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VIET NAM infos numéro 39 - 15 déembre 2006


La Première République du Viêt-Nam 


7 mai 1954. La chute de Dien Biên Phu. Après une résistance de 57 jours, le camp retranché de Diên Biên Phu tombe le 7 mai. Les forces françaises étaient dirigées par le colonel de Castries, les troupes communistes commandées par le Général Vo Nguyên Giap. Cette défaite marque le commencement de la fin de la présence française au Viêt-Nam.

4 juin 1954. La France reconnaît le Viêt-Nam comme un “Etat pleinement indépendant et souverain” (traité franco-vietnamien signé à Paris par les deux chefs de gouvernement Laniel et Buu Lôc)

7 juillet 1954. L’Empereur Bao Dai choisit Ngo Dinh Diem comme Premier Ministre à la place du Prince Buu Lôc.

21 juillet 