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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 5 - 15 mars 2001

 

Un nouveau cardinal pour l'Eglise catholique vietnamienne


Mgr Nguyên Van Thuân est deuxième sur la liste des 44 nouveaux cardinaux créés par le pape Jean-Paul II en ce début de 2001. 

Le 21 février dernier, plus d'un millier de Vietnamiens venus des quatre coins du monde ont exprimé sur la place Saint-Pierre à Rome leur enthousiasme à Mgr Nguyên Van Thuân, président du Conseil pontifical "Justice et Paix" et nouveau cardinal. Remarquons que cinq évêques vietnamiens ont été autorisés à venir jusqu'à Rome. Sauf Mgr Nguyên Van Nho, évêque coadjuteur de Nha Trang qui n'a pas été autorisé à participer au rassemblement. Le 24 février, lors d'une concélébration dans la basilique Santa Maria in Trastevere, Mgr Pham Minh Mân, archevêque du diocèse de Hô Chi Minh-Ville s'est adressé de façon émouvante au nouveau cardinal, en le saluant par "Tu es honor et Laetitia in Israel" - Mgr Mân mettait l'accent sur le fait que pour lui Israel ici signifiait le peuple vietnamien tout entier sans aucune distinction de religion - puis en rappelant les événements tragiques qui ont marqué l'épiscopat de Mgr Nguyên Van Thuân à Ho Chi Minh-Ville, des épreuves, a-t-il dit, qui ont permis à celui-ci de donner "à tout l'épiscopat vietnamien un témoignage de foi, d'espérance et de charité"; Mgr Mân a aussi comparé les souffrances de Mgr Thuân à celles de Saint Pierre avant la fondation de Rome. L'allocution de Mgr Mân fut fréquemment applaudie.

Rappelons qu'en avril 1975, Mgr Nguyên Van Thuân fut nommé archevêque coadjuteur de Ho Chi Minh-Ville. Les autorités communistes voyaient en cette personnalité l'homme de tous les dangers. Mgr Thuân a dû ainsi goûter aux geôles et camps de rééducation de la République socialiste du Viêt-Nam. Lors d'un voyage à Rome, à la sortie des camps, Mgr Thuân n'était plus autorisé à revenir dans son pays. Son exil forcé prit une autre tournure lorsqu'il fut nommé adjoint puis président du Conseil pontifical "Justice et Paix".

Devant cette nomination, le régime de Ha Nôi se fit très discret. Le 21 février, la porte-parole des Affaires étrangères Phan Thuy Thanh n'a pas pu répondre lorsqu'on l'a questionnée sur un éventuel retour du cardinal Thuân dans son pays, Puis, dernièrement, Mme Thanh a affirmé que Mgr Thuân pouvait rentrer au pays comme tout "Viêt-kiêu" (Vietnamien vivant à l'étranger). Il devrait acquitter les mêmes formalités que n'importe quel "Viêt Kiêu". Décision à vérifier dans la pratique.

Le 15 août 1975, fête de l'Assomption, j'ai été Invité à me rendre au " Palais de l'Indépendance". Là j'ai été arrêté. Il était 14heures. Au même moment, tous les prêtres, religieux et religieuses étaient convoqués au Théâtre de l'Opéra, dans le but d'éviter toute réaction de la part du peuple. C'est ainsi que commence pour moi une nouvelle et très particulière étape de ma longue aventure.


Je suis parti de chez moi revêtu de ma soutane, et un chapelet en poche. Durant le voyage qui me mène à la prison, je me rends compte que je suis en train de tout perdre. Il ne me reste plus qu'à me confier à la Providence de Dieu. Tout en étant plongé dans une grande anxiété, je ressens une grande joie: "Aujourd'hui, c'est la fête de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie au ciel. "


Dès cet instant, il est interdit de m'appeler " monseigneur, père… " Je suis monsieur Van Thuân. Je ne peux plus porter aucun signe de ma dignité. Sans préavis, il n'est demandé de part de Dieu, un retour à l'essentiel ..
(…)
Le fondement


Durant ma longue tribulation de neuf années d'isolement, dans une cellule sans fenêtre, parfois soumis à la lumière électrique pendant des jours, d'autres fois plongé dans l'obscurité, je suffoquais à cause de la chaleur et de l'humidité, à la limite de la folie. J'étais encore un jeune évêque, avec derrière moi huit ans d'expérience pastorale. je ne réussissais pas à dormir, j'étais tourmenté à l'idée de devoir abandonner le diocèse, de laisser s'en aller à la ruine tant d'oeuvres que J'y avais engagées pour Dieu. J'expérimentais comme une révolte de tout mon être.


