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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 3 - 15 novembre 2000

 

Le Viet-Nam a obtenu sa première médaille olympique lors des derniers jeux de Sydney. Mlle Trân Hiêu Ngan a obtenu la médaille d’argent pour la compétition de Tae Kwon Do dans la catégorie des 57 kilos. En 1996, Mlle Ngan a  obtenu la médaille d’or aux jeux de l’Asie du Sud-Est et en 1998, la médaille de bronze aux Jeux asiatiques de Bangkok. Jusqu’à l’obtention de la médaille d’argent de Sydney, la meilleure performance vietnamienne est la 13e place de Nguyen Quoc Cuong aux jeux de Séoul en 1988 dans la compétition de tir au pistolet. Il est intéressant de signaler que la communauté vietnamienne à l’étranger a participé elle aussi aux jeux olympiques avec la présence de M. Nguyên Khoa, 37 ans et de Mlle Michelle Dô Lan Anh, 17 ans dans l’équipe de tennis de table des Etats-Unis qui n’ont pas pu franchir le premier tour.

 

Une curieuse affaire de « terrorisme » a été dévoilée le 6 octobre 2000 par l’Agence vietnamienne de l’information (AVI).  M. Nguyên Thai Nguyên, 53 ans, ancien vice-président et trois complices, M. Do Ngoc Chap, 58 ans, ancien chef-adjoint du département général du ministère de la Défense, M. Nguyên Quang Vinh, 45 ans, ancien officier de l’Armée, et Mme Nguyên Thi Thanh Hiên, 56 ans, retraitée, ont été accusés d’avoir « abusé de leurs fonctions pour rédiger des documents à contenu inventé et calomniateur contre Mme Vo Thi Thang, membre du Comité central du Parti communiste vietnamien, députée, directrice du Département général du Tourisme du Viêt-Nam ». Nous remarquons que c’est bien la première fois qu’un règlement de comptes se fait au grand jour. Nguyên Thai Nguyên a été (ou est) un acolyte proche du premier ministre Phan Van Khai.

 

Des médecins français lancent le premier hôpital privé au Viêt-Nam. L’idée est originale et unique dans le monde : 250 médecins français se sont regroupés pour fonder une société nommée Eukaria à capitaux 100% français afin de transformer l’Hôpital international du Viêt-Nam en Hôpital français de Hanoi où ils exerceront un à deux mois par an. Selon le Dr Yves Nicolai, directeur de l’hôpital français, le système de « temps partagé » adopté par les 250 médecins permet la présence en permanence d’au moins  25 spécialistes français. Les patients vietnamiens peuvent  bénéficier d’un traitement identique à celui qu’ils pourraient recevoir à Paris ou en Europe. Avec un investissement de 12,5 millions de dollars pour la création de l’hôpital et 5 millions de dollars supplémentaires pour son agrandissement, l’Hôpital de Hanoi passera de 56 lits à 90 lits dans un an. Le but des médecins français du groupe d’Eukaria est d’offrir un service de grande compétence et de haute technologie médicale à des Vietnamiens de la « classe moyenne », mais le prix d’une consultation correspond au salaire moyen mensuel d’un salarié honnête. Vue de France, cette expérience reste tout à fait originale et valable cependant.

 

Suite aux impressionnantes inondations qui se sont déroulées dans le Sud du pays depuis juillet dernier, l’ONU a lancé un appel à hauteur de 9,5 millions de dollars en faveur des milliers de sinistrés. Rappelons que ces inondations ont tué plus de quatre cents personnes (les deux tiers étant des enfants) à ce jour et provoqué des dommages se montant à plus de 240 millions de dollars, toujours selon l’ONU. Les différentes agences internationales de l’ONU ont dénombré 820.000 familles sans eau potable et plus de 670.000 habitants ont dû être déplacés.

