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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 15 - 15 novembre 2002

Trân Van Ân
Un homme / un siècle 


M. Trân Van Ân s'est éteint à Rennes le 11 septembre 2002. 

Il laissait l'image d'un patriote du Sud. D'un authentique patriote du Sud. Un passé comme on peut en rêver pour un patriote du Sud. D'une famille très modeste de Sa Dec, végétarien comme tout enfant de famille bouddhiste, et c'était seulement en 1914, lorsqu'il était admis comme élève au fameux lycée français Chasseloup Laubat de Saïgon que notre jeune campagnard de 11 ans commençait à faire l'expérience de la vie citadine. A 20 ans, Trân Van Ân s'aventurait déjà en Chine où il apprenait le chinois et s'initiait à l'anglais. A 23 ans, c'était la France où il apprenait l'engagement politique avec ses aînés : Nguyên An Ninh, Nguyên Thê Truyên, Trinh Dinh Thao, Duong Van Giao, Trân Van Thach…et participait aux mouvements de lutte anticoloniale. Rentré au Viêt-Nam, il s'était lié avec tous les patriotes de toutes les tendances, nationalistes et trotskistes de la 4e internationale comme Ta Thu Thâu. Pensant comme un grand nombre de Vietnamiens que les Japonais allaient libérer le Viêt-Nam du joug de la France, il comptait sur la protection japonaise et avait dû se réfugier de 1943 à 1945 à Singapour en même temps que des personnalités comme Trân Trong Kim, Duong Ba Trac, Dang Van Ky. Juin 1945, avec le patriarche du Bouddhisme Hoa Hao Huynh Phu So, et avec quelques compagnons, il fonda le Front national uni pour lutter contre les communistes du Viêt Minh. La lutte était bien inégale entre les communistes de la IIIe internationale de Hô Chi Minh qui pratiquaient l'assassinat systématique et les nationalistes de culture confucéenne d'un autre temps. Beaucoup de personnalités politiques de différentes tendances furent éliminées comme le nationaliste Pham Quynh qui prônait la monarchie constitutionnelle ou le trotskiste Ta Thu Thâu. En 1947 Trân Van Ân fonda le Parti social du peuple (Dân Xa Dang) avec le patriarche Huynh Phu So et Nguyên Van Sâm. Vers le début des années cinquante il était conseiller politique du Front uni de toutes les forces nationalistes mais sous la première République du Président Ngô Dinh Diêm, Trân Van Ân fut emprisonné en 1955 et ne fut libéré qu'en février 1964, plusieurs mois seulement après l'assassinat de Ngô Dinh Diêm et de son frère Ngô Dinh Nhu. Depuis cette date, Trân Van Ân fut constamment sollicité pour participer à des conférences dans différents pays sur le thème " Guerre et paix au Viêt-Nam ". En 1968, il fut nommé ministre de l'Information puis en 1973, il conseilla la délégation sud-vietnamienne à la conférence de La Celle-St Cloud. En 1975 il se réfugia en France où il vivait modestement à Rennes dans un appartement HLM.

Beaucoup de Vietnamiens s'étaient attachés à M. Trân Van Ân, non parce qu'il offrait une idéologie flatteuse ou une stratégie sans faille pour la conquête du pouvoir, mais simplement parce qu'à son contact, ils retrouvaient toutes les valeurs simples, et grandes, de l'honnête homme du Sud. Un cœur généreux, un patriotisme à toute épreuve, une ambition pour le pays et non pour lui-même. A la fin de sa vie, il rayonnait par sa bonté et par un certain détachement de bouddhiste. Quand on repense aux dégâts faits par des gens actuellement au pouvoir, aux assassinats des uns et aux sacrifices des autres, on peut comprendre qu'au fond du cœur de beaucoup de Vietnamiens, la recherche de la paix, de la fraternité est précieuse et essentielle et c'est ce qu'incarnait l'honnête homme du Sud, un certain M. Trân Van An. 

