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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 35 - 15 mars 2006

 

Depuis le début 2006, des faits qui méritent notre attention



1 Les mouvements de grève se propagent au Viêt-Nam
Depuis le mois de décembre 2005, des mouvements de grève se développent et se propagent du Sud au Nord Viêt-Nam. D’après la Radio Free Asia (RFA), jusqu’au début mars, on peut compter 30 mouvements de grève avec la participation de 100 000 grévistes.

Les ouvriers et employés des compagnies étrangères protestent contre les conditions dégradantes de leur travail et l’exploitation éhontée de leur labeur.

Il est tout à fait curieux de voir la contradiction entre le discours socialiste des dirigeants qui se prétendent des défenseurs de la classe laborieuse et qui laissent exploiter leur propre peuple par des capitalistes. L’idéologie marxiste et ‘’l’orientation socialiste’’ sont toujours de rigueur afin de permettre aux dirigeants de se cramponner au pouvoir, mais la réalité est tout autre.

2 Le mouvement de plaintes, de protestations contre les injustices.
Des paysans se déplacent jusqu’à Ha Nôi pour déployer pancartes et banderoles. Ils protestent contre la confiscation de leurs biens, terres, maisons par des responsables régionaux corrompus. Actuellement ces paysans sont groupés dans le jardin Mai Xuân Thuong devant le bâtiment Tiêp Dân (accueil du peuple)à Ha-Nôi. Ils sont des centaines à camper sur place.

3 Les critiques du projet de rapport politique du PCV visent le fondement même du régime. 

A la publication du projet de rapport politique du Xe Congrès du Parti, les critiques fusent de partout et leurs auteurs ne se limitent plus aux opposants du régime. M. Phan Thê Hai, journaliste, demande aux dirigeants : le Viêt-Nam est-il un Etat de droits ou un Etat de droits du Parti? et leur propose de ne plus regretter l’article 4 de la Constitution qui octroie au Parti le droit de diriger seul le pays. Un jeune étudiant vietnamien Nguyên Tiên Trung, boursier en France, après avoir annoncé toutes les raisons qui retardent le pays conclut : « le régime du parti unique est à l’origine de tous ces maux ».
Nous pouvons nous poser la question : pourquoi la jeune génération ne garde plus le silence, comme leurs aînés, il y a cinq ans ? Cela est-il dû à une meilleure communication par le débordement de l’Internet ? Quand on exprime sa pensée, ne se sent-on pas moins isolé ?


4. Prix du courage pour Dô Nam Hai.


Pour la première fois, une bonne communication entre les Vietnamiens du Viêt-Nam et ceux résidant à l’étranger a permis la réalisation du « prix du courage » récompensant M. Do Nam Hai. M. Do Nam Hai propose un référendum pour que le peuple décide s’il désire oui ou non un régime multipartiste pour le pays. En trois semaines, 2155 personnes de l’intérieur et de l’extérieur du Viêt-Nam ont adhéré à ce « prix du courage ».


5. Premier manifeste demandant la liberté d’expression.


Le 23 février, une « déclaration demandant la liberté d’information et d’expression » a été signée par de nombreuses personnalités religi-euses, des intellectuels et des inconnus. C’est la première fois qu’une telle action est menée ouvertement dans le Viêt-Nam totalitaire.


6. La résolution 1481 de l’Union européenne condamnant les crimes du communisme.


Le 25 janvier 2006, la résolution condamnant les crimes du communisme a été votée par l’Union européenne. Ce fait est important pour le Viêt-Nam qui reste un des derniers bastions du communisme. Beaucoup de jeunes Vietnamiens ignorent les crimes que le communisme a perpétrés dans leur pays. La vérité de l’histoire permet à ceux qui sont sous l’influence de la propagande communiste d’avoir une vision plus juste du passé.


7. Inauguration d’une plaque à la mémoire des réfugiés vietnamiens à Genève.


Alors que les plaques commé-moratives des boat people en Malaisie et Indonésie ont été démolies sous la pression du gouvernement de Ha Nôi, la ville de Genève a inauguré le 9 février une plaque à la mémoire des refugiés vietnamiens. La ville de Genève est liée à l’histoire du Viêt-Nam par la Conférence de Genève de 1954. Suite à la résolution 1841 de l’Union européenne de janvier dénonçant les crimes du communisme, ce geste de la ville de Genève prend tout son sens et réchauffe le coeur de bien de Vietnamiens, de Suisse et d’ailleurs. 

NND



Utopie francophone


Le Viêt-Nam est il francophone ? Il suffit de demander son chemin dans les rues de Ha-Nôi pour prendre la mesure de ce que le rêve colonial n'a pas pris corps. Aujourd'hui, la langue française est une langue qui lutte au Viêt-Nam pour s'inventer un avenir.

La carte postale en noir et blanc sur laquelle on imagine le grand père à barbiche évoquer Balzac et Verlaine avec des yeux malicieux n'a jamais relevé que de l'exception.

