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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 13 - 15 juillet 2002

Crime organisé


Mai 2002. Deux hauts responsables du Parti communiste vietnamien, Trân Mai Hanh et Pham Si Chiên ont été suspendus de leurs fonctions au sein du Parti par le Bureau politique et le Secrétariat du Comité central du PCV. Ils sont accusés d'être responsables dans la protection du gang mafieux de Hô-Chi-Minh-Ville, "le gang Nam Cam" dans lequel sont impliqués 80 policiers de la métropole économique du Viêt-Nam.

Trân Mai Hanh était membre du Comité central du PCV et directeur général de la radio officielle de la Voix du Viêt-Nam. M. Pham Si Chiên était l'un des directeurs adjoints du Comité du Parti du Parquet populaire suprême.


Le 18 juin, la presse officielle a indiqué que le vice-ministre de la police, le général Bui Quoc Huy, a dû faire son autocritique sur sa responsabilité et sa complicité dans le réseau de crime organisé "Nam Cam". Il devra présenter aux autorités un rapport précisant ses liens personnels avec les membres du réseau et déclarer sa colossale fortune.

Un deuxième vice-ministre de la police vietnamienne, le général Hoang Ngoc Nhât, a été mis en cause dans la même affaire. Le général Nhât a signé une décision libérant avant terme en 1997 et pour des raisons inconnues le tristement célèbre Nam Cam, arrêté de nouveau fin 2001.

Un troisième général de la police, Do Nam, directeur du département de la gestion des prisons du ministère de la police, a dû, lui aussi, faire son autocritique.

Un autre haut responsable du PCV, Lê Thanh Dao, chef-adjoint de la Commission de la propagande auprès des masses du Comité central du Parti et ancien directeur du Parquet populaire suprême a dû faire de même. 

La libération anticipée de Nam Cam d'un camp de rééducation en 1997 a mis à jour ses différents protecteurs au sommet du système. Le nom de Vo Van Kiêt qui était alors Premier ministre, revient régulièrement dans le dossier "Nam Cam". Mais il semble que la loi ne peut pas l'atteindre.


Le 20 juin 2002, les responsables de la Culture et de l'Idéologie du PCV, Nguyên Khoa Diêm et Nguyên Hông Vinh, ont officiellement interdit aux journaux de continuer à parler de façon trop libre du "scandale Nam Cam". D'après les autorités du PCV, les journaux ont dévoilé trop de secrets, dépassant ainsi les limites autorisées par le Parti. "Les journaux peuvent continuer à suivre l'affaire, mais ne doivent pas mettre au grand jour des secrets qui empêcheraient la bonne marche de la propagande essentielle".

 


Internautes = pornographes ?


Le 27 juin 2002, une circulaire signée par Phan Van Khai, Premier ministre, demande au ministère de la Culture et de l'Information et à d'autres organismes de contrôler la gestion des cybercafés afin de "corriger des erreurs" de ce secteur. Au cours de ces derniers mois, plusieurs dissidents ont été arrêtés, ayant utilisé des cybercafés pour diffuser des textes appelant à la démocratisation du régime vietnamien. Le Viêt-Nam comp-te près de 5 000 cybercafés, pour 80 millions d'habitants et 250 000 personnes abonnées à Internet.


Désintoxication


De violents troubles ont eu lieu début juin dans un centre de désintoxication au Sud-Viêt-Nam. Le directeur du Centre a précisé à l'AFP que 369 sur les 637 internés se sont brutalement révoltés et ont pris la fuite. 287 des évadés ont été repris. C'est la troisième fois depuis novembre 2001 que des troubles se produisent dans ce centre. Les autorités estiment que le pays compte de 100 000 à 200 000 toxicomanes et ces derniers représentent une forte majorité des 50 000 séro-positifs recensés.


Impacts négatifs de l'économie de marché !


Un homme a été condamné à mort le 8 juin à Binh Dinh (centre du Viêt-Nam) pour avoir tué son grand-père de 107 ans à cause de sa longévité. Trân Van Khoa, 48 ans, a étranglé à mort en février dernier son grand-père Trân Vinh, le doyen de sa province, en trouvant que la longévité de ce dernier est un fardeau pour sa famille. Des meurtres commis entre les membres d'une même famille sont devenus fréquents ces derniers temps. La presse officielle dénonce une dégradation morale de la société, conséquence de la transition vers une économie du marché avec ses "impacts négatifs".



Mme Vu Thuy Hà, une femme vietnamienne


Le 27 mars 2002, M. Pham Hông Son est arrêté à son domicile, à Ha Nôi. Motif, il a traduit en vietnamien un article du site Internet de l'Ambassade des Etats-Unis à Ha-Nôi et intitulé : Qu'est-ce que la démocratie?
Depuis trois mois, sa famille est sans nouvelles de lui. On l'accuse d'avoir diffusé des documents pouvant être servis contre l'Etat socialiste vietnamien.

Son épouse, Mme Vu Thuy Hà, se bat actuellement contre son arrestation arbitraire. Elle dépose une plainte sous forme d'une lettre aux autorités vietnamiennes, dénonçant une répression sans fondement, une atteinte à la Constitution qui stipule dans l'article 71 qu'aucun citoyen ne peut être arrêté sans une décision du Tribunal populaire.

Parallèlement, Mme Vu Thuy Hà écrit et diffuse une lettre, écrite en français, pour demander l'aide des autorités occidentales et de tous ceux qui, en Occident, sont concernés par le droit de l'homme de vivre dans la paix et la justice.


Je, soussignée Vu Thuy Hoa, 32 ans, secrétaire de direction au bureau régional pour l'Asie pacifique de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, basée au 1 rue Trinh Hoai Duc (Ha Nôi - Viêt-Nam), me permets de vous adresser ce courrier afin de solliciter votre bienveillante attention sur ma situation personnelle.

Le 17 mars 2002 au soir, la police vietnamienne a effectué une visite à mon domicile et a décidé brusquement d'arrêter mon mari, Pham Hông Son, 35 ans, titulaire d'un mastère en gestion de l'entreprise, responsable du marketing du Nord de la représentation d'une compagnie pharmaceutique Tradewind Asia, sise au 465 rue Nguyên Trai - Dông Da (Hà Nôi - Viêt-Nam).

Le motif de l'arrestation invoqué est le suivant : mon mari a dernièrement traduit de l'anglais en vietnamien un document télé-chargé sur le site Internet de l'Ambassade des Etats-Unis à Hà Nôi, intitulé "Qu'est-ce que la démocratie?". Puis il a envoyé son article "les signes encourageants de la démocratie au Viêt-Nam" au secrétaire général du Parti communiste vietnamien, Nông Duc Manh. Son travail ne revêt pas, de mon point de vue, de signes illégaux.

Son arrestation est un acte absurde, illégal et arbitraire.

Depuis cet événement, je n'ai pas pu obtenir la permission de le rencontrer malgré de multiples demandes de ma part. En outre, ses deux fils (5 ans et 3 ans) ne cessent pas de le réclamer. Moi, personnellement, après une journée de travail au bureau, je ne peux pas dormir la nuit en pensant à mon mari emprisonné, victime d'une injustice criante. Mes beaux-parents, déjà très âgés, au delà de 70 ans, sont très malades depuis qu'ils ont appris cette nouvelle.

J'ai l'honneur de m'adresser à vous pour vous prier de m'accorder sympathie et assistance dans le but que mon mari soit libéré au plus vite.

Vu Thuy Hà
72 B rue Thuy-Khuê - Tây Hô
Hà Nôi -Viêt-Nam