Une nuit, une voix m'a dit, au profond de mon coeur: "Pourquoi te tourmenter ainsi? Tu dois faire la différence entre Dieu et les oeuvres de Dieu. Tout ce que tu as accompli et que tu désires continuer à faire: les visites pastorales, la formation des 
séminaristes, des religieux, des religieuses, des laïcs, des jeunes les constructions d'écoles, de foyers pour étudiants, les missions pour 1 évangélisation des non chrétiens... tout cela est excellent, ce sont les oeuvres de Dieu, mais ce n'est pas Dieu! Si Dieu veut que tu abandonnes tout cela, fais-le tout de suite et aie confiance en lui. Dieu fera les choses infiniment mieux que toi, il confiera ses oeuvres à d'autres qui sont bien plus capables que toi. Tu as choisi Dieu seul, non pas ses oeuvres! "


Cela a totalement changé ma manière de penser et m'a aidé à dépasser des moments physiquement à la limite du possible. Dès cet instant une force nouvelle a rempli mon coeur et l'a accompagné pendant treize ans. je ressentais ma faiblesse humaine , je renouvelais ce choix face aux situations difficiles et la paix ne m'a jamais manqué. 


Choisir Dieu et non pas les oeuvres de Dieu. Voilà le fondement de la vie chrétienne, à chaque époque. Et c'est en même temps la réponse la plus vraie que l'on puisse donner au monde d'aujourd'hui. C'est le chemin par lequel se réalisent les desseins du Père sur nous, sur l'Église, sur l'humanité de notre temps.
(…)
Je comprends chaque jour plus clairement les paroles de la sainte Écriture: "C'est que les cieux sont hauts, par rapport à la terre: ainsi mes chemns sont hauts, par rapport à vos chemins, et mes pensées, par rapport à vos pensées " (Is 5 5,9).


Je comprends que ma vie est à chaque instant une succession de choix entre Dieu et les oeuvres de Dieu. Un choix toujours nouveau, qui devient conversion..


Nguyên Van Thuân


Témoins de l'Espérance , Editions de la Nouvelle Cité, Paris 2000, Extraits du chapitre II, pp. 26 et 27, et du chapitre V, pp. 62, 63 et 64

 

   

Église bouddhique unifiée du Viet Nam
Appel pour la démocratie au Viet Nam

L'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam a lancé un appel pour la démocratie, voici les huits points proposés par l'EBUV pour parvenir à la démocratie (texte complet sur notre site internet) : 

1. Construire une société tolérante, pacifique, pluraliste et égalitaire, une société s'abstenant de recourir à la guerre tant externe qu'interne, gouvernée par des institutions démocratiques dans un système multi-parti ;

2. Démanteler tous les mécanismes de contrôle discriminatoires et anti-démocratiques, notamment le triptyque constitué par le ly lich (curiculum vitae), le ho khau (permis de résidence obligatoire), et le réseau des cong an khu vuc (policiers de secteur). Organiser des élections libres et équitables sous la supervision des Nations Unies pour l'élection d'une Assemblée Nationale réellement représentative du peuple ; garantir le suffrage universel et le droit de se présenter aux élections pour tous les candidats et toutes les formations en dehors du PCV. Séparer les organes des pouvoirs de l'exécutif, du législatif et du judiciaire et construire une société fondée sur l'Etat de droit et sur les principes consacrés par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et par le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques ;

3. Fermer définitivement tous les camps de rééducation. Relâcher tous les prisonniers politiques et de conscience détenus dans le nord du Vietnam après les accords de Genève de 1954 et dans le sud du Vietnam depuis 1975, et encourager tous les anciens prisonniers qui ont une formation et une expertise de participer au processus de reconstruction du pays. En même temps, encourager tous les professionnels, intellectuels, érudits, entrepreneurs, individus et organisations de la communauté vietnamienne en exil, qui ont quitté le pays comme boat-people après 1975, de revenir et de mettre à contribution les techniques et les expériences acquises dans les pays développés pour la reconstruction de leur patrie. Abroger toute la législation arbitraire et les restrictions à la liberté religieuse, et interdire la pratique de la "détention administrative" ; 

4. Garantir le droit à la propriété privée, à la libre entreprise et le droit d'établir des syndicats libres. Accélérer les politiques d' industrialisation de l'agriculture et de modernisation de l'économie rurale et améliorer le niveau de vie des paysans et des fermiers, qui forment le potentiel de notre nation. Abandonner l'économie de marché à orientation socialiste car cette économie est surannée et impuissante à apporter des solutions aux problèmes de l'humanité après 74 années d'expérience dans l'Union Soviétique, un Etat ennemi du peuple qui, à force de provoquer l'hostilité de sa population, a disparu au début des années 1990. Développer le secteur du marché libre en accord avec les normes sociétales vietnamiennes, stimuler le développement d'une économie fondée sur la connaissance (knowledge-led economy) et la protection de l'environnement. Embrasser les tendances vers la globalisation comme un moyen pour mettre en ouvre un développement durable et promouvoir une paix et une sécurité globale, mais lutter contre les sérieux dangers posés par le processus actuel de globalisation économique qui promeut le libre-échange sans respect pour les droits de l'Homme et du travailleur. Concentrer tous les efforts pour réduire le fossé grandissant entre les riches et les pauvres, qui aliène notre peuple et déchire la société vietnamienne ;

