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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 20 - 15 septembre 2003

 

SRAS



L’hôpital franco-vietnamien de Ha Nôi (privé) a officiellement rouvert le 25 août, six mois après le drame de la pneumonie atypique. Cloisons déplacées, moquettes neuves, services réorganisés, l’hôpital est méconnaissable. Le manager Lucien Blanchard insiste pour dire que c’est un nouvel hôpital et non une réouverture. Un maître Feng Shui chinois a décidé que l’hôpital devrait recueillir son premier patient le 11 août, sans attendre l’ouverture officielle. Vo Van Ban, directeur général adjoint, a été choisi par un devin vietnamien pour brûler de l’encens pendant la cérémonie parce qu’il est né l’année du Dragon.
Rappelons que fin février 2003, Johnny Chen, un Américain d’origine chinoise porteur d’un virus inconnu est admis à l’hôpital. En quelques jours, il contamine 36 médecins et infirmières, avant d’être évacué à Hong-Kong où il décèdera.

Trois médecins dont deux Français et deux infirmières ont été les victimes de la maladie appelée plus tard Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) mais l’isolement de l’hôpital a empêché le virus de se propager à la population et le Viêt-Nam s’est le premier débarrassé du fléau le 28 avril.


Catherine Tasca


Lors d’un séminaire sur la diversité culturelle à Ha Nôi organisé sous l’égide de l’Agence intergouvernementale de la francophonie, Mme Catherine Tasca, représentante spéciale d’Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, a déclaré : « Les cultures de chaque pays constituent une véritable ressource pour le développement. Mais la diversité culturelle est fragilisée par la globalisation…De même qu’en économie, les pays producteurs sont de plus en plus dominants, dans le domaine de la culture, les pays producteurs occupent l’ensemble des marchés, il y a un risque d’homogénéisation (…) L’objectif ne serait pas d’édicter une politique culturelle pour chaque pays mais d’imposer une légitimité aux politiques culturelles de chacun ».

L’un des objectifs de l’Organisation internationale de la Francophonie est que l’UNESCO, lors de la prochaine session de sa conférence générale qui s’ouvre à Paris le 29 septembre, ouvre le chantier d’une Convention internationale sur la diversité culturelle.


Education


Environ 22 millions d’élèves rentrent en classe au début de septembre. Pour cette année 2003-2004, il manque 55 000 enseignants et 20 000 salles de classes. Dans de nombreuses écoles de la région du nord du pays et celle du sud du delta du Mékong, des élèves de différents niveaux doivent occuper une même salle de classe en même temps. Cependant, les plus graves problèmes de l’Education au Viêt-Nam sont encore dans le fait que bon nombre d’enseignants, pour survivre, forcent leurs élèves à prendre des cours en privé et négligent leur enseignement à l’école. Les fraudes aux examens se multiplient. A l’université, les étudiants paient entre 2000 et 3 500 dollars pour se faire remplacer à l’examen par des professionnels. En 2002, le nombre de cas de tricheries découverts a augmenté de 37%, 3 385 personnes ont été suspendues des examens pour deux ans.


Procès Nam Cam en appel


Nam Cam, le "parrain" le plus puissant de l'histoire du Vietnam moderne, et les dignitaires qu'il avait entraînés dans sa chute se sont retrouvés lundi 15 septembre à Ho Chi Minh﷓Ville, au premier jour d'un procès en appel.

Truong Van Cam, alias Nam Cam, avait été condamné à mort deux fois le 5 juin dernier, pour l'assassinat de l'une de ses rivales, Dung Ha, puis pour avoir corrompu des hauts responsables qui protégeaient ses activités lorsqu'il régnait sur la pègre de Ho Chi Minh-Ville.

A ses côtés comparaissent 68 prévenus dont trois anciens responsables politiques, symboles de la compromission des hauts﷓fonctionnaires communistes vietnamiens avec le monde du crime.

Tran Mai Hanh, ancien directeur général de la radio officielle la Voix du Vietnam, et Bui Quoc Huy, ancien vice﷓ministre de la police, tous deux ex﷓membres du tout puissant Comité central du Parti communiste vietnamien (PCV), avaient été condamnés respectivement à des peines de 10 et 4 ans de prison.

Pham Sy Chien, ancien procureur﷓adjoint du parquet populaire suprême, avait écopé de 6 ans d'emprisonnement.

Placés en détention provisoire il y a dix jours, ils sont apparus pour la première fois dans la tenue rayée verte et blanche des détenus vietnamiens devant quelque deux cents personnes, sous la surveillance de près de trois cents policiers.
Le procès achèvera une saga lancée par l'arrestation de Nam Cam en décembre 2001, et enrichie depuis par les révélations de la presse mettant en cause autant des individus qu'un système.

La procédure souligne la volonté du régime de Hanoi de reconquérir une légitimité taillée en pièces par la corruption, les passe﷓droits et les détournements de fonds. Et les peines attribuées en première instance devraient être confirmées.

