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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 6 - 15 mai 2001

 

DE L'OR À VENDRE


Nguyên Duy 



Mon âme est un lingot d'or pur
Qu'il faudra bien revendre par menus morceaux
Celui-ci pour mon fils celui-là pour ma femme
Et pour mes amis et pour mes parents
A quoi bon conserver tout ce trésor
Alors que mon fils crie famine
Rouler sur l'or en laissant ma femme dans la débine
Et mes proches ballottés au gré des aléas
Et des rigueurs du temps
Tout à mes rêves, chimères et frivoles pensées
Je n'ai cure du vieux toit qui fuit
Et tant pis pour les haillons souillés du petit
Tant pis pour les mains pâles de sa mère
Je cours après le vaste océan et l'immensité du ciel
Etranger que je suis à toutes choses quotidiennes
La marmite est vide et je ne m'en soucie guère
Ni de la lancinante tristesse
Nichée au fond des yeux de l'épouse
Où trouver le remède si l'enfant tombe malade
Et que faire lorsque la femme est collée au lit
Soudain l'infortune réveille mon esprit
Tandis que la bise du large me donne la chair de poule
Autour de moi sournoisement le mal rôde
C'est à l'improviste que survient le malheur
Comment ce mince feuillet peut-il m'en protéger
Combien de vies un vers peut racheter
Le salaire du mois, quel délétère fumet
Ma plume ne rapporte que maigre pitance
Tel le souffle du vent dans une maison vide
Des calculs minables hantent notre sommeil conjugal
Quoi de plus terrifiant que de faire un enfant
Rien que l'idée fait pâlir ma femme
Ah la dèche, qu'elle est froide et cruelle
Grand est le bonheur mais il me reste hors d'atteinte
Manger et se vêtir... quelle pitié
Il faudra donc me résigner
A vendre un peu de cet or
Pour faire face à la misère des longs jours
Survivre malgré tout à ces temps trop cruels
Pour qu'un jour enfin ce lingot
Ne s'échange plus qu'avec les nuages du ciel ...


Traduction : Lê Ðúc 


Poète formé dans le Nord pendant la guerre, Nguyen Duy vit aujourd'hui dans le Sud. 

Ce poème date d'il y a quelques années. [Ndt, mai 2001]

 


Disparition brutale des universités nationales


Tôn Thât Long   


En 1993 et 1995, le gouvernement vietnamien se lançait dans des réformes de grande envergure concernant l'enseignement supérieur. Ont été créées deux universités nationales (Dai hoc quoc gia), celles de Ha Nôi et de Ho Chi Minh Ville (*) et trois universités de région (Dai hoc khu vuc), de Huê, Da Nang, et Thai Nguyên..

Les réformes essentielles, dans les universités nationales ainsi créées, consistent à diviser la formation universitaire en deux périodes indépendantes. La première, appelée "période de formation générale" (giai doan dai cuong) et qui dure un an et demi, est le tronc commun obligatoire pour tous les étudiants et est confiée à un établissement spécial créé pour la circonstance sous le nom d'université générale (Dai hoc dai cuong). Ce n'est qu'après cette période que les formations professionnelles vont commencer dans différentes "facultés" composant l'université nationale (pour une durée allant de deux ans et demi jusqu'à quatre ans et demi, suivant les spécialités). Les étudiants ne sont admis à chacune de ces périodes que par concours séparés.

Ces réformes ont engendré en permanence des examens d'entrée et de sortie des écoles, le contenu de la période de formation générale est vide, la formation professionnelle de la deuxième période est insuffisante. Dès le début, toutes ces réformes ont rencontré des oppositions de tous côtés, des étudiants, des enseignants, des parents. Mais l'opposition la plus virulente vient des anciens organes administratifs qui voient leurs pouvoirs bien grignotés par une nouvelle administration.

Et voilà que le 20/02/2001, l'organe du Parti, le quotidien NHAN DAN, publie un décret gouvernemental sur les universités nationales du Viêt-Nam. Ce décret est composé de 9 articles dont les sept premiers donnent vaguement la définition et le mode de fonctionnement d'une université nationale pour l'instant inexistante. Citons : "Un centre de formation universitaire, de recherche et d'application scientifique pluri-disciplinaire de haute qualité...". L'article 9 désigne les organismes gouvernementaux responsables de l'application dudit décret.

L'article 8 donne la signification du décret :"Ce décret est effectif 15 jours après sa signature. Il est à supprimer le décret n° 97/CP du 10/12/1993 du gouvernement sur la création de l'Université nationale de Ha Nôi et le décret 16/CP du 27/01/1995 concernant la création de l'Université de Ho Chi Minh Ville. Il est à supprimer les conventions antérieures qui sont contraires au présent décret"?

Prenons acte, il n'existe plus au Viêt-Nam de centre universitaire qui a le titre d'université nationale. On retourne à la case départ. Le fameux décret ne fait aucune allusion à un éventuel projet de création d'université nationale dans un proche avenir. Le moins qu'on puisse en dire, c'est que l'enseignement au Viêt-Nam prend souvent des virages bien surprenants. 

TTL.


(*) L'Université nationale de Ha Nôi est un assemblage de trois établissements : Sciences fondamentales, Pédagogie et Pédagogie de langues étrangères, celle de Ho Chi Minh Ville, de neuf universités ou écoles : Sciences fondamentales, Pédagogie, Pédagogie technique de Thu Duc, Polytechnique, Agriculture et forêt, Finances et Comptabilité, Architecture, Droit.

Message du Vénérable Thich Huyên Quang, président de l'Eglise Bouddhique unifiée du Viêt-Nam, au Vésak 2545

A l'occasion du Vésak 2545, je vous adresse, chers Vénérables, religieux et religieuses, chers Bouddhistes laïcs à l'intérieur et l'extérieur du pays, mes voeux les plus chaleureux de Sérénité dans la Compassion et la Sagesse.
Le Vésak est le temps de la mémoire, celui où se souvenir du Bouddha c'est se donner encore davantage aux autres, se consacrer à la libération de tous les êtres. 
...................................................
Se souvenir du Bouddha c'est se montrer digne de sa lignée. Enfants de Bouddha, nous devons nous élever au-dessus de notre époque pour répandre la paix et le bonheur sur tous les êtres. La société peut tomber dans l'anarchie, les enfants de Bouddha ne sombrent pas ; le pays peut chavirer dans le chaos, les enfants de Bouddha ne trébuchent pas. L'humanité peut être malade ou déréglée, les enfants de Bouddha conservent santé et solidité morales.
Se souvenir du Bouddha c'est atteindre les trois étapes du progrès spirituel : s'éveiller soi-même, éveiller les autres et réaliser le parfait accomplissement de l'Eveil. S'éveiller sans éveiller les autres, c'est tourner le dos aux souffrances qui nous interpellent. Eveiller les autres sans s'éveiller soi- même, c'est agir à la légère. Réaliser le parfait éveil, c'est établir la Voie de Bouddha dans ce monde de malheur.

Se souvenir du Bouddha c'est appliquer la Sublime Compassion des Boddhisattva comme moyen habile de salut, c'est pratiquer l'Equité pour transformer en Sagesse le mal ambiant.
Il y a quelques dizaines d'années, dans le droit fil de cette tradition, les Bouddhistes vietnamiens se sont immolés sur l'autel de la Paix tant désirée par un peuple victime pitoyable et impuissant de rivalités internationales qui le dépassent. Depuis, la guerre s'est arrêtée, mais les conflits idéologiques ont perduré entraînant la misère du peuple, la paralysie de l'Etat et le déclin de la morale et de la spiritualité.

Aujourd'hui nos compatriotes aspirent ardemment à la Démocratie. L'organisation de la communauté des moines selon les six règles d'harmonie établies par le Bouddha il y a quelque trois mille ans préfigurait déjà le modèle social démocratique. Les six règles d'harmonie visent à respecter, protéger et rehausser mutuellement le droit de vivre de chacun. J'en appelle à tous les Bouddhistes pour qu'ils insufflent l'esprit démocratique à nos institutions confisquées depuis des dizaines d'années par un pouvoir politique inspiré par une idéologie étrangère et dédaigneux du peuple. L'appel à la Démocratie au Viêt-Nam lancé récemment par la Congrégation Bouddhique Unifiée du Viêt-Nam est l'expression de la force tranquille et compatissante que les bouddhistes vietnamiens, religieux et laïcs, au pays et en exil, s'engagent avec courage et fougue à allier aux autres forces vives du pays sans distinction d'opinion ou de religion pour instaurer enfin la Démocratie.

J'invite les membres des religions amies, les personnalités, les intellectuels et autres composantes de la société, au pays et à l'étranger, à se joindre à nous pour apporter la Démocratie, la Liberté et le Respect de Droits de l'homme à notre peuple opprimé. Je lance un appel au reste de l'Humanité pour qu'il soutienne fermement notre entreprise de reconquête de la démocratie et de reconstruction du Viêt-Nam.
Dans cet esprit, je demande aux membres de la Congrégation Bouddhiste et à tous les Bouddhistes du pays et de l'étranger de se tourner vers l'autel du Bouddha, les mains jointes, et de réciter trois fois Nam Mô Çakyamuni Bouddha pour honorer la mémoire du Bouddha en ce jour anniversaire de sa naissance et de son illumination.
Que le Bouddha nous aide et nous protège tous.

Thích Huyên Quang

Quang Ngãi, le jour du Vésak de

l'Année  du Serpent -2001- soit 

An 2545 du  Calendrier Bouddhique