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VIET NAM infos numéro 13 - 15 juillet 2002

L'expérience cambodgienne

Bui Xuan Quang

Nom officiel : Royaume du Cambodge (Roat Kampuchea)

Situation géographique : une plaine de 131 035 km2 qui occupe une partie de la péninsule indochinoise, en Asie du Sud-Est.

Population : 12 millions, Khmers (88%) Minorités vietnamienne et chinoise.

Capitale : Phnom-Penh 

Régime politique : Monarchie constitutionnelle

Religion : Bouddhisme (90%), minorités chrétienne et musulmane.

Monnaie nationale : Le Riel (KHR) / cours en Euro au 01.01.2002 : 0,0002000


PNB : 270 dollars par habitant. 


Budget de l'Etat : 20% du PNB

Repères

Ancien protectorat français, le Cambodge accède à l'indépendance en 1953 (fête nationale : 9 novembre).

1970 - le prince Sihanouk est renversé par le colonel Lon Nol.

1975 - prise du pouvoir par les Khmers rouges en avril. Le Cambodge devient le Kampuchea démocratique. Le "modèle révolutionnaire" imposé par Pol Pot, Premier ministre, à inspiration maoïste et ultra nationaliste, fondé sur la terreur, entraîne un génocide qui aura fait 2 millions de morts (des sources signalent plus de 3 millions de morts).

25 décembre 1978 - les troupes vietnamiennes envahissent le Cambodge et installent un gouvernement communiste dirigé par Heng Samrin, et reconnu seulement par une trentaine de pays dont l'URSS, le Viêt-Nam, Cuba, l'Inde... Le Kampuchea démocratique devient la République populaire du Kampuchea (RPK)

1981 - Accord entre le Prince Sihanouk et les Khmers rouges contre l'occupation vietnamienne.

22 juin 1982 - Les Khmers Rouges font partie du gouvernement de coalition du Kampuchea démocratique (GCKD), présidé par Norodom Sihanouk et installé en Malaisie. Ce gouvernement anti-vietnamien est reconnu par l'O.N.U. Son Sann, président du FLNPK, est Premier ministre.

27 octobre 1989 - Départ des troupes vietnamiennes du Cambodge

23 octobre 1991 - les Accords de Paris mettent fin à 21 ans de guerre et placent le Cambodge sous la tutelle de l'O.N.U. Les Khmers Rouges signent les Accords. Le 14 novembre, Sihanouk rentre à Phnom Penh après presque 13 ans d'exil.

23 mai 1993 - Elections législatives historiques organisées sous le contrôle de l'O.N.U. Les Khmers Rouges boycottent les élections et intensifient les opérations de guérilla. Le parti royaliste (FUNCINPEC) remporte les élections avec une majorité relative (47%) aux dépens du Parti du peuple cambodgien (PPC) de Hun Sen (Premier ministre depuis 1985). Le Parti libéral et Démocrati-que Bouddhiste de Son Sann obtient 3, 86% des voix.

24 septembre 1993 - une nouvelle constitution rétablit le prince Sihanouk sur le trône. Son fils Ranariddh est élu Premier ministre. Hun Sen est nommé second premier ministre sous la pression de l'O.N.U.

9 juin 1997 - Son Sen, ex-ministre de la Défense des Khmers rouges, et sa famille sont exécutés par les Khmers rouges (sur ordre de Pol Pot probablement). Règlement de comptes sanglant entre Pol Pot et le chef militaire Ta Mok, chefs Khmers rouges. Pol Pot est arrêté par ses "camarades", jugé pour "trahison" et condamné à "la prison à vie".

5-6 juillet 1997 - coup de force de Hun Sen qui évince le Premier ministre Ranariddh, parti se réfugier à Bangkok. Ung Huot est nommé co-premier ministre. Des combats opposent les forces de Hun Sen à celles de Ranariddh. Retraite politique de Son Sann à l'âge de 85 ans).

Début 1998 - Multiples assassinats politiques tout au long de la période de préparation des élections législatives. Procès de Ranariddh, en l'absence de l'accusé, dans une salle du Ministère de l'Intérieur. Condamnation de Ranariddh à 30 ans de prison pour achat illégal et transport d'armes, tentative de renversement du pouvoir. Amnistie pour Ranariddh après une pression très forte exercée par la Grande Bretagne, l'Allemagne et l'Australie Retour de Ranariddh acclamé par des milliers de fidèles. Chute d'Anlong Veng après défection massive et fuite des dirigeants historiques des Khmers rouges.

15 avril 1998 - mort de Pol Pot dans la jungle, près de la frontière thaïlandaise (crise cardiaque apparemment).

26 juillet 1998 - élections législatives; 5 334 419 électeurs; participation : 97,27 %; irrégularités et de nombreux assassinats politiques (30 meurtres -pas tous politiques- au cours de la semaine des élections); élections jugées malgré tout "libres et équitables" par la communauté internationale; victoire du PPC (Hun Sen) avec 41,42% (64 sièges sur 122), FUNCINPEC 31,71% (43 sièges), PSR 14,75% (15 sièges), les 37 autres partis totalisent le reste; succès de Hun Sen dans les campagnes mais désaveu très net dans les villes.