"Le régime doit faire un exemple. Il n'a rien à gagner d'un verdict clément, qui serait vu par l'opinion comme un pas en arrière", pronostique Carl Thayer, expert du Vietnam à l'Australian Defence Force Academy (ADFA). Selon lui, la cause des trois anciens hauts﷓dirigeants est entendue. Mais le PCV a déjà trop perdu, dans le pays comme à l'étranger, pour espérer sortir blanchi. "La communauté internationale est consciente que la corruption est endémique et profondément inscrite dans le fonctionnement de la société", ajoute﷓t﷓il. "Ce procès n'est qu'une bataille dans une guerre plus vaste contre la corruption".

La cour réexaminera les éléments majeurs du dossier, en particulier l'élimination de Dung Ha, la reine du crime de la ville portuaire de Haiphong, assassinée en octobre 2000. Selon la presse vietnamienne, Nam Cam aurait tenté de pactiser avec Dung Ha, pour développer ses réseaux dans son fief du nord﷓est du pays. Mais la coopération avait dégénéré en lutte à mort. Dung Ha s'était offert une humiliation publique de son rival en faisant livrer un paquet﷓cadeau contenant des rats dans un de ses restaurants de Ho Chi Minh-Ville. Ecumant de rage, Nam Cam aurait ordonné son exécution, selon la version de la presse officielle.

Le verdict d'appel est attendu le 15 novembre. (AFP septembre 2003)


Population


Le contrôle des naissances semble être plus efficace. Chaque femme donne naissance à 1,9 enfant en moyenne en 2002 au lieu de 2,7 enfants 1997. En 2002, 87% de couples au Viêt-Nam ont utilisé des méthodes contraceptives et de plus en plus de couples dans les grandes villes désirent avoir un seul enfant. Le taux de mortalité des nouveaux nés décroît à 18% alors qu’il était à 28% en 1996. Environ les 85% de femmes enceintes sont vaccinées contre le tétanos et 80% des naissances ont lieu dans un hôpital.


Hô ne fait plus recettes ?


Le film Nguyên Ai Quoc à Hong Kong racontant le soutien du Parti communiste chinois à Ho Chi Minh (Nguyên Ai Quôc) lorsque ce dernier était arrêté en Chine et présenté devant un tribunal anglais ne semble pas faire recettes. Dans une salle de la capitale vietnamienne, 24 billets ont été vendus le 2 septembre, jour de fête nationale communiste, et le jour suivant, la séance a été annulée car un seul spectateur s’était présenté au guichet. Le film coûtait 600 000 dollars, une grande partie a été financée par le gouvernement chinois.
(Viet Catholic News du 14 septembre 2003)


Montagnards


D’après Radio Free Asia (RFA), citant une source militaire cambodgienne, de nombreux réfugiés des minorités ethniques du Viêt-Nam continuent à s’enfuir du pays à cause des persécutions dont ils sont victimes de la part des autorités, une vingtaine de réfugiés montagnards ont été retrouvés affamés et atteints de la malaria au Nord Est du Cambodge après s’être cachés durant les six dernières semaines (AFP 29 août)


L’Europe intervient


Le parlement européen avait le 4 septembre adopté son « Rapport annuel sur les droits de l’Homme dans le monde en 2002 », dans lequel il exprimait « sa solidarité avec les populations chrétiennes des montagnards brutalement réprimées depuis des décennies par les autorités de Ha Nôi » et demandait « au gouvernement vietnamien de mettre fin à sa politique d’oppression et d’extermination » et « d’assurer les droits fondamentaux aux dirigeants bouddhistes les vénérables Huyên Quang et Quang Dô »

« Les droits fondamentaux des citoyens sont garantis par la Constitution et respectés dans la pratique », a répondu Lê Dung, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, se disant convaincu que les deux parties pouvaient régler leurs différents « sur la base du respect de l’indépendance, de la souveraineté et de non ingérence dans les affaires intérieures respectives ».
(lire la page 3 : le cas du vénérable Thich Tri Luc)

 

Dernière

 

Vendredi 19 septembre, le patriarche Thich Huyên Quang, en résidence surveillée sans procès depuis 1982 et son second Thich Quang Dô, récemment libéré, tenaient dans une pagode de la province de Binh Dinh (Centre) une réunion destinée à évoquer l’avenir de l’Eglise Bouddhique Unifiée du Viêt-Nam (EBUV). Seuls dix moines étaient présents. Selon le Bureau international d’information bouddhiste (IBID) basé à Paris, des dizaines de moines ont subi des interrogatoires de la police et des menaces de représailles s’ils se rendaient à la réunion ou acceptaient une fonction au sein de l’EBUV.

Ha Nôi a violemment réagi contre ces informations qu’il a qualifiées de fabriquées. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que l’EBUV n’existait «ni par son nom ni en réalité»