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VIET NAM infos numéro 38 - 15 septembre 2006


Mouvement démocratique au Viêt-Nam

Le mouvement démocratique est aujourd’hui en plein développement au Viêt-Nam. Depuis plusieurs années déjà, la contestation se faisait entendre plus ou moins discrètement. Mais elle émanait d’individualités poussées par une prise de conscience personnelle de la situation, comme dans le cas de Ha Si Phu, un intellectuel qui, depuis le début des années 90, demande aux responsables du parti communiste vietnamien (PCV) de rejeter le carcan idéologique, ou encore celui du Père Nguyên Van Ly, arrêté par deux fois et incarcéré de longues années pour avoir exigé la restauration de la liberté religieuse. Des Eglises non reconnues officiellement, l’Eglise Bouddhique unifiée du Viêt-Nam, l’Eglise Bouddhique Hoa Hao authentique,… résistant à une répression multiforme, ont continué à exercer leur culte et à lutter pour une véritable liberté religieuse. Mais c’est récemment que les aspirations à la démocratie ont commencé à s’exprimer collectivement. En 2005, le Parti démocratique du peuple était créé (Voir Viêt-Nam infos n. 31 du 15 juillet 2005 www dangdanchunhandan). En 2006, les choses sont en train de s’accélérer. Le 6 avril, était lancé un « Appel pour le pluralisme au Viêt-Nam », suivi de 116 signatures. Il réclamait explicitement l’abrogation de l’article 4 de la constitution. Selon cet article, le PCV est le seul parti politique jouissant du droit constitutionnel de diriger le pays. Le surlendemain, paraissait un nouveau texte signé de 118 personnalités, le « Manifeste pour la Liberté et la Démocratie au Viêt-Nam ». Les auteurs exigeaient que soient octroyées à chacun les libertés fondamentales du citoyen dans un pays démocratique. Le 15 avril, une publication bimensuelle « Tu Do Ngon Luan » (Liberté d’expression) faisait son apparition sans autorisation préalable et était diffusée dans les grandes villes et sur le réseau Internet. Signe du bouillonnement des aspirations démocratiques actuelles, les initiatives vont alors se multiplier. Le 1er juin, M. Hoang Minh Chinh, à Ha Nôi, déclare ressusciter un ancien parti : le Parti Démocratique. Le 2 septembre, un deuxième journal non autorisé, le Tu Do Dân Chu (Liberté et démocratie) voit le jour malgré pressions et menaces policières. La dernière manifestation connue du mouvement démocratique est la création, le 9 septembre dernier, à Huê, du Parti pour le Progrès du Viêt-Nam (voir p.3).

Ces trois partis politiques créés, ces deux journaux rédigés et diffusés sans autorisation, donnent à penser que vient de s’enflammer un feu qui couvait depuis longtemps. Un grand nombre de ces militants se sont regroupés dans une association nommée « Bloc 8406 ». Cette appellation est tirée de la date (8 avril 2006) de la parution du Manifeste pour la Démocratie au Viêt-Nam.

Le Bloc 8406 n’est pas une organisation politique, mais avant tout un rassemblement de personnes partageant les mêmes idéaux de liberté et de démocratie.


Manifeste pour la Liberté et la Démocratie au Viêt-Nam du 8 avril 2006 (extraits)


La réalité du Viêt-Nam

Lors de la Révolution d’août 1945, notre peuple a choisi l’indépendance et non le communisme. La Déclaration d’Indépendance du 2 septembre 1945 ne contient pas les mots socialisme ou commu-nisme.
….
A l’évidence, le but de cette révolution, le choix du peuple, a été détourné par le Parti communiste vietnamien.

Le 2 septembre 1945 à Ha Nôi, M. Hô Chi Minh, Président du Gouvernement provisoire de la République démocratique du Viêt-Nam a déclaré solennellement au peuple et au monde entier : « Tous les êtres humains possèdent les mêmes droits. Le Créateur leur a donné des droits inaliénables tels que le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur ». Cette affirmation figure dans la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique de 1776 (…). La Déclaration Universelle des Droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française de 1791 dit également : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » (…) 

Ces droits sacrés ont été immédiatement piétinés par le régime communiste dès sa venue au pouvoir.