Juillet-août 1998 - Hun Sen propose un gouvernement de coalition. Sam Rainsy refuse. Manifestations contre les élections. Tentative d'assassinat de Sam Rainsy.

13 novembre 1998 - le PPC et le FUNCINPEC signent un accord pour un gouvernement de coalition. Premier ministre : Hun Sen (PPC); Président de l'Assemblée nationale : Ranariddh (FUNCINPEC), deux vice-présidents PPC. 

5 décembre 1998 - Reddition des derniers groupes Khmers rouges. Nuon Chea et Khieu Samphan capitulent (25 décembre 1998).

6 mars 1999 - le chef militaire Ta Mok est arrêté.
13 mars - Thomas Hammerberg, représentant spécial au Cambodge du secrétaire général des Nations Unies pour les droits de l'Homme propose un procès de "caractère international" qui aura lieu au Cambodge. Hun Sen donne son accord en avril 1999.

Mai 2000 - Hun Sen obtient 548,3 millions de dollars pour un an à la conférence des 16 pays et 7 organisations donatrices. De 1992 à 1998, le Cambodge a reçu 3,2 milliards de dollars. Le Japon reste le principal donateur avec 138 millions de dollars, puis viennent l'Australie, 21,6 millions, les Etats-Unis 20 millions, la Suède 18 millions et la France 17,9 millions.

13-14 novembre 2000 - visite historique du Président chinois Jiang Zemin. Rapprochement officiel Chine-Cambodge. Pour la Chine, la page Khmers rouges est tournée. Dans ses mémoires, Lee Kwan Yew révèle que la Chine a versé près d'un milliard de dollars aux Khmers rouges de 1982 à 1991.

19 décembre 2000 - Mort de Son Sann à Paris (89 ans)

Avril 2001 - Des montagnards vietnamiens s'enfuient au Cambodge et demandent l'asile. (lire le dossier du Viêt-Nam infos numéro 10 - janvier 2002).

Octobre 2001 - Préparation des élections municipales. Les trois partis principaux présentent plus de 24 000 candidats chacun. Quatre autres partis sont entrés en lice. Les assassinats dont les victimes sont des membres du PSR continuent.

3 février 2002 - Elections municipales. 20 assassinats depuis le début de janvier. Victoire du PPC avec 61,05% (20% de mieux qu'en 1998) qui dirigera 1597 communes. Le FUNCINPEC, grand perdant avec 22,01% (8% de moins qu'en 1998) ne dirigera que 10 communes. Le PSR avec 16,73% (2% de plus) dirigera 13 communes. 919 femmes sont élues.

Le survol des faits de ces dernières années (depuis les élections démocratiques de 1993) nous mène à quelques évidences :

1/ Il est difficile de juger le Cambodge à partir des repères étrangers au Cambodge (et encore moins occidentaux)

2/ Hun Sen est bien l'homme fort du régime. D'une ambition sans limite "je n'ai pas le droit d'être roi, mais j'ai le pouvoir de créer le roi", il se met à imiter Sihanouk, en faisant des poèmes, un film, se rend en hélicoptère dans les villages (l'hélicoptère est considéré comme "l'Oie sacrée", la monture du roi), se met au-dessus des partis, ne vote pas. Hun Sen utilise la violence de façon quotidienne, fait assassiner les collaborateurs de Sam Rainsy pour affaiblir ce dernier mais comprend que "Sam Rainsy donne une image démocratique au régime". Il échappe au contrôle de ses maîtres vietnamiens. Ranariddh, quant à lui, a montré les limites de ses capacités. Gouvernant le Cambodge de 1993 à 1997, Ranariddh n'a pas su profiter de son état de grâce, ni trouver un compromis avec Sam Rainsy, ni éliminer politiquement Hun Sen quand ce dernier était encore faible. Le FUNCINPEC qui avait la majorité en 1993 ne contrôle plus grand-chose dans la coalition tronquée actuelle. Ranariddh est président de l'Assemblée, une sorte de vice-roi dans cette monarchie constitutionnelle, et s'en contente. Sam Rainsy tente d'ouvrir la société cambodgienne aux valeurs de la démocratie occidentale, a l'appui des moines bouddhistes, encourage les femmes à participer à la vie politique. Le PSR (Parti de Sam Rainsy) progresse dans les élections mais pourra-t-il survivre dans ce système de violence imposé par Hun Sen? Et comment atteindre les paysans sous contrôle du PPC? A la campagne, on meurt facilement le soir tombé.

3/ Malgré tout, la Démocratie avance au Cambodge. Les partis cherchent à avoir les voix du peuple et le peuple participe effectivement au vote.
 

BXQ

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