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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 23 - 15 mars 2004

 

Jeunes filles en vente aux enchères 


Des jeunes Vietnamiens d’Australie, animateurs de Mang Luoi Tuoi Tre Len Duong (Toile de la jeunesse vietnamienne en route) ont alerté sur Internet que trois jeunes filles vietnamiennes font l’objet d’une vente aux enchères par Internet dans le site E bay. E bay est un site internet de vente aux enchères de produits divers. On voit sur le site en question la photo des trois jeunes filles, mises à prix chacune à 180 500 dollars taïwanais (4 500 € environ). « Lieu de livraison : Taïwan. « Produits d’origine vietnamienne ».


Grippe aviaire

La Chine et les pays membres de l'Association des nations de l'Asie du sud est (ASEAN) se sont mis d'accord, mardi 2 mars à Pékin, pour renforcer leur coopération dans la lutte contre l'épidémie de grippe aviaire, a rapporté l'agence de presse Chine nouvelle.

L'accord prévoit un échange d'informations et d'expérience sur le fléau afin de parvenir à contrôler le virus potentiellement mortel et empêcher que la maladie se développe d'un pays à l'autre.

Le Vietnam est le pays de l'ASEAN le plus affecté, avec 15 morts. Sept personnes sont également décédées en Thaïlande.

Le virus H5N1 a touché huit pays d'Asie (Cambodge, Chine, Indonésie, Japon, Laos, Corée du Sud, Thaïlande et Vietnam), près de 100 millions de volailles ont été abattues. Taïwan et le Pakistan, ainsi que des régions des Etats Unis et du Canada, ont identifié des souches moins dangereuses
La grippe aviaire ne "peut pas être maîtrisée dans un avenir proche", avertit mardi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui rappelle que le contrôle de précédentes épidémies, pourtant beaucoup moins importantes, avait pris au moins deux ans.

Selon l'OMS, plusieurs caractéristiques rendent difficile la maîtrise rapide de l'épidémie, dont la très forte production des volailles dans des petites fermes et des arrière cours, où elles peuvent courir librement. Autre problème pour un abattage adéquat des volailles : le fait que leur "production contribue considérablement à l'économie et à l'alimention des pays affectés".

Le manque d'infrastructure de contrôle et de détection de l'épidémie constitue également un obstacle à son éradication, ainsi que le manque de ressources pour "dédommager les agriculteurs et les encourager à se conformer aux recommandations de gouvernement". (AFP 2 mars 2004). 


Brutalité ordinaire

Les faits ont eu lieu dans la matinée du 6 janvier dernier. Entouré d’une vingtaine de paroissiens, le Père Dang Van Nam défendait le domaine de l’église de Ke Sung, diocèse de Huê, contre l’assaut d’une troupe composite d’une centaine de personnes réquisitionnées par les autorités civiles locales, pour édifier une route de béton traversant la cour de l’église. Il fut alors frappé violemment à la face par un cadre local, proche parent du secrétaire de la section communale du Parti, alors que les fidèles étaient bousculés, molestés et déplacés de force. Quelques minutes plus tard, informé des faits, l’archevêque de Huê, M. Nguyên Nhu Thê, envoyait sur les lieux, le P. Nguyên Huu Giai et le Père Trân Thang Thê pour enquêter sur place. A peine arrivés sur les lieux, les deux prêtres furent encerclés par les cadres de la commune et leur troupe. Du sable, du ciment et des pierres furent jetés sur eux par les agresseurs. 
(Eglises d’Asie 1er février 2004)


