet ?

Peut-être les Etats-Unis réalisent-ils que l’hégémonie chinoise serait plus dangereuse que l’extrémisme de l’Islam ?

Au même moment, nos gouvernants et les médias cherchent à attirer davantage notre attention sur les chiffres de voitures vendues en Chine, ou, par exemple, au profit du « rayonnement français », sur le nombre de visiteurs du pavillon français à l’exposition de Shanghai, que sur ce conflit majeur qui risque d’embraser le monde.

La Chine possède de son côté des cartes pour tenter d’influencer les décisions américaines. Elle investit en Afghanistan (3,6 milliards de dollars pour l’exploitation du cuivre), mais l’insuccès américain ne lui déplaît pas. Dire que son jeu vis-à-vis des Etats-Unis dans le dossier de l’Iran est sournois serait encore bien en-dessous de la vérité.

Ainsi on croit rêver quand le 7 février dernier, le Secrétaire général de l’OTAN, Fogh Rasmussen a suggéré à l’OTAN d’élargir sa coopération « aux autres acteurs ayant des intérêts dans la stabilité de l’Afghanistan, l’Inde et la Chine » !

Dans le contexte d’isolement politique de la Chine en train de prendre forme actuellement parmi les pays de l’ASEAN, le Vietnam a une chance de se libérer du joug tendu par le grand frère venant du Nord. Mais le PCV serait-il capable de la saisir ? Jamais, il ne pourra retrouver cette occasion unique. L’union du peuple, tant recherchée, devient une évidence. Il est grand temps pour le PCV d’abandonner le modèle chinois comme mode de survie.

De l’optimisme mal placé ? Il est vrai que ceux qui détiennent les rouages du système ne nous rassurent ni dans leurs discours, ni dans leur politique de répression de l’élite. A l’image de ce général Nguyen Van Huong, membre du Comité central du Parti communiste vietnamien et secrétaire d’Etat au ministère de la Sécurité publique qui a écrit noir sur blanc dans le premier numéro de la revue des Droits de l’homme du Vietnam (officielle), paru le 14 juillet, que la conception des droits de l’homme et de la liberté religieuse du Vietnam est supérieure à celle de l’Occident. Selon ce général, le pluralisme et le multipartisme sont des facteurs qui mettent en danger la cohésion de l’Etat vietnamien.

Certainement, beaucoup de détenteurs du pouvoir à Hanoï se sentent menacés par la tournure des événements. D’où ce genre de réactions calquées sur l’attitude chinoise. En se croyant suffisamment forte, (ou les Etats-Unis trop affaiblis), la Chine n’a-t-elle pas abattu ses cartes un peu trop tôt ?

Bui Xuan Quang

Nous avons consacré ce numéro 55 de Viêt-Nam infos spécial à l’Eglise catholique vietnamienne essentiellement à Mgr Ngô Quang Kiêt qui vient de rentrer au Vietnam après un court « exil ». Pour beaucoup, ce retour est une « victoire » de l’archevêque

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