5. Protéger notre souveraineté territoriale. Séparer clairement le politique du militaire; l'armée, la sécurité et les services secrets ne devraient pas être employés comme l'instrument politique d'un parti politique. Réduire la taille des forces armées au niveau d'une force de temps de paix. Réduire le budget militaire et transférer les fonds récupérés vers l'éducation et la santé. Donner la priorité à l'éducation ; former d'urgence les personnes de talent et les experts capables de restaurer la prospérité de la nation ; préparer une jeune génération de transition [vers la démocratie] - des jeunes qui pourraient trouver une voie médiane entre, d'une part, les aspirations de la vieille génération révolutionnaire, partisane de la guerre et de l'anachronique concept de lutte des classes qui divise et paralyse le peuple, et, d'autre part, la soif de consommation, le culte de l'argent et les exigences de la subsistance quotidienne. L'accès à la santé doit être amélioré. La priorité doit être donnée à la résolution des graves problèmes de la malnutrition infantile et à l'amélioration des infrastructures de santé dans les régions rurales ;

6. Abolir toutes les formes dégradantes de cultures et d'idéologies importées qui pervertissent les valeurs spirituelles et morales vietnamiennes. Promouvoir le développement de la culture vietnamienne traditionnelle, fondée sur un esprit d'ouverture, de créativité et la capacité d'absorber la richesse et la diversité des cultures du monde entier. Soutenir les valeurs morales fondamentales de l'Humanisme, de la Sagesse et du Courage exhortées par nos ancêtres. Garantir la justice sociale, l'égalité et la pleine participation des femmes, la non-discrimination entre les religions ; respecter l'autonomie et les spécificités des minorités ethniques ; protéger les intérêts des étrangers vivant et investissant au Vietnam en conformité avec la loi et sur la base de la réciprocité ; garantir le droit et la dignité des Vietnamiens vivant à l'étranger ;

7. Respecter la souveraineté territoriale des nations voisines. Promouvoir une politique d'amitié, de dialogue et de coopération sur une base d'égalité avec les pays voisins dans les domaines économique, culturel, religieux et social. Consolider les efforts de promotion de la paix, de la sécurité et de la prospérité dans la région Asie-Pacifique. Se joindre aux pays voisins dans un effort commun d'encourager les valeurs de l'humanisme asiatique.En maintenant l'humanité au centre de la société, nous pouvons prévenir le marché libre de devenir un marché d'esclaves où les être humains seraient réduits à de simples denrées commerciales ;

8. Dans la politique étrangère, soutenir la tradition vietnamienne des relations amicales et pacifiques, et mettre en ouvre la diplomatie du "tam cong" ("gagner les cours") dans les relations avec les pays du monde. Promouvoir le dialogue, la coopération et l'aide mutuelle en vue de bénéfices réciproques, sans sacrifier l'identité ni la souveraineté nationale. Appliquer cette politique comme base pour accélérer la croissance économique et étendre l'industrialisation parallèlement au progrès social, afin de rattraper et de pouvoir suivre les nations démocratiques civilisées, progressistes et prospères à l'aube du XXIème siècle. Afin de créer les conditions favorables de mettre en pratique les trois observations, les trois remèdes et le programme politique en huit point pour sauver notre nation, L'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam en appelle aux intellectuels et aux citoyens vietnamiens concernés de tous les horizons, sans considération de leurs opinions politiques ou de leurs croyances religieuses, au premier chef tous les dignitaires bouddhistes, bonzes, nonnes et laïcs à tous les échelons de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam à l'intérieur du pays comme à l'extérieur, de s'unir avec nous dans un dialogue commun pour transformer notre vision en réalité. Ainsi, nous aiderons à sortir le Vietnam de sa longue et sombre nuit et à conduire vers une nouvelle et brillante aube notre pays à forme de S, en ce début du nouveau millénaire. L'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam en appelle également à tous les peuples du monde qui chérissent la justice et la démocratie, à tous les gouvernements, institutions internationales, organisations des droits de l'Homme, mouvements démocratiques et syndicats concernés de soutenir ce programme pour la démocratie et l'aider à se réaliser rapidement au Vietnam. 

Au nom des Instituts bicaméraux [Institut du Sangha et Institut pour la Propagation du Dharma] de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam, Ere bouddhique 2544

 

Centre Zen Thanh Minh
Saigon, le 21 février 2001
(Signature et Sceau)
Sramana THICH QUANG DO


communiqué du Bureau International
d'Information Bouddhiste
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