En février 1951, la Déclaration du Parti des Travailleurs (ancien nom du Parti communiste vietnamien) élaborée durant le 2e Congrès du Parti écrit : « la doctrine du Parti est le marxisme-léninisme ». (…)

Depuis cette date, d’abord dans le Nord du Viêt-Nam après 1954, puis dans tout le pays après le 30 avril 1975, le spectre du communisme n’a cessé de hanter le peuple vietnamien. C’est ce spectre et rien d’autre qui a refusé la quasi-totalité des droits de l’homme au Viêt-Nam. (…).

(…)L’absence de véritable compétition électorale empêche le peuple de choisir ses meilleurs représentants politiques et de remplacer les dirigeants (…). L’origine de tous les problèmes, leur cause fonfamentale,réside dans le fait que le PCV est la seule force politique à diriger le pays ! La réalité a montré que tous les pays entrés dans l’orbite du communisme sont tombés dans la décadence et la misère. 

 

Objectif, moyens et sens de la lutte.

L’ultime objectif de la lutte pour la liberté et la démocratie est de changer radicalement l’actuel système politique du Viêt-Nam. (…)Concrètement, Il faut transformer le système à parti unique, en un système multipartiste, permettant une compétition politique saine et adaptée aux aspirations légitimes de la Nation. (…)

 

Notre objectif concret est le rétablissement de ces libertés élémentaires du peuple :

- Liberté d’information et d’expression.
- Liberté de réunion, d’association, de création de partis politiques, de candidature aux élections.
- Liberté de créer des syndicats indépendants et liberté de grève.
- Liberté religieuse.

Les moyens de cette lutte sont pacifiques, non violents. 

Notre lutte actuelle vise à faire triompher la modernité contre le passé arriéré. à associer les forces populaires au monde du progrès pour s’opposer aux forces rétrogrades (…). Le système politique à parti unique doit disparaître dans les oubliettes du passé.

Nous espérons que ce manifeste incitera nos compatriotes de l’intérieur comme à l’étranger à une plus grande implication dans la lutte et souhaitons que celle-ci recueille le soutien de nos amis du monde entier. (…)Nous appelons l’Organisation des Nations Unies, les parlements, les gouvernements, les organisations internationales et les amis du monde entier à continuer de soutenir cette juste lutte (…). Cela contribuera à conduire le Viêt-Nam vers la communauté des nations modernes, respectueuses du droit, prospères et libres au sein de l’humanité d’aujourd’hui.


Plan en 4 étapes pour la démocratisation du Viêt-Nam selon le Bloc 8406 (résumé)


Etape 1 : Obtenir le droit à la liberté d’expression, la liberté de la presse. Poser des bases pour les droits de l’homme.

Etape 2 : Créer, réactiver des partis politiques démocratiques non communistes.

Lorsque les partis politiques fonctionneront dans des conditions normales, le Bloc 8406 se retirera pour leur laisser le champ libre.

Etape 3 : Les partis politiques démocratiques constitueront une ou plusieurs alliances pour faire pression sur les autorités communistes, pour créer une commission chargée d’élaborer un projet de constitution provisoire.

Proposer un référendum pour l’acceptation de la Constitution provisoire.

Etape 4 : Création d’un comité pour l’application de la nouvelle constitution provisoire. Création du comité d’organisation des élections législatives de la première assemblée nationale démocratique. Cette Assemblée votera la nouvelle constitution. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Photo récente prise à l’issue d’une réunion du Bloc 8406 à Hô Chi Minh-Ville
Premier rang (de g à dr) : Phuong Thy, Nguyên Chinh Kêt, Nguyên Hông Quang, Do Nam Hai, Quynh Trâm, Trân Quôc Hiên, Pham Ngoc Thach.
Deuxième rang (de g à dr) : Lê Tri Tuê, Pham Ba Hai, Truong Quôc Huy, Trân Thiên Lôc, Nguyên Ngoc Quang, Nguyên Van Dài, Bach Ngoc Duong.


Le Bloc 8406 a réuni des représentants de toutes les religions (des personnalités appartenant à l’Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam, de l’Eglise bouddhique Hoa Hao, des prêtres catholiques…), des anciens cadres du Parti, des intellectuels du Nord au Sud. En outre, l ’adhésion de nombreux jeunes (de 30 à 40 ans) à ce mouvement démocratique est tout à fait significative, surtout si l’on songe qu’ils étaient à peine nés lors de la chute du Sud Viêt-Nam en 1975. Leur militantisme en faveur de la démocratie ne peut être suspecté d’un quelconque esprit de revanche. En outre, la réussite professionnelle de la majorité d’entre eux démontre que leur ambition est politique et non sociale. 