 

B.X.Q.


Scandale Nam Cam la suite

 

Le quotidien Nhân Dân rapporte samedi 16 novembre que Le Premier ministre Phan Van Khai a limogé le 15 novembre le vice-ministre de la Police, le général Hoang Ngoc Nhat qui a été rétrogradé au grade de colonel. Hoang Ngoc Nhat, est accusé d'avoir entretenu des liens avec le patron de la mafia de Ho-Chi-Minh -Ville, Nam Cam. Nhat est le deuxième vice-ministre de la Police à être démis de ses fonctions. En août, le vice-ministre Bui Quoc Huy a été démis de ses fonctions pour corruption. Rappelons que Trân Mai Hanh, ancien directeur général de la radio officielle la Voix du Viet-Nam, et Pham Si Chiên, ancien directeur adjoint du Parquet populaire suprême, seront jugés le 14 décembre. Truong Van Cam, dit Nam Cam, 55 ans, a régné dans le crime, meurtres, trafic de drogues, jeux, prostitution à Ho Chi Minh-Ville pendant de longues années, protégé par des hauts responsables du régime. 

 

Avec deux juges et 100 avocats, 155 accusés avec Nam Cam, ce procès, s'il a lieu dans la transparence, provoquera quelques remous parmi la nomenklatura du pays.

 

Calomnies américaines


Réaction vietnamienne au récent rapport annuel du Département d'Etat américain sur la liberté religieuse au Viêt-Nam (à consulter notre site). D'après M. Lê Quang Vinh, chef du Comité gouvernemental des affaires religieuses, ce rapport constitue " une déformation de la liberté de croyance et de la religion au Viêt-Nam…Ceux qui sont considérés par le Département d'Etat américain comme " personnalités religieuses d'opposition " ou " détenus de conscience " sont Thich Huyên Quang, Thich Quang Dô, Lê Quang Liêm, Nguyên Van Ly…Ces personnes ne sont pas détenues et n'ont pas subi de sanctions administratives pour des raisons religieuses, mais pour des raisons pénales, Huyên Quang et Quang Dô ont été menés au tribunal populaire de Ho Chi Minh-Ville pour leurs calomnies contre l'Etat. En mars 2002, Lê Quang Liêm, de concert avec sa bande, a organisé une fausse immolation au parc Lê Van Tam à Ho Chi Minh-Ville. Il a été arrêté et est tenu en résidence surveillée pour avoir perturbé la sécurité et l'ordre social. Quant au prêtre Nguyên Van Ly, il a écopé d'une peine de 15 ans de prison prononcée au Tribunal de Thua Thiên-Huê (Centre) pour avoir sapé la politique d'union nationale, en vertu de l'article 87 du Code pénal et pour avoir violé " l'ordre de résidence surveillée adminis-trative " selon l'article 269. Ainsi, il est évident que selon la loi de l'Etat vietnamien, jamais une personne n' est arrêtée pour ses activités religieuses. "

 

Sauna

 

Une trentaine d'homosexuels ont été arrêtés lors d'une descente de police dans un centre de fitness de Hô Chi Minh-Ville. Ce centre qui a été ouvert au début de cette année a connu un certain succès. Des centaines de clients venaient au centre à chaque week-end. L'homosexualité considérée comme un mal social au Viêt-Nam est traquée sans relâche en ce moment.

 

Actualités

 

Meurtres / Trois Montagnards chrétiens ont été exécutés par injection le 20 octobre 2002.

Selon Montagnard Foundation, trois Montagnards chrétiens, Y-Suon Mlo du village Buon Kuang, Y-Het Nie Kdam du village Buon Ea Tieo et Y-Wan Ayun, du village Buon Gram dans la province de Dak Lak ont été exécutés par les forces de sécurité par injection d'une substance inconnue. Après qu'une infirmière a refusé de faire l'injection, un policier a fait lui-même la besogne. 