Réflexions sur la situation religieuse


par Chân Tin


traduction Nguyen Huu Tân Duc

extraits / lire le texte intégral sur notre site www.vninfos.com


Une subtile politique de répression anti-religieuse


Sur le plan de la liberté religieuse, le gouvernement vietnamien proclame invariablement que, dans la Constitution comme dans la réalité, la liberté de religion est toujours respectée, ignorant avec superbe les faits réels qui démontrent qu’au contraire, les droits et libertés des citoyens sont bafoués de façon patente et indiscutable. On peut mentionner, à titre d’exemple, les campagnes de répression contre les chrétiens appartenant aux ethnies minoritaires des Hauts Plateaux et des provinces du Nord-ouest (Son La et Ha Giang), et plus récemment, la destruction des temples protestants à Saigon et alentours…
Dans sa politique répressive contre la religion, le pouvoir communiste se fonde sur un arsenal juridique extrêmement habile et subtile, riche en lois, décrets et ordonnances. Il opprime en associant divers articles de lois et décrets qui, chacun pris à part, n’ont en soi rien de répressif. La répression entre en jeu dès que ces différents articles sont malicieusement associés pour faire face à une situation donnée. Par exemple, un certain article stipule que les fidèles ne peuvent pratiquer leur culte qu’en des endroits autorisés (églises, pagodes, temples). Mais en même temps la réglementation régissant la construction d’immeubles décrète que tout projet de construction, pour se réaliser, doit obtenir l’autorisation préalable de l’Etat. En lisant ces articles ou décrets indépendamment et séparément l’un de l’autre, on n’y décèle a priori aucune intention anti-religieuse. Pourtant, pour interdire aux fidèles de pratiquer leur culte, il suffit pour le pouvoir de ne pas délivrer de permis de construire. Alors, faute de lieux de culte autorisés, les fidèles sont réduits à pratiquer leur culte à la maison ou en quelque autre endroit. C’est ainsi que la pratique du culte devient illégale et s’expose ipso facto aux foudres de la loi. Et le pouvoir n’a qu’à s’appuyer sur ce manquement pour frapper, arrêter et emprisonner les fidèles qui enfreignent la loi sans pour autant être taxé, lui, de porter atteinte aux libertés religieuses. Dans ces conditions, les fidèles qui désirent pratiquer leur religion même de façon légale sont pris dans un dilemme et ne savent plus quoi faire !
Autre exemple : d’une part, tel décret proclame que le citoyen est libre d’enseigner sa religion, d’autre part, tel autre décret exige que, pour ce faire, il faut être prêtre ou pasteur. Or pour être prêtre ou pasteur, il faut l’autorisation du gouvernement. Il ne faut pas croire que, même pour les cas les plus justifiés, l’autorisation est facilement accordée. C’est pourquoi, pour faire face à leurs besoins normaux, les Eglises doivent recourir à un certain nombre de prêtres ou pasteurs ‘clandestins’ (ces ministres du culte ordonnés sans l’autorisation ou la reconnaissance de l’Etat). De ce fait, les prêtres ou pasteurs ‘clandestins’, comme d’ailleurs de simples fidèles, qui enseignent la religion prennent le risque d’être arrêtés, roués de coups, emprisonnés, voire exécutés comme nous l’avons vu dans le passé 
Avec un tel système juridique, contradictoire et interprétable à volonté, le pouvoir peut à loisir arrêter ou emprisonner les fidèles pour infraction à la loi et non à cause de leur pratique religieuse.
En fait, l’utilisation de cet arsenal juridique pour le moins embrouillé pour opprimer la religion ne s’applique qu’aux Eglises qui refusent le contrôle de l’Etat. Celles qui acceptent d’être étroitement contrôlées par l’Etat jouissent d’une relative liberté. Ainsi par exemple, s’agissant de la pratique du culte à la maison, les autorités locales peuvent fermer les yeux pour les fidèles relevant d’Eglises qui acceptent le contrôle de l’Etat. Par contre, si ces fidèles appartiennent aux Eglises réfractaires à tout contrôle, ils risquent d’être en butte aux tracasseries voire à une répression sans merci de la part des autorités locales. Le but ultime de l’Etat n’est-il pas de forcer toutes les Eglises à passer sous son contrôle ?
C’est ainsi que, vu de l’extérieur, on ne voit que les cas où il y a un semblant de liberté sans remarquer ceux où toute liberté est totalement absente. Pour prouver que la liberté de religion existe au Vietnam, il suffit au pouvoir d’exhiber les cas de la première catégorie et de passer sous silence ceux de la seconde catégorie.
…………………………………….
Ce dont je veux parler ici dans ce bref exposé, ce ne sont pas seulement des dommages et préjudices que le régime communiste cause présentement à l’Eglise catholique du Vietnam. De toutes façons, tous ces inconvénients et difficultés passeront quand ce régime passera. Ce dont je veux parler, c’est du mal que ce régime est en train de causer à mon pays aujourd’hui, d’un mal qui subsistera bien longtemps après que ce régime aura disparu : c’est que sa politique religieuse est en train de dénaturer l’Eglise catholique comme les autres Eglises de notre pays.