A cette date, près de deux mille personnes vivant à l’intérieur du pays ont signé le Manifeste 8406. Ce nombre non négligeable de personnes qui sortent de l’anonymat pour exprimer leur opinion témoigne de la nouvelle ambiance dans laquelle évolue la société vietnamienne et de l’orientation prise par cette forme de lutte. C’est à la naissance d’un mouvement qu’on peut qualifier de populaire que nous sommes en train d’assister..

 


Les revendications démocratiques du Manifeste 8406 ont reçu le soutien international significatif de 50 membres du Congrès américain ainsi que celui de plusieurs membres fondateurs de la Charte 77 dont l’ancien président de la Tchécoslovaquie, Vaclav Havel. Le rapport détaillé sur le Bloc 8406 de l’envoyé spécial Rado Tylecote du Parti conservateur britannique montre bien l’intérêt grandissant que suscite ce groupe sur le monde politique européen. L’objectif immédiat du Bloc 8406 est de se faire entendre à la conférence de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) qui aura lieu en novembre prochain à Ha Nôi.


Il y avait 118 signatures le 8 avril, deux mille au début de septembre ; ce nombre peut encore augmenter et au mois de novemdre prochain, il aura certainement dépassé ce niveau.

Visiblement, Ha Nôi est dans l’embarras. Les interrogatoires répétés, les brutalités, la confiscation du matériel de travail, ordinateurs, documents, ne semblent pas porter leurs fruits. A l’approche de la Conférence au sommet APEC à laquelle participeront les dirigeants des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, du Japon, de la France toute action de répression « à l’ancienne » à l’encontre des opposants pourrait être une grave erreur diplomatique. Cependant, il reste bien sûr pour Ha Nôi la dernière arme, et la plus efficace : provoquer des dérapages du Bloc 8406 en suscitant de l’intérieur du groupe des erreurs tactiques, des frictions internes. 

Le plan en quatre étapes du Bloc 8406 n’est q’un schéma. Les deux premières étapes peuvent être franchies dans un temps relativement court, mais on ne peut rien présager de ce que seront les suivantes. Cette feuille de route risque fortement de changer lorsqu’aura lieu la vraie confrontation avec le régime,
une confrontation qui ne saurait tarder..     Viêt-Nam infos


Etat des droits de l’homme au Viêt-Nam


Commission des droits de l’homme du Parti conservateur de la Grande-Bretagne

Rapport de Rado Tylecote

(Extraits)

Le gouvernement vietnamien continue de refuser au peuple vietnamien ses droits fondamentaux : son droit d’avoir des élections libres et équitables, son droit à la liberté d’expression, son droit de s’exprimer à travers les médias, son droit de fonder des associations , son droit à la liberté de croyance, son droit à la liberté de mouvement. Ces faits sont en violation même de la constitution de 1992 du Viêt-Nam.

Chapitre I. L’article 4 décrit le rôle dictatorial du Parti communiste : le Parti communiste vietnamien, l’avant-garde de la classe ouvrière, représentant fidèle des droits et intérêts de la classe ouvrière, des travailleurs, et de toute la nation, agissant suivant la doctrine du marxisme-léninisme et la pensée de Hô Chi Minh, est la force dirigeante de l’Etat et de la société.

Cependant, l’article 4 spécifie : toutes les organisations du Parti opèrent dans le respect de la Constitution et de la loi.

Pour donner des précisions sur la loi, le chapitre 5 de la Constitution donne les détails suivants :

Article 68 : le citoyen aura la liberté de mouvement et de résidence à l’intérieur du pays, il aura la liberté de se déplacer à l’étranger et de revenir à son domicile en accord avec la loi.

Article 69 :le citoyen aura la liberté d’opinion et d’expression, liberté de presse, le droit d’être informé, et le droit de se réunir, former des associations, de manifester en accord avec la loi.

Article 70 :le citoyen aura la liberté de croyance et de religion , il peut pratiquer ou non toute religion. Toutes les religions sont égales devant la loi.
Les lieux de culte de toute croyance et religion sont protégés par la loi.
Personne ne peut violer la liberté de croyance et de religion, et personne ne peut mal utiliser les croyances et les religions pour contrevenir la loi et la politique de l’Etat.