Inquiétudes / Les évêques du Viêt-Nam s'adressent à l'Assemblée nationale du Viêt-Nam.

Au cours de la conférence épiscopale qui a eu lieu à Ha Nôi du 7 au 12 octobre dernier, le président de la Conférence, Mgr Paul Nguyên Van Hoa a rencontré un représentant de l'Assemblée nationale pour lui faire part de très graves inquiétudes des évêques sur la violation des droits civiques des catholiques appartenant aux minorités ethniques. Lors de la visite le 9 octobre de M. Lê Quang Vinh, directeur du Bureau des Affaires religieuses, les évêques ont signalé que " des fonctionnaires gouvernementaux étaient entrés dans les maisons des fidèles où ils ont détruit des autels et des statues, confisqué des livres, des chapelets. Ils ont forcé les fidèles à signer des textes écrits où ils s'engageaient à abandonner la religion, à cesser de suivre l'instruction religieuse et de propager l'évangile ". (source : Missions Etrangères de Paris)

Affrontements / Paysans " extrémistes "

Selon l'AFP du 8 novembre 2002, de violents affrontements ont eu lieu dans un district près de Ha Nôi entre policiers et paysans. Des responsables locaux du district de Hoai Duc, de la province de Ha Tay, à 30 km au sud-ouest de Ha Nôi tentaient de libérer de force des terrains en vue d'expropriations, des milliers de paysans se sont rassemblés pour s'opposer à l'action des autorités. Un policier avait indiqué que certains " extrémistes " avaient détenu pendant des heures deux policiers et un cadre. Huit policiers ont été blessés et hospitalisés. Mme Phan Thuy Thanh, porte-parole des Affaires étrangères, a reconnu que " certaines familles paysannes se sont opposées à la décision du gouvernement et il y a eu de légers affrontements entre les habitants locaux et les personnes en mission publique ". En octobre, lors d'une manifestation semblable, onze personnes dont un policier ont été blessées.

Révolte / Les Bénédictins de Huê

Le pouvoir dénie à la communauté bénédictine de Thiên An à Huê tout droit de propriété sur son propre domaine. Malgré de nombreuses pièces justificatives dont les plus anciennes remontent à 1959, l'Inspection générale d'Etat déclare que la revendication par le monastère de Thiên An du droit de propriété de la colline de Thiên An est sans aucun fondement. Devant la mauvaise foi du pouvoir communiste, le Père Huynh Quang San, Abbé du monastère, a utilisé des termes très fermes dans sa lettre de revendication de propriété du 6 janvier 2002 : " …Est venu le moment où, appuyés sur les lois de la République socialiste du Vietnam, il nous faut nous lever pour défendre jusqu'au bout les terrains… de l' Eglise catholique ". Dans une lettre datée du 6 novembre 2002, le Père Huynh Quang Sanh assouplit sa position et propose de garder la forêt de pins qui entoure le monastère, et demande au pouvoir de confirmer que l'aire de loisirs qui sera créée sur les terres du monastère ne troublera ps la sérénité et le calme du monastère. Mais le pouvoir applique le droit socialiste à 100% : toutes les terres de tout le Viêt-Nam appartiennent à l'Etat. C'est à dire au Parti. Il confisque donc 102ha du monastère et lui laisse un terrain de 5 ha.

Espionnage en famille / neveux et nièce du Père Nguyên Van Ly.

Trois membres de la famille du Père Nguyên Van Ly, Mme Nguyên Thi Hoa et ses frères cadets Nguyên Vu Viêt et Nguyên Truc Cuong sont accusés d'espionnage et sont emprisonnés. Mme Choa, veuve et mère de quatre enfants, a été arrêtée le 19 juin 2001 puis provisoirement libérée le 25 octobre en raison de ses charges familiales. On leur reproche d'avoir transmis des " documents " sur la répression religieuse au Viêt-Nam aux Vietnamiens réfugiés aux Etats-Unis. En fait, tous ces textes sont largement diffusés et connus de tout le monde.