Ce que je crains, c’est que, une fois ce régime disparu, mon Eglise ne soit plus une Eglise authentique comme elle devrait l’être. Qu’elle ne puisse plus, la tête haute, être fière de ses sacrifices et de son courage comme elle a pu se glorifier, par le passé, du nombre de ses martyrs par centaine de milliers. Je crains qu’alors mon Eglise ne doive baisser les yeux pour contempler, en son sein, les marques indélébiles que ce régime inique aura laissées chez ses propres enfants. Car dès aujourd’hui et même à l’avenir, mon Eglise porte déjà peu ou prou, dans ses propres rangs, des éléments qui ont été ou qui sont actuellement élevés et formés pour devenir des outils du régime.

Je crains que, après que ce régime aura disparu, les maux qu’il aura infligés au peuple vietnamien continueront de perdurer longtemps encore, dans lesquels mon Eglise – comme quelques autres Eglises – devra porter une part de responsabilité pour son silence et sa peur de dire la vérité quand il le fallait. Le silence et la peur d’agir de façon positive ne sont pas toujours innocents, ils peuvent inclure une certaine complicité.

Ce qu’il faut craindre pour mon Eglise, c’est précisément ce que ce régime est en train de faire pour la dénaturer. Une Eglise qui aurait dû faire preuve de sa capacité d’être maîtresse chez elle et de porter témoignage pour tous les chrétiens, s’est pourtant résignée à laisser le pouvoir agir à sa guise, et à être toujours prête à garder le silence ! Une Eglise qui aurait dû être comme le levain dans la pâte, le sel dans l’aliment pour rendre l’homme et la société meilleurs, a laissé altérer le ferment du levain, le goût salé du sel. Un levain avarié, un sel affadi, à quoi peuvent-ils bien servir ?

C’est pourquoi, de tout mon cœur, je lance cet appel pressant à la communauté du peuple de Dieu et à toutes les organisations de lutte pour les droits de l’homme et la liberté de religion, d’agir en sorte que mon Eglise – ainsi que toutes les autres Eglises – recouvrent leur autonomie d’action, ne soient plus l’objet d’ingérence ou de manipulation d’aucune sorte de la part du régime, particulièrement dans les domaines de la formation et de la nomination du personnel religieux. Les torts causés par l’expropriation des biens de l’Eglise, les interdictions et tracasseries rencontrées dans l’exercice du culte, tout cela passera et pourra être réparé d’une façon ou d’une autre, car au fond ce ne sont que des biens et intérêts matériels. Alors que le mal engendré par l’ingérence du pouvoir et la manipulation des affaires internes de l’Eglise sera profond et perdurera longtemps encore. L’Eglise aura beaucoup de mal à se rétablir, car ces ingérences malignes ont la capacité d’altérer la nature même de l’Eglise et les valeurs morales et spirituelles qu’elle défend, ce qui fait qu’elle ne sera plus une vraie Eglise comme elle devrait être. Alors, même libre, elle ne pourra même plus accomplir sa mission !


P. Stéphane Chân Tin
Saigon, décembre 2003



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