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VIET NAM infos numéro 12 - 15 mai 2002

 

Le point sur les Montagnards



Les montagnards réfugiés au Cambodge sont accueillis aux Etats Unis mais la répression continue sur les Hauts Plateaux 


Après le dossier consacré à la répression sur les Hauts Plateaux vietnamiens (janvier 2002), VIET NAM infos avait souligné l'impasse sur laquelle débouchaient les accords tripartites conclus au mois de janvier entre les Nations unies, le Viet-Nam et le Cambodge (mars 2002). Ils auraient dû permettre le rapatriement au Viet-Nam du millier de montagnards qui, fuyant la répression sur les Hauts Plateaux vietnamiens, avaient franchi la frontière et trouvé refuge dans deux camps ouverts pour eux au Cambodge dans les deux provinces de Mondolkiri et Rattanakiri. En réalité, seuls 15 pensionnaires des camps de réfugiés avaient été rapatriés régulièrement sous le contrôle du Haut Commissariat. Par contre, plusieurs groupes de réfugiés avaient regagné le Viet-Nam, la plupart du temps dans des conditions mal éclaircies, en dehors du contrôle de l'organe des Nations Unies, vraisemblablement sous l'effet de la contrainte et en tout cas avec l'aide de la police cambodgienne. Un dernier incident avait fait déborder le vase et provoqué une décision radicale du Haut Commissariat. 400 individus venant du Viet-Nam à bord de 12 cars de tourisme ont fait intrusion dans le camp de réfugiés montagnards, situé dans la province de Mondolkiri pour persuader les pensionnaires de revenir au Viet-Nam. La réaction du Haut Commissariat ne s'est pas fait attendre. Le 23 mars, le haut commissaire annonçait depuis Genève que son organisme se retirait de l'ensemble des opérations de rapatriement des montagnards des Hauts Plateaux du Viet-Nam ].

Le retrait du Haut Commissariat hors de l'opération de rapatriement avait été un premier coup de théâtre. Un nouveau rebondissement, tout aussi inattendu, est intervenu le 26 mars suivant. Non seulement l'idée de rapatriement était abandonnée mais les Etats?Unis annonçaient qu'ils allaient accueillir comme réfugiés les quelque 907 pensionnaires des deux camps situés dans les provinces de Mondolkiri et de Rattanakiri. Apparemment le gouvernement vietnamien a été pris de court par la proposition américaine. Le jour même, Mme Phan Thuy Thanh, porte-parole des Affaires étrangères, se montrait décontenancée, déclarait n'avoir pas d'information sur les intentions américaines. De son côté l'ambassadeur du Viet-Nam au Cambodge laissait entendre que l'installation des réfugiés montagnards aux Etats-Unis ne ferait qu'encourager l'exode de leurs compatriotes vers le Cambodge dans l'espérance de pouvoir eux aussi s'exiler en Amérique. Bien qu'en dernier ressort, le gouvernement vietnamien ait consenti au départ de ses ressortissants des Hauts Plateaux vers les Etats?Unis, il n'a cessé, depuis, de mettre en cause les intentions des Etats-Unis dans cette affaire. Le journal officiel de la Sûreté (Công An) dans son numéro du 9 avril 2002 soulignait que l'asile accordé aux montagnards par les Etats-Unis ne signifiait pas que ce pays se souciait véritablement du sort des habitants des Hauts Plateaux. Le journal résumait ainsi les soupçons vietnamiens : "Leur projet (des Etats Unis) est de saboter le processus de rapatriement, de provoquer une nouvelle vague de migrants traversant illégalement la frontière et, ainsi de causer l'instabilité sur les Hauts Plateaux et sur tout le territoire du Vietnam".

Ainsi, le conflit entre le Viet-Nam, le Cambodge d'un côté et les Nations Unis de l'autre au sujet de l'exode des habitants des Hauts Plateaux vers le Cambodge ne s'achèvera sans doute pas avec le départ des réfugiés aux Etats-Unis. Le Cambodge en accord avec son voisin le Viet-Nam a décidé de verrouiller sa frontière, de refouler immédiatement les éventuels "migrants illégaux". Or les responsables du Haut Commissariat aux réfugiés ont déclaré publiquement que le Cambodge doit continuer de donner asile aux montagnards fuyant leur pays. Un haut fonctionnaire du Haut Commissariat s'est ainsi prononcé : "Nous attendons du Cambodge qu'il remplisse ses obligations internationales en tant que signataire de la Convention sur les réfugiés de 1951" De nombreux indices montrent que les intentions affichées par le Viet-Nam et le Cambodge seront mises en pratique. Le 15 avril, alors qu'était à peine achevé le transfert des réfugiés montagnards de leurs camps vers une ancienne usine désaffectée de la banlieue de la capitale du Cambodge pour y préparer leur émigration aux Etats-Unis, on apprenait que, sans plus attendre la police cambodgienne avait pénétré sur les lieux, brûlé et rasé le camp de Mondolkiri, sans doute pour signifier la volonté des autorités vietnamiennes et cambodgiennes de mettre un terme définitif à l'épisode de l'exode des montagnards au Viet-Nam. Des indications concordantes suggèrent de plus que le pouvoir vietnamien s'inquiète de la turbulence des populations montagnardes et cherche à les encadrer le plus possible. On apprenait ainsi, le 10 avril, du responsable du travail et de l'immigration de la province de Thai Binh que d'ici l'année 2005, chaque année, 10000 Vietnamiens de cette province allaient être envoyés sur les Hauts Plateaux dans les provinces de Dak Lak et de Kontum pour y travailler dans des zones d'économie nouvelle, dans des fermes d'Etat et dans des "agences de défense". D'autres mesures annoncées donnent à penser que le renforcement de l'ordre sur les Hauts plateaux est à l'ordre du jour. Le journal des pionniers "Tiên Phong" annonçait le 15 avril, que des cadres du Parti avaient été envoyés dans les provinces des Hauts Plateaux. Ils ont pour mission de renforcer les cellules du Parti et les Comités populaires. "Leur mission, disait le journal, est de s'associer aux autorités locales en vue de favoriser le développement socio-économique, assurer la sécurité et renforcer la Défense nationale au niveau local".