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VIET NAM infos numéro 14 - 15 septembre 2002


Motion envoyée aux dirigeants de 

Ha Nôi par dix-sept combattants de la démocratie 


République socialiste du Viêt-Nam
Indépendance - Liberté - Bonheur


A M. Nông Duc Manh, Secrétaire général du Parti
M. Trân Duc Luong, Président d'Etat
M. Phan Van Khai, Premier ministre
M. Nguyên Van An, Président de l'Assemblée nationale

Nous, les signataires de cette motion, avons l'honneur de vous présenter nos réflexions et demandes suivantes :

Tout le long de notre marche révolutionnaire, parallèlement aux domaines militaire, diplomatique, économique…, la lutte politique a toujours eu une place importante et a contribué pour une part non négligeable, au succès commun de la révolution vietnamienne. Cependant, ces derniers temps, surtout après le IXe Congrès, dans le domaine politique, on relève beaucoup d'actions déplacées, erronées, spécialement dans les actes liés à la sécurité politique.

Les forces de sécurité pour la culture et l'idéologie, du fait qu'elles sont insuffisantes dans leur mise à jour comme dans leur évolution dans le raisonnement et qu'elles ne sont pas capables d'organiser la lutte idéologique de façon correcte, raisonnable, légale, sont obligées d'abuser de procédés obscurs et d'actes de répression violents. Ainsi, l'ambiance sociale devient actuellement insupportable et les conséquences catastrophiques seront incommensurables. Le fait que le sens de responsabilité du citoyen, et les idées correctes nécessaires pour un renouveau véritable sont bloqués n'empêche pas seulement la société de se développer sainement, il renferme des dangers qui risquent de pourrir la société et de la détruire. D'un autre côté, cette situation ternit l'image de la nation et du peuple vietnamien sur la scène internationale. Tout cela ne bloque pas seulement notre intégration dans la communauté internationale, il pousse le pays vers l'isolement du passé, avec de multiples ennemis que nous avons nous-mêmes créés et que nous devons affronter.

Voici les faits regrettables causés par les forces de la sécurité politique, ces derniers temps :

1/ Deux jours après la nomination du Secrétaire général du Parti Nông Duc Manh, la Sécurité de Hai Phong interpellait l'ancien combattant de presque 70 ans Vu Cao Quân puis l'a enfermé pendant 9 jours, juste pour l'interroger sur ses écrits et ceux d'autres intellectuels et vétérans. La porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères Phan Thuy Thanh a déclaré et répété que M. Vu Cao Quân n'a jamais été arrêté. Où est donc la dignité de l'Etat lorsque le monde entier sait que l'Etat, le Parti mentent de façon effrontée ?

2/ Le 12 juillet 2001, la Sécurité de Hô Chi Minh-Ville interpellait le général Trân Dô pour lui prendre ses écrits concernant ses propres impressions sur le IXe Congrès. Cet acte grossier, insultant pour la dignité humaine, a choqué fortement cette grande personnalité de la Révolution, titulaire de la médaille Hô Chi Minh. On a dû l'hospitaliser.

3/ Le 5 septembre 2001, seulement à cause de leur demande de créer l'Association populaire de soutien à l'Etat dans la lutte contre la corruption, le colonel Pham Quê Duong, le sociologue Trân Khuê, l'ancien directeur de l'Institut de philosophie, et une trentaine de personnes dont la plupart sont des anciens révolutionnaires, sont arrêtés ou interrogés continuellement.

4/ Tout le long des mois de septembre et d'octobre, on diffuse largement des écrits anonymes pour calomnier l'écrivain Hoàng Tiên, sociologue, refaire des scènes pénibles de dénonciation dans des quartiers peuplés contre MM. Hoàng Minh Chinh, Pham Quê Duong, Nguyên Thanh Giang, Lê Chi Quang. La particularité de ces scènes de dénonciation est l'absence des personnes dénoncées. On peut ainsi fabriquer des faux témoins qui peuvent calomnier, insulter sans aucune contrainte morale les victimes.

5/ Interpeller puis arrêter le poète révolutionnaire Bùi Minh Quôc, lorsque celui-ci rentre chez lui après une visite aux villes frontières dans le Nord. Décréter le mettre en résidence surveillée pour 2 ans, parce qu'on a trouvé dans ses bagages quelques centaines de feuillets de notes personnelles sans aucun rapport avec un secret d'Etat quelconque. En résidence surveillée actuellement, on peut signaler aussi le sociologue Trân Khuê et le biologiste Hà Si Phu.
6/ Janvier 2002, le vice-ministre de la Culture et de l'Information signe un ordre de recherche et de destruction de quatre ouvrages : A laisser avant de passer dans l'autre monde de Vu Cao Quân, Dialogues de l'an 2000 de Trân Khuê et Nguyên Thu Thanh Xuân, Réflexion et espoir de Nguyên Thanh Giang, Journal dragon et serpent de Trân Dô. Cette décision est sans effet puisque personne ne l'exécute mais elle a entraîné des critiques violentes de l'opinion à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

7/ Emprisonner un grand nombre de jeunes avec des motifs non justifiés. Emprisonner l'ancien combattant Nguyên Khac Toàn depuis 4 mois à cause du " crime " : rassembler des documents et aider à transmettre des plaintes de gens victimes de la corruption, de l'exploitation dans leur localité et qui viennent se manifester devant l'Assemblée nationale. Emprisonner le juriste Lê Chi Quang depuis plus de 4 mois à cause de ses écrits, donnant son opinion personnelle sur la politique intérieure et extérieure du Parti. Emprisonner le docteur et économiste Pham Hông Son à cause de sa traduction du texte " Qu'est-ce que la démocratie ? " et la lettre qu'il a envoyée au Secrétaire général Nông Duc Manh pour échanger des idées sur la démocratisation du pays.

