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VIET NAM infos numéro 29 - 15 mars 2005

 

Nicole Guedj au Viêt-Nam



Le 3 mars, la secrétaire d'Etat française aux Droits des victimes, Nicole Guedj, en visite au Viêt-Nam portant sur un projet de coopération juridique bilatérale, a remis aux autorités vietnamiennes une liste actualisée des prisonniers d'opinion que l'Union européenne souhaite voir libérer :"J'ai remis au ministre de la justice une liste de 22 prisonniers politiques, parmi lesquels figure Pham Hong Son", a t elle indiqué au cours d'un point presse (lire la déclaration des Médecins sans frontières page 7).

La Secrétaire d'Etat française aux Droits des victimes, Nicole Guedj, a aussi demandé à Hanoï de faire un geste en faveur de deux ressortissants français incarcérés au Vietnam.

Stéphane Andro, 36 ans, a été condamné à perpétuité pour trafic de drogue en août 2003 après avoir été arrêté en possession de 318 grammes d'héroïne.


L’état de santé de Stéphane Andro est préoccupant.

Mme Guedj a par ailleurs soulevé le cas de Nguyen Gia Thieu, un Français d'origine vietnamienne âgé de 42 ans.
Directeur de la compagnie Dong Nam, distributeur exclusif de téléphones portables Nokia et Samsung au Viet-Nam, il est en détention provisoire depuis le 4 janvier 2003 dans le cadre d'une vaste affaire de fraude fiscale et de contrebande.

Selon le quotidien Tuoi Tre, "le Parquet populaire suprême du Viet-Nam a décidé de poursuivre en justice Nguyen Gia Thieu, directeur de la compagnie Dong Nam, et 16 autres accusés, anciens douaniers et employés de l'aviation civile".

Ils seront jugés notamment pour contrebande et évasion fiscale. Aucune date n'a été donnée pour le procès.

Nguyen Gia Thieu, directeur de la compagnie Dong Nam, distributeur exclusif de téléphones portables Nokia et Samsung au Viet-Nam, est accusé d'avoir organisé l'importation frauduleuse de téléphones portables au Viet-Nam.

Il aurait aussi, selon la presse, fait de fausses déclarations fiscales pour échapper aux impôts.

Tout le monde s’accorde à penser qu’il est bien naïf pour un Vietnamien de l’étranger (Viêt kiêu) de croire qu’il peut contrôler le marché des téléphones portables au Viêt-Nam qui se développe à une vitesse vertigineuse. Depuis plus de deux ans, Nguyên Gia Thiêu est détenu sans jugement, sa société Dong Nam a perdu les 2/3 de ses chiffres d’affaires.

En plus, Thiêu a eu l’imprudence d’épouser une reine de beauté, Hà Kiêu Anh. Il a tout fait pour perdre ses droits dans ce pays de non droits.


Le Viêt-Nam sous pression


La question des libertés religieuses au Viet-Nam est sous haute surveillance, en particulier dans les hauts plateaux du centre du pays, alors que Washington doit statuer prochainement sur d'éventuelles sanctions à l'encontre du régime communiste.

Le pays a été classé l'an passé par le Département d'Etat américain sur la liste des nations "les plus préoccupantes" en la matière. Et Washington doit décider si Ha Noi doit être sanctionnée.
Le Viet-Nam semble, du coup, vouloir multiplier les gestes de bonne volonté.
Juste avant le nouvel an lunaire, plusieurs dissidents ont été libérés dont le célèbre prêtre catholique, Tadeus Nguyen Van Ly, qui était détenu depuis 2001. (lire le témoignage de Thich Thiên Minh, page 8)


Libération


Le docteur Nguyen Dan Que a été libéré, le 2 février 2005, de la prison de Thanh Hoa et a regagné le lendemain son domicile à Hô Chi Minh-Ville. Le journaliste Nguyen Dinh Huy, libéré le même jour du camp de Ham Tan, a été raccompagné à Hô Chi Minh-Ville par sa famille.