 

19.10.2000 Les manifestations paysannes ont repris, cette fois-ci à Hanoi même devant le siège du PCV. Ainsi, une centaine de paysans sont montés à la capitale pour protester contre la corruption des autorités locales et la politique d’expropriation des terres. Après deux jours de manifestations et une rencontre avec les membres du gouvernement, les paysans ont cessé leur action. Promesse leur a été faite qu’une délégation de l’inspecteur général d’Etat se rendrait sur place afin d’enregistrer les lettres de doléances de la population et proposer des solutions. Depuis 1997, les protestations paysannes ont pris partout de l’ampleur et inquiète considérablement les autorités (Thai Binh, Xuân Lôc…).

 

Les inondations régulières qui frappent le Viêt-nam trouvent leur origine dans la déforestation intensive de ses dernières années selon l’ONU. Près de 100.000 hectares de forêts sont détruits chaque année. Ce désastre écologique qui prend de l’ampleur chaque année est sujet à un laxisme flagrant selon le Nhân Dân, quotidien officiel du Parti. Le manque de responsabilité et la complicité des autorités locales sont désormais largement admis, permettant ainsi aux « bandits du bois » et aux « cadres corrompus » de faire bon ménage.

 

Retour en visite (août 2000)

Par Tôn Thât Long (*)

 Tout se passe bien pour notre groupe à l’aéroport Nôi Bài qui se trouve à 40 km de Ha Nôi, les formalités de contrôle pénibles du passé sont supprimées. Sur la route vers Ha Nôi, on peut observer de nouvelles installations industrielles, bien dispersées au milieu d’une région peu peuplée. Tout change brusquement lorsqu’on atteint la banlieue proche de Ha Nôi où les constructions neuves poussent de façon désordonnée. Dans la capitale, la circulation ne semble pas suivre des règles bien précises. Les touristes que nous sommes sont bien impressionnés. Le pays est en pleine évolution économique !A quelques détails près, on retrouve les mêmes spectacles d’animation dans presque toutes les grandes villes. Au fur et à mesure des visites sur place, on réalise le vrai sens de cette animation. Il s’agit en réalité des activités plus ou moins artificielles qui ne sont pas nécessairement des activités économiques mais reflètent l’état morose d’une société qui aspire à des changements mais qui n’arrive pas encore à sortir de l’état de pauvreté.

Certes, depuis l’époque du « Renouveau », une certaine couche de la population a pu profiter de l’arrivée des entreprises et des investisseurs étrangers. Certes, les cadres du Parti et sympathisants du régime ont toutes les facilités administratives pour entreprendre des activités de toute nature. Mais ces facilités ne sont pas données au reste de la population, surtout à ceux qui ont un passé avec l’ancien régime du Sud. Ces derniers doivent recourir à des intermédiaires douteux. Certes, la vie s’améliore grâce à « l’économie de marché à orientation socialiste » mais l’écart des niveaux de vie se creuse et la grande majorité de la population vit dans la pauvreté extrême. Les animations dans les villes ne sont que des reflets de cette pauvreté : partout, jour et nuit, devant les grands hôtels, les grands magasins, les restaurants et hauts lieux touristiques…on retrouve de jeunes chômeurs, des handicapés…qui cherchent à échanger des marchandises sans grande valeur avec des touristes et à nouer avec eux des conversations sans fin. Même les paysans cherchent à améliorer leurs conditions de vie grâce à l’arrivée de touristes car ils ne peuvent pas survivre avec des petites parcelles de terrain et un outillage primaire. De façon générale, les activités économiques semblent acculées à un net ralentissement. Même au milieu du mois d’août, on voit très peu de touristes dans les grands hôtels et restaurants. Un peu partout dans le pays, des chantiers d’aménagement de toutes tailles sont en état de non achèvement. Des rares ouvriers continuent à faire avancer les travaux, à mains nues.

Par contre, on constate une certaine amélioration de l’hygiène dans les grandes villes (évacuation des eaux usées) de même un aménagement territorial concernant les villes les mieux placées géopolitiquement. Ainsi Da Nang devient une nouvelle entité économique et administrative puissante grâce à son port et à ses ouvertures sur le Laos avec l’aide des fonds occidentaux. D’autres stations balnéaires à Bai Chay, Hon Gai, Ha Long bénéficient aussi du développement touristique. Ha Long est désormais totalement indépendant, son autoroute est en cours de construction.