8/ Sans aucune annonce officielle, couper depuis presque un an le téléphone de la famille de MM. Hoàng Minh Chinh, Pham Quê Duong, Hoàng Tiên, Trân Khuê, Trân Dung Tiên, Hà Si Phu, Nguyên Dan Quê, Bùi Minh Quôc, Nguyên Thanh Giang, Ngiuyên Vu Binh…Cet acte n'est pas efficace car la plupart de ces personnes se mettent à utiliser des téléphones portables. Des gens disent qu'au Viêt-Nam, il y a des citoyens qui sont moins bien traités que les prisonniers en Occident qui, eux, ont le droit d' utiliser le téléphone.

9/ Bousculer, interroger, arrêter un grand nombre de croyants et de religieux.

Cette situation de répression continuelle, brutale, sans aucune considération morale, sans preuve, ne respectant pas la loi, la Constitution, fait que des gens ont cette réflexion : " avec l'époque de " Nhân Van Giai Phâm " et de " Révisionnisme ", cette époque est l'époque la plus sombre du Parti communiste vietnamien dans le domaine de la culture, de l'idéologie, de la réflexion politique ".

D'une voix commune, nous déposons une motion :

1/ Le bureau politique doit ouvrir une conférence pour réfléchir sur l'exécution des moyens pour la sécurité politique, culturelle, idéologique dans un avenir proche avec la participation des organismes de l'Intérieur, de l'Extérieur, du Commerce, de l'Education. Analyser de manière profonde les dommages évidents et de long terme provoqués par les forces de sécurité afin de modeler, rectifier à temps, inculper fermement ceux qui, par opportunisme ou par faiblesse, ont provoqué des troubles sociaux. Analyser pour connaître la vraie cause qui a donné naissance au laxisme entraînant des désastres tels que ceux de Nam Cam, Thai Binh, Tây Nguyên…et à la concentration des attaques sur les intellectuels et les révolutionnaires anciens qui sont de cœur avec la nation.

2/ Concernant l'ancien militaire Nguyên Khac Toàn, le jusriste Lê Chi Quang, le docteur Pham Hông Son, s'il existe des preuves de leur crime, il faut faire rapidement leur procès, sinon il faut les libérer immédiatement.

3/ Laisser immédiatement la liberté de mouvement au poète Bùi Minh Quôc, le sociologue Trân Khuê, le biologiste Hà Si Phu. Annuler en même temps le décret 31/CP, un décret anticonstitutionnel, illégal.

4/ Rétablir les lignes téléphoniques des familles citées précédemment. Les organismes officiels doivent arrêter de salir, de pourrir la vie des citoyens. 

Les plaintes, le dépit, la colère, les insultes montent dans le pays, ainsi que partout dans le monde. Pour éviter les jugements les plus durs que l'Histoire portera, nous vous demandons de prêter toute votre attention aux idées émises dans cette motion à cause de son caractère d'extrême urgence. La réalité exige une lucidité, une clairvoyance indispensable de votre part, le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. Pour un pays de prospérité, de démocratie, de justice, de civilisation.

 

Ha Nôi le 6 juillet 2002

 

Signature, nom (et adresse) 


1/ Nguyên Van Bai 82 ans, enseignant, père de Nguyên Khac Toàn ; 2/ Nguyên Vu Binh, ancien rédacteur à la revue Communisme (tap chi Công San) ; 3/ Hoàng Minh Chinh, ancien directeur de l'Institut de philosophie ; 4/ Nguyên Kim Chung, ingénieur agronome ; 5/ Pham Quê Duong, ancien colonel de l'Armée populaire du Viêt-Nam ; 6/ Nguyên Thanh Giang , docteur en géophysique; 7/ Vu Thuy Hà, secrétaire de direction au Bureau de la Francophonie pour l'Asie et le Pacifique ; 8/ Vu Kinh, 73 ans, blessé de guerre ; 9/ Trân Khuê, retraité ; 10/ Phan Long (Hông Long), 85 ans, 56 ans dans le Parti ; 11/ Nguyên Xuân Phuc, ancien combattant ; 12/ Trân Thi Quyêt, retraitée ; 13/ Chu Thành, poète (pseudonyme : Tu Sot) ; 14/ Nguyên Thu, 75 ans, retraité ; 15/ Trân Dung Tiên, ancien combattant; 16/ Hoàng Tiên, écrivain ; 17/ Trân Dai Son, 54 ans dans le Parti, ancien combattant.