Article 71 : le citoyen sera protégé par la loi en ce qui concerne l’inviolabilité de sa personne en regard de sa vie, sa santé, son honneur et sa dignité.
Nul ne peut être arrêté en l’absence d’une décision d’exécution du tribunal populaire, d’une décision de sanction de l’Office populaire de supervision et de contrôle, exepté pour des fautes flagrantes. Emprisonner ou garder provisoirement une personne doit être fait entièrement dans l’observation de la loi.
Il est strictement interdit d’utiliser toutes formes de harcèlement et de coercition, de torture, de violation de l’honneur et de la dignité contre un citoyen

Article 72 : nul ne doit être considéré comme coupable et sujet à sanction avant que la sentence du tribunal ne prenne effet légalement. Une personne qui a été arrêtée, emprisonnée provisoirement, poursuivie en justice, amenée au procès en violation avec la loi doit être dédommagée de toute perte matérielle et sa réputation devra être réhabilitée. Toute personne qui enfreint la loi en arrêtant, gardant provisoirement, en poursuivant en justice une autre personne en lui causant des dommages devra être sanctionnée avec sévérité.

Comme ce rapport le montre, le gouvernement vietnamien viole de nombreuses fois les droits de l’homme en contrevenant sa propre constitution. Signalons que les cas de violation décrits dans ce rapport ne constituent qu’un simple aperçu des mésactions gouvernementales.

A cause d’une légère augmentation de l’attention internationale due à l’approche de la conférence de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) qui aura lieu à Ha Nôi le 16 novembre prochain et avant une admission probable à l’OMC, le gouvernement a fait quelques pas pour détourner les critiques le concernant. Un petit nombre de prisonniers politiques et de religion ont été libérés et les reniements de croyance forcés abandonnés. En 2005, le gouvernement a libéré avec grande publicité douze prisonniers de conscience ; immédiatement après, il en a arrêté beaucoup plus, spécialement des Montagnards chrétiens et des dirigeants bouddhistes. De la même manière, après avoir libéré Pham Hông Son en août, les autorités ont assailli les activistes qui lui rendaient visite, y compris ceux que j’avais pu interviewés. Ces actions reflètent typiquement la tactique du gouvernement vietnamien.

En 2005, le gouvernement faisait publier un « Livre blanc », « Les réalisations dans la protection et le développement des Droits de l’Homme au Viêt-Nam », les valeurs de la démocratie sont acceptées en apparence, selon ce livre, « l’objectif ultime du Viêt-Nam, est de construire une société juste, démocratique et civilisée pour le bonheur du peuple ». Le document en question dit que « le gouvernement a fait le maximum pour assurer les droits de l’homme à travers la construction et l’amélioration constante du système légal et la réalisation des mesures concrètes pour le développement économique, social et culturel, ainsi, chaque citoyen peut bénéficier d’une meilleure vie, à la fois matériellement et spirituellement, dans une socuété juste, démocratique et civilisée ». Ce rapport montrera que le communiqué gouvernemental est faux. En fait, pendant ces deux dernières années, la loi vietnamienne devient de plus en plus, et non de moins en moins, draconienne. Le « Livre blanc » ajoute : « Quoi qu’il en soit, un nombre de personnes hostiles au régime, poursuivant leurs buts personnels, continuent à utiliser tous les procédés pour fabriquer des fausses allégations contre le Viêt-Nam dans le domaine des droits de l’homme, de la démocratie, de la religion et de l’ethnicité.

En dépit de la libération de quelques dissidents, le paysage général des droits de l’homme dans le pays reste inchangé. Comme nous avons décrit ci-dessus, les autorités continuent à dénier au peuple du Viêt-Nam tous ses droits fondamentaux. Le gouvernement a commencé par laisser paraître, épisodiquement, des critiques légères dans la presse d’Etat, et maintenant il autorise quelques critiques à l’intérieur du système, quoiqu’il soit hors de question de le changer, comme par exemple de le changer en un système multipartiste. Les médias sont tenus avec rigidité avec peu ou pas du tout de possiblité de contrôler le pouvoir. Le gouvernement ne tolère aucune liberté aux médias.