A l'époque de la colonisation, le français n'était déjà répandu que dans les milieux intellectuels et bourgeois, auprès de l'élite mandarinale et administrative. En 1942, moins de 70.000 élèves avaient accès à l'enseignement en français.

Les décennies de guerre n'ont rien arrangé. Aujourd'hui, quelques retraités cultivent leur savoir. Mais ils ne feront pas la francophonie de demain. "Les jeunes prennent le relais", veut croire Tran Son Mach, rédacteur en chef du Courrier du Vietnam. Le seul quotidien francophone du pays tire à 4.000 exemplaires, un chiffre stable.

"Compte tenu du recul du français, ce n'est pas un mauvais résultat", note t il en se réjouissant que le site internet du journal enregistre 20.000 connections par semaine.

Quand Ha-Nôi a accueilli le sommet de la Francophonie en 1997, Paris ambitionnait de former 5% d'une classe d'âge de francophones. Un but démesuré. Depuis, la stratégie a été repensée. La langue française est certes devenue un instrument politique de lutte contre le rouleau compresseur anglo saxon, mais elle se construit non plus en opposition mais en complément de l'anglais.

L'Organisation internationale de la francophonie (OIF) estime à au maximum 500.000 le nombre de francophones dans ce pays de plus de 82 millions d'habitants. Soit 0,6% de la population.

Ninh Quynh Tram, 29 ans, se souvient avoir été placée d'office, en seconde, dans une classe où on enseignait le français. "L'anglais était à la mode. C'était un cauchemar", avoue t elle. Aujourd'hui, cette employée d'un cabinet d'architecte français est quasiment bilingue mais elle perfectionne son anglais. "Aujourd'hui, c'est assez facile de trouver un emploi si on maîtrise bien le français, mais on ne sait pas ce qui se passera dans dix ans".

Des enjeux désormais connus des acteurs de la francophonie. "Il y a un désir de francophonie au Viêt-Nam", assure Stéphan Plumat, directeur régional de l'OIF. "Mais ce désir est fragile et ne sera consolidé que s'il reçoit une réponse adéquate de la part des partenaires francophones. Le français doit être une langue utile".

Le responsable appelle de ses voeux une politique cohérente d'accueil des étudiants face à ce qu'il appelle la "concurrence sauvage de l'Australie, qui propose une offre d'études de qualité, pas chères et pas loin".

Plus de 17.000 étudiants vietnamiens fréquentent aujourd'hui 650 classes bilingues et environ 34.000 Vietnamiens apprennent le français comme deuxième langue vivante. En juin 2005, 3.800 étudiants vietnamiens étaient inscrits dans les universités françaises, selon l'ambassade de France à Ha-Nôi. Le Viêt-Nam est le deuxième pays asiatique pour l'envoi d'étudiants en France, après les 66.000 Chinois.

Au ministère vietnamien de l'Education, on admet que les efforts de la francophonie sont plus importants que beaucoup d'autres langues.
"La communauté francophone, dont la France, le Canada et la Belgique, soutiennent le développement (du français) et lui accordent des assistances pédagogiques, matérielles et financières concrètes", se réjouit Nguyen Thanh Huyen, en charge de la Francophonie au ministère.

Reste à améliorer les débouchés.
Beaucoup de "jeunes apprennent le français mais ne savent pas quoi faire à la fin de leurs études".
(Didier Lauras AFP 19 mars 2006)


« Chat » sur la démocratie interdit


La police vietnamienne est intervenue dans un café internet de Hanoï pour arrêter un internaute qui prenait part à une discussion en ligne sur la démocratie, a indiqué l'organisation Reporters sans frontières (RSF).

Cette arrestation, intervenue le 11 mars, est la quatrième dans le pays communiste depuis octobre, d'individus évoquant des réformes politiques radicales sur le site Paltalk.com.

RSF diffuse ce qu'elle décrit comme un enregistrement de l'opération policière.
L'internaute, qui se faisait appeler "Liberté pour le pays", avait rejoint le forum "Démocratie au Viêt-Nam, la seule voie" depuis une demie heure avec deux autres personnes et indiqué qu'il faisait partie d'un groupe de travail pro démocratique. Alors qu'ils discutaient (...) la police est entrée dans le cybercafé et l'ont arrêté," a indiqué RSF. "Sur l'enregistrement, on entend quelqu'un lui demandant de venir avec lui puis une autre voix disant +frappe le+".

L'identité de l'internaute est restée inconnue et RSF ignore s'il est toujours détenu. "Cet épisode illustre les risques que courent les démocrates vietnamiens pour se faire entendre", relève le groupe basé à Paris qui note aussi la bataille que se livrent la police et les jeunes qui maîtrisent l'Internet.

Trois autres internautes, Truong Quoc Tuan, Truong Quoc Huy et Lisa Pham, qui discutaient sur le même site avaient été arrêtés en octobre dernier à Ho Chi Minh Ville et leurs familles sont depuis sans nouvelle d'eux.