Reporters sans frontières rappelle que trois autres dissidents - Nguyen Vu Binh, Pham Hong Son et Nguyen Khac Toan - sont toujours derrière les barreaux pour avoir simplement critiqué l'action du gouvernement sur Internet. « En moins de huit mois, les autorités vietnamiennes ont libéré quatre des sept cyberdissidents arrêtés, ainsi que le dernier journaliste emprisonné. Pourtant, dans le même temps, elles ont brutalement repris en main une partie de la presse en ligne parce qu'elle se faisait l'écho du mécontentement populaire. On ne peut donc pas encore interpréter ces libérations comme un signe d'assouplissement du régime envers la liberté d'expression », a déclaré Reporters sans frontières.

Le docteur Nguyen Dan Que était détenu à la prison n°5 de la province de Thanh Hoa, à environ 200 km au sud de Ha Noi. Il avait été arrêté dans la soirée du 17 mars 2003 à son domicile de Hô Chi Minh-Ville. Ardent défenseur de la liberté d'expression, il avait déjà passé plus de 18 ans en prison entre 1980 et 1998. Il avait publié peu avant son incarcération un communiqué dans lequel il dénonçait le manque de liberté de la presse dans son pays. Nguyen Dan Que avait été condamné, le 29 juillet 2004, à 30 mois de prison par un tribunal de Hô Chi Minh-Ville. Il n'avait pas été autorisé à prendre un avocat.

Nguyen Dinh Huy, 73 ans, avait été arrêté, le 17 novembre 1993, après avoir demandé l'autorisation d'organiser une conférence sur la démocratie à Hô Chi Minh-Ville. En avril 1995, il avait été condamné à 15 ans de prison pour avoir tenté "de renverser le gouvernement du peuple". Le journaliste était détenu dans le camp de Ham Tan, à une centaine de kilomètres au nord-est de Hô Chi Minh-Ville. Les cyberdissidents Pham Que Duong et Tran Khue ont été relâchés respectivement les 29 et 30 juillet 2004. Le Chi Quang est, quant à lui, sorti de prison le 14 juin.

Deux cyberdissidents et un journaliste toujours derrière les barreaux :

Nguyen Khac Toan, homme d'affaires et ancien officier de l'armée, a été arrêté, le 8 janvier 2002, dans un cybercafé de Ha Noi. Il a été accusé d'avoir envoyé des informations par courrier électronique à des organisations vietnamiennes de
défense des droits de l'homme en exil, jugées « réactionnaires » par le 
gouvernement. Reconnu coupable d'espionnage, il a été condamné, le 20 décembre 2002, à 12 ans de prison et trois ans de résidence surveillée. Depuis quelques mois, il lui est interdit de quitter sa cellule pour le punir car il aurait tenu des propos "insolents".

Nguyen Vu Binh, ancien journaliste d'une publication officielle du Parti communiste vietnamien, Tap Chi Cong San (Les revues communistes), a été arrêté le 25 septembre 2002. Il est notamment accusé d'avoir publié sur Internet des textes à « caractère réactionnaire », notamment un essai intitulé « Réflexion sur les accords frontaliers sino-vietnamiens », dans lequel il critiquait un traité conclu entre la Chine et le Viêt-nam en 1999. Il a été condamné le 31 décembre 2003 à sept ans de prison et trois ans de résidence surveillée. Sa sentence a été confirmée en appel le 5 mai 2004.

Pham Hong Son, médecin et responsable d'une firme pharmaceutique, est emprisonné depuis le 27 mars 2002 pour avoir traduit et diffusé sur Internet un article intitulé " Qu'est-ce que la démocratie ? ", extrait des pages du site de l'ambassade des Etats-Unis au Viêt-nam. Auparavant, il avait écrit plusieurs articles favorables à la démocratie et aux droits de l'homme, publiés sur des forums de discussion vietnamiens. Il a été condamné, le 18 juin 2003, à une peine de 13 ans de prison pour « espionnage » et à trois ans de placement en résidence surveillée par la cour populaire de Ha Noi. Le 26 août 2003, sa peine a été réduite en appel à cinq ans d'emprisonnement et trois ans de résidence surveillée. Il souffre d'une hernie inguinale. Cette tumeur de la région de l'aine pourrait s'avérer mortelle en l'absence d'une intervention chirurgicale. Or, le cyberdissident ne reçoit aucun traitement et a en outre été transféré, en septembre 2004, dans un centre de détention éloigné de Ha Noi, où
réside sa famille.



Julien Pain
Bureau Internet et libertés / Internet Freedom desk