Le gouvernement contrôle l’utilisation de l’Internet, arrête régulièrement ceux qui l’utilisent pour critiquer le régime ou même tout simplement pour enregistrer de l’information sur la démocratie. En juillet 2007, le gouvernement verrouille ses mesures répressives contre l’utilisation de l’internet, condamne les sites des « forces réactionnaires ou hostiles ». Les propriétaires des cyber cafés sont requis pour prévenir et dénoncer l’accès des sites interdits, c’est pourquoi l’accès du site de BBC est bloqué par intermittence. Comme l’auteur de ce rapport peut attester, l’accès au site Internet de la BBC connaît des difficultés en dehors des grandes villes. De nombreux Vietnamiens sont arrêtés pour avoir enfreint le code répressif du gouvernement, ils m’ont donné tous ces détails lors de nos rencontres. D’autres, comme Pham Hong Son qui a été libéré le 28 août d’une condamnation de cinq ans pour « espionnage », alors qu’il envoyait par Internet un article sur la démocratie, Nguyên Vu Binh qui purge actuellement une peine de sept ans de prison ferme pour avoir écrit un article critiquant le gouvernement.

Récemment, le décret n. 56/2006/ND-CP définit 2 200 violations de la loi dans le domaine « culture et information », et sanctionne jusqu’à 1 100 £ (une somme hors de portée pour beaucoup de Vietnamiens), quiconque fait circuler des informations « malsaines ».
Fréquemment, il y a des rapports hautement crédibles sur des cas de torture, de détentions arbitraires, de procès non équitables qui sont de régle. Des ONG ont reçu des rapports concernant des officiers de police frappant et utilisant des bâtons électriques avant et après les procès, autorisant des gangs emprisonnés à frapper leurs camarades de prison. L’auteur de ces lignes a vu des suspects frappés par la police à l’exrérieur du bureau de police. 

Une législation de « détention administrative » arbitraire autorise à garder en résidence surveillée jusqu’à deux ans sans procès quiconque est suspecté de « menacer la sécurité de la nation ». C’est le cas courant de ceux qui parlent de démocratie. Avec ce décret de « détention administrative » 31/CP, un citoyen peut être mis en résidence surveillée jusqu’à deux ans pour atteinte à la sécurité nationale sans passer devant un juge.

Rado Tylecote cite de nombreux cas d’atteinte aux droits de l’homme et à la liberté religieuse et conclut (résumé) :

La Commission des droits de l’homme du Parti conservateur soutient entièrement les objectifs du mouvement pour la démocratie, le Groupe 8406 et tous ceux qui luttent pacifiquement pour la liberté, les droits de l’homme et la démocratie.

Il apparaît clairement à la Commission, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement vietnamien, qu’aucun dissident n’agisse au profit de forces ou d’états étrangers. En effet, la souveraineté du Viêt-Nam ne pourra être assurée que quand le peuple est libre d’élire ses propres dirigeants par des élections libres dans un régime multipartiste. (…)

Le fait que le gouvernement du Viêt-Nam continue à dénier au peuple ses droits en tant qu’êtres humains est un affront à la dignité de chaque Vietnamien. Cela doit s’arrêter avec le courage de ceux qui se lèvent pour leurs droits et les droits de leurs compatriotes. (…)

Le respect des droits de l’homme du gouvernement vietnamien est une charade. Le gouvernement britannique et les autres acteurs internationaux devraient :

1. Presser le gouvernement du Viêt-Nam de relâcher les prisonniers de conscience.
2. Presser le gouvernement du Viêt-Nam de cesser toutes formes de répression contre ceux qui plaident pour la démocratie au Viêt-Nam, elles sont pour la plupart illégales selon la Constitution de 1992.
3. Etant donné que le gouvernement du Viêt-Nam sait tacitement l’importance des droits de l’homme dans ses exercices de relations publiques, ses communications et dans la constution de 1992, encourager le gouvernement à s’engager à suivre un calendrier pour une véritable réforme politique, afin que les droits de l’homme puissent être respectés dans les faits comme dans les mots.

Le Viêt-Nam est devant un nouveau chapitre de son histoire.
La grande majorité des Vietnamiens désirent une démocratie multipartiste qui respecte leur droit d’êtres humains. (…)
Le processus de transition vers la démocratie devrait commencer maintenant.

Rado Tylecote, Commission des droits de l’homme du Parti conservateur. Septembre 2006