J’apprends avec surprise au cours de ce voyage, l’existence de 62 provinces (et grandes villes) alors que dans le passé récent il y en avait déjà une quarantaine. Copiant le modèle chinois, chaque province ou grande ville envoie ses délégués (du Parti) aux Congrès nationaux pour former le noyau du pouvoir qui est le comité central. Les provinces et les grandes villes se comportent comme des entités indépendantes entre elles sur le plan administratif comme sur celui de la gestion économique. Seulement, chaque province chinoise a une taille moyenne plus grande que le Viêt-Nam tout entier et elle peut donc, raisonnablement, se comporter comme un véritable « état ». L’émiettement des pouvoirs au Viêt-Nam ne peut amener que des conséquences néfastes. Voir la famine vers la fin des années 80 : les luttes internes entre les « seigneurs » provinciaux empêchent la circulation du riz des provinces productrices du Sud vers les provinces pauvres du Centre et du Nord. Aujourd’hui même, des postes de contrôle entre les deux provinces sont installés pour collecter des impôts sur chaque tronçon de route nationale (environ 30 km en moyenne) contrôlé par chaque province.

 

La multiplication des provinces reflète cet état de luttes internes permanentes du Parti communiste vietnamien. Et on peut constater que là où coulent à flots des ressources économiques, il y aura des luttes entre différentes fractions du pouvoir. Et la division reste toujours la solution facile de ce genre de problèmes. Comment peut-on imaginer dans ces conditions un plan de développement harmonieux ?

 

(*) TTLong a fait des études de mathématiques à Paris, est rentré au Viêt-Nam en 1974. Sympathisant du  FLN, il se découvraitaprès 1975 totalement en désaccord avec le régime communiste. Réfugié en France depuis 1979,Long est actuellement maître de conférences à l’université Paris VI et est membre de la revue Thông Luân. 

 

Les coupeurs de bois

Film de Vuong Duc

 Adapté d’une nouvelle de Nguyên Huy Thiêp, le film de Vuong Duc fera date dans le petit monde de la production cinématographique hanoienne. Sous cette histoire somme toute banale racontant les aventures d’un voleur de chiens contraint à la fuite, parti avec ses deux fils et son neveu Ngoc, à la recherche d’un travail dans la forêt, Vuong Duc nous présente un Viêt-Nam loin des clichés touristiques habituels : nerveux, grossier, brutal mais aussi sentimental et rêveur.

Le film est une somme de violence contenue (chez Ngoc) et extériorisée (chez Buong), reflet de la société vietnamienne d’aujourd’hui. Même si quelques plans sont bien maladroits, le jeu des acteurs (Quoc Tri, Le Vu Long, Vu Dinh Thân, Ngoc Bich…) est « percutant », le réalisateur s’en explique : « J’ai essayé d’être réaliste. C’est ce réalisme qui a donné une certaine force, ou une certaine valeur pédagogique ». De son côté Nguyên Huy Thiêp, qui ne prit connaissance du film qu’à sa sortie ( !), regrettait que le scénario n’ait pas respecté le nombre impair des personnages de sa nouvelle et que l’histoire ait été quelque peu modifiée (mélange avec une autre de ses nouvelles). Nguyên Huy Thiêp considéré à juste titre comme l’un des meilleurs écrivains du Viêt-Nam actuel, s’intéresse à dépeindre l’univers des petites gens flouées, des généraux désabusés, des villageois tyrannisés par une société et tout compte fait par un système où la brutalité est quotidienne. Vuong Duc a su créer pour son film une ambiance  où la cruauté, la brutalité, la grossièreté côtoient l’humanité, ambiance si particulière aux nouvelles de Nguyên Huy Thiêp

Sébastien Joffre