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VIET NAM infos numéro 35 - 15 mars 2006


Résolution 1481 : L’Union Européenne condamne les crimes des régimes communistes totalitaires. 
Texte adopté par l’Assemblée le 25 janvier 2006 (5e séance).

Nécessité d’une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires

Résolution 1481 (2006)



1. L’Assemblée parlementaire renvoie à sa Résolution 1096 (1996) sur les mesures de démantèlement de l’héritage des anciens régimes totalitaires communistes. 

2. Les régimes communistes totalitaires qui étaient en place en Europe centrale et orientale au siècle dernier, et qui existent toujours dans plusieurs pays du monde, ont été marqués sans exception par des violations massives des droits de l'homme. Ces violations, qui variaient selon la culture, le pays et la période historique, incluaient les assassinats et les exécutions, qu’ils soient individuels ou collectifs, les décès dans des camps de concentration, la mort par la faim, les déportations, la torture, le travail forcé et d'autres formes de terreur physique collective, les persécutions pour des motifs ethniques ou religieux, les atteintes à la liberté de conscience, de pensée et d’expression et à la liberté de la presse et l’absence de pluralisme politique. 

3. Les crimes ont été justifiés au nom de la théorie de la lutte des classes et du principe de la dictature du prolétariat. L’interprétation de ces deux principes rendait légitime « l'élimination » des catégories de personnes considérées comme nuisibles à la construction d'une société nouvelle et, par conséquent, comme ennemies des régimes communistes totalitaires. Dans chaque pays, les victimes étaient en grande partie des nationaux. C’était le cas notamment des populations de l’ex-URSS qui en furent en nombre beaucoup plus victimes que d’autres nationalités. 

4. L’Assemblée reconnaît que malgré les crimes des régimes communistes totalitaires, certains partis communistes européens ont travaillé à la réalisation de la démocratie. 

5. La chute des régimes communistes totalitaires d'Europe centrale et orientale n’a été suivie ni d’une enquête internationale exhaustive et approfondie, ni d’un débat sur les crimes commis par ces régimes. En outre, les crimes en question n’ont pas été condamnés par la communauté internationale, comme cela a été le cas pour les horribles crimes commis par le national-socialisme (nazisme). 

6. En conséquence, le grand public est très peu conscient des crimes commis par les régimes communistes totalitaires. Les partis communistes sont légaux et encore actifs dans certains pays, alors qu’ils n’ont parfois même pas pris leurs distances par rapport aux crimes commis dans le passé par des régimes communistes totalitaires. 

7. L'Assemblée est convaincue que la prise de conscience de l’histoire est une des conditions à remplir pour éviter que des crimes similaires ne se reproduisent à l’avenir. En outre, le jugement moral et la condamnation des crimes commis jouent un rôle important dans l'éducation donnée aux jeunes générations. Une position claire de la communauté internationale sur ce passé pourrait leur servir de référence pour leur action future. 

8. De plus, l’Assemblée est d’avis que les victimes de crimes commis par des régimes communistes totalitaires encore en vie ou leurs familles, appellent à la compassion, la compréhension et la reconnaissance de leurs souffrances. 

9. Il reste des régimes communistes totalitaires dans certains pays du monde et des crimes continuent d’y être commis. Les prétendus intérêts nationaux ne doivent pas empêcher les pays de critiquer les régimes communistes totalitaires actuels lorsque ceux-ci méritent de l’être. L’Assemblée condamne vivement toutes ces violations des droits de l’homme. 

10. Les débats et condamnations qui ont eu lieu jusqu’à présent au niveau national dans certains Etats membres du Conseil de l'Europe ne sauraient dispenser la communauté internationale de prendre clairement position sur les crimes commis par les régimes communistes totalitaires. Elle a l’obligation morale de le faire sans plus attendre. 

11. Le Conseil de l'Europe est bien placé pour lancer un tel débat au niveau international. Tous les anciens pays communistes d’Europe, à l’exception du Bélarus, en sont aujourd’hui membres et la protection des droits de l'homme et l'Etat de droit sont les valeurs fondamentales qu’il défend. 

12. En conséquence, l’Assemblée parlementaire condamne avec vigueur les violations massives des droits de l'homme commises par les régimes communistes totalitaires et rend hommage aux victimes de ces crimes. 

13. En outre, elle invite tous les partis communistes ou post-communistes de ses Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à réexaminer l’histoire du communisme et leur propre passé, à prendre clairement des distances par rapport aux crimes commis par les régimes communistes totalitaires et à les condamner sans ambiguïté. 

14. L’Assemblée estime que la clarté de cette position adoptée par la communauté internationale favorisera la poursuite de la réconciliation. En outre, il faut espérer qu’elle encouragera les historiens du monde entier à continuer leurs recherches visant à établir et à vérifier objectivement le déroulement des faits. 
________________________________________
1 Discussion par l’Assemblée le 25 janvier 2006 (5e séance) (voir Doc. 10765, rapport de la commission des questions politiques, rapporteur: M. Lindblad ). Texte adopté par l’Assemblée le 25 janvier 2006 (5e séance).

Un extrait de l’exposé de M. Goran Lindblad, député européen suédois présenté lors de la présentation du projet de résolution sur les crimes du communisme 


Les régimes communistes ont été marqués par une violation massive des droits de l'homme, dès l'origine. Pour arriver au pouvoir et s’y maintenir les régimes communistes sont allés au delà des assassinats individuels et des massacres à l’échelle locale et ont intégré les procédés criminels dans le système de gouvernement. 


D’après de prudentes évaluations (les chiffres exacts ne sont pas connus) le nombre de personnes tuées par les régimes communistes répartis en pays ou régions s’établit comme suit2
- Union Soviétique : 20 millions de victimes 
- Chine : 65 millions 
-Viêt-Nam : 1 million 
- Corée du Nord : 2 millions 
- Cambodge : 2 millions 
- Europe orientale : 1 million 
- Amérique latine 150 000 
- Afrique : 1,7 million 
- Afghanistan : 1,5 million 


Ces chiffres recouvrent des situations très diverses : exécutions individuelles et collectives, décès dans les camps de concentration, victimes de la faim et des déportations. 
Les chiffres ci-dessus s’appuient sur des documents historiques et s’il ne s’agit que d’estimation c’est parce que l’on a de bonnes raisons de penser qu’ils sont en fait beaucoup plus élevés. Malheureusement les restrictions imposées à l’accès aux archives, en Russie en particulier ne permettent pas de parvenir à une plus grande vérification des chiffres exacts. 


Ces crimes sont le résultat direct de la théorie de la lutte des classes qui imposait la nécessité de « l’élimination » des catégories de personnes considérées comme sans utilité pour la construction d’une société nouvelle. Les victimes étaient en grande partie des nationaux. 

 

Vous pouvez trouver le texte intégral de l’exposé de M. Goran Linblad sur notre site www.vninfos.com



Réaction de Ha Nôi par son Agence vietnamienne d’information AVI 

(extraits)


Hanoi, 6 février (AVI) - Dans leur commentaire, deux grands quotidiens du Viêt-Nam- Quan Doi Nhan Dan (Armée populaire) et Lao Dong (Travail) - ont, indignés, condamné énergiquement les allégations erronées et calomnieuses de la Résolution 1481 adoptée le 25 janvier en France par le Conseil de l'Europe (APCE). 


Sous le titre "Le changement dangereux du blanc au noir", le commentaire du journal Quan Doi Nhan Dan a affirmé : La campagne anti-communiste de l'APCE vise pour l'essentiel la pensée communiste de plus en plus approuvée et soutenue en Europe et dans d'autres continents. 


Il est évident que l'APCE a falsifié à dessein l'histoire, dénaturé la vérité en confondant victimes et bourreaux, héros et criminels, libérateurs et agresseurs, a écrit le commentaire. 
Après avoir dévoilé l'intention de l'APCE par son adoption de la Résolution 1481, le journal Lao Dong a, dans un commentaire intitulé "La vérité n'est pas du côté des forts", affirmé que les succès du Viêt-Nam et de la Chine prouvaient la suprématie de l'économie socialiste sous la direction du Parti communiste. 
"La politique socialiste au Viêt-Nam est un exemple de stabilité, de tranquillité et du bonheur. Cela se place donc totalement à l'opposé de toutes calomnies, a conclu l'article. – AVI

 

Les massacres du Têt Mâu Thân 1968 (suite)

Nous avons reçu de nombreux réactions et témoignages à propos de notre dernier dossier Viêt-Nam infos 34 du mois de janvier 2006 Têt Mâu Thân 1968 sur les massacres perpétrés par les forces armées communistes.

Des jeunes intellectuels vivant à Ha-Nôi sont troublés par ce qu’ils découvrent sur notre site Internet. 

Nous venons d’être informés que deux prêtres français étaient parmi les victimes :

Les PP.Marie-Georges Cressonnier et Pierre-Julien Poncet, prêtres des Missions Étrangères de Paris, travaillant dans le diocèse de Huê, ont été trouvés fusillés sur un trottoir de la ville. Le 13 février 1968, il étaient allés rendre visite à des religieuses isolées de Phu Cam. Ils furent tués sur le chemin du retour, près du canal de Phu Cam, d'une rafale de mitraillette tirée par des soldats vietcôngs isolés. On les a retrouvés morts. Le P. Cressonnier était né dans l'Oise et avait soixante ans. Le P. Poncet, né en Franche Comté avait 36 ans.