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Archives - culture/société

VIET NAM infos numéro 7 - 15 juillet 2001

 

A laisser avant de s'en aller pour l'autre monde

Le prix à payer pour expérimenter une théorie sur la chair même du peuple vietnamien est trop grand ! 

Dans le passé, pour battre l'étranger, on m'apprenait à appuyer sur la gâchette avant que je sache tenir un fusil. Aujourd'hui, devant le spectacle de la dégradation humaine, je dois malgré moi tâter le stylo. Les cals dus au fusil ne sont pas encore partis, alors les lettres, pour le vieux soldat que je suis, sont un bien grand luxe. 

Alors, les trente ans de fer et de sang et les vingt- cinq ans de paix ne peuvent-ils offrir que cette vie incohérente, misérable et arriérée ?


Vu Cao Quân


(réflexions d'un vieux soldat voyant d'autres soldats, beaucoup plus jeunes, cherchant un emploi au Marché du travail de Ha Nôi, extrait de A laisser avant de s'en aller dans l'autre monde, essai, septembre 2000)

 

Répressions religieuses

Le Vénérable Thich Quang Dô n'a pas pu aller à Quang Ngai pour accompagner le Très Vénérable Thich Huyên Quang, président de l'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam, 73 ans, jusqu'à Ho Chi Minh-Ville comme il le souhaitait. Des membres de la Sûreté en civil contrôlent ses moindres mouvements à l'intérieur même de sa pagode Thanh Minh. Le député européen Olivier Dupuis était entré à l'intérieur de la pagode, le 6 juin, sans pouvoir le rencontrer (lire page 3). Une délégation bouddhiste de Huê tentait d'aller à Quang Ngai le 7 juin, mais elle fut arrêtée au le Col des Nuages (entre Hue et Da Nang). 


Le père Nguyên Van Ly est toujours en prison. Des membres de sa famille subissent un harcèlement moral et physique sans précédent. Les pères Nguyên Huu Giai et Phan Van Loi sont en résidence surveillée.

Les religieux bouddhistes sont complètement isolés, chacun dans sa pagode.
Le Vénérable Thich Không Tanh est condamné, comme le vénérable Quang Dô à rester dans sa pagode Liên Tri (Ho Chi Minh-Ville) qui est surveillée jour et nuit. 

Le secrétaire de l'Institut de Propagation de la Foi, vénérable Thich Quang Huê, est interdit de contact avec les autres responsables bouddhistes. Les liaisons téléphoniques (donc les connexions internet) de l'Institut sont coupées.

On nous signale que le Très vénérable Thich Huyên Quang risque d'être encore plus isolé. Les autorités communistes envisageraient de le déplacer jusqu'à une pagode d'accès très difficile à Binh Dinh.

Le Vénérable Thai Hoà, une figure bien connue de la lutte pour la liberté religieuse à Huê, est "invité" à quitter sa pagode Tu Hiêu pour s'installer dans une petite pagode près de la célèbre pagode Linh Mu. La pagode Tu Hiêu est devenue, avec des interdictions de toutes sortes, un symbole pour les Bouddhistes de l'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam de la région de Huê.


Marché de jeunes filles à Ho Chi Minh-Ville


D'après le journal Lao Dông (Travail) du 5-6-01, le marché de jeunes filles fonctionne "24h/24" dans le jardin de la résidence Lanh Binh Thang. Ce marché réunit des centaines de jeunes filles venant des campagnes entourant la capitale économique ou des provinces du Sud : Long An, Dông Thap, Dông Nai Soc Trang, Cà Mau. Les principaux clients sont des hommes de Taiwan qui viennent choisir sur place une femme jeune et à bas prix. Pour les six premiers mois de l'année, suivant le même reportage, il y aurait eu un millier de mariages avec des Taiwanais. La vente de jeunes filles ne s'arrête pas à ce genre de "mariages officiels", d'après un rapport de l'UNICEF, le commerce du sexe est florissant aux pays du Mékong, Thaïlande, Cambodge, Laos, Viêt-Nam et le Sud de la Chine. D'après un rapport officiel signalé par la publication Nông thôn ngay nay (la campagne aujourd'hui), 10 400 jeunes filles ont été vendues aux Chinois du continent dont 70% sont des mineures. 1829 jeunes femmes ont fui la Chine pour revenir au pays natal en emmenant avec elles 200 enfants de pères chinois. On cite le cas d'une jeune fille qui a dû servir de femme à tous les membres mâles d'une famille et un autre où un homme épouse successivement quatre jeunes filles pour les céder, une à une, après chaque divorce, aux autres membres de sa famille.

Création du premier centre pour malades du sida en phase terminale. L'ordre catholique des "Soeurs de charité" qui compte actuellement quelques centaines de membres à Ho Chi Minh- Ville, a créé un centre pour s'occuper des malades du sida en phase terminale. Le centre, construit sur 12 000 m2, et réservé à ceux qui n'ont pas d'appui familial, emploie 4 soeurs et une vingtaine de "médecins volontaires". Le chiffre estimé de personnes touchées par le virus HIV est de 150 000 (30 000, chiffre officiel). 5 245 personnes ont déjà développé la maladie et 2 759 autres en sont mortes au Viêt-Nam.

La population vietnamienne augmente de un million par an pour atteindre 80 millions actuellement. Malgré des efforts pour contrôler les naissances, la population vietnamienne augmente au rythme de 2,3% par an. L'objectif immédiat des autorités est de limiter cette augmentation à 1,1 % l'an, à partir de 2010, et de ramener à 25 % le pourcentage d'enfants sous-alimentés à cette date. Pour l'instant, la malnutrition des enfants de moins de 5 ans atteint 33%, l'un des chiffres les plus élevés des pays de l'Asie. Ce chiffre s'élève à 45,4 % pour les minorités ethniques. 



Deux Vietnamiens lauréats du Prix des droits de l'Homme Hellman/Hammett


MM. Bui Ngoc Tân, écrivain, et Pham Quê Duong, historien, ont reçu le Prix des droits de l'Homme Hellman/Hammett. Chaque année, l'organisation Human Right Watch décerne ce prix aux écrivains reconnus pour leur courage face à la répression politique de leurs gouvernements. Le montant total des prix s'élève à 175.000 dollars.
Bui Ngoc Tân a écrit Histoires racontées en l'an 2000 pour décrire la destruction de la personne humaine par la politique des camps de concentration du régime communiste vietnamien. Son livre a été interdit et détruit. Pham Quê Duong, ancien colonel et directeur de la Revue Histoire de l'armée, a quitté le PCV en 1990 pour entrer dans la lutte pour la démocratie. Tous deux font l'objet des mesures de harcèlement et d'intimidation de la part des autorités communistes.



Des paysans, encore des paysans.


Une centaine de paysans d'une commune se trouvant à 7 kilomètres de Ha Nôi (commune de Thanh Chi) ont manifesté le dimanche 8 juillet 2001 devant un bâtiment officiel avec des banderoles :"à bas la bande de corrompus".

De nouveaux espions. D'après Dac Vi Hoang, le "grand patron" d'une société privée du Viêt-Nam (Société Thanh My, 400 employés, fabricant notamment de tables et chaises pour Ikéa), ses réussites commerciales et ses critiques contre le système corrompu du Viêt-Nam, dont il est une victime permanente, le mettent en position de risque extrême (sur le point d'être arrêté pour espionnage) et sur information, il a dû quitter précipitamment le pays avec femme et enfant, laissant tout derrière eux. Il a demandé à être accepté aux Etats-Unis comme réfugié politique car selon lui, le droit de travailler, de gérer honnêtement son affaire est aussi l'un des droits de l'Homme. Comme argument de bonne foi, M. Hoang a signalé qu'il n'a pas demandé à quitter le pays après cinq années de camp de rééducation, qu'il n'a jamais exprimé le désir de demander l'asile alors qu'il a visité les Etats-Unis trois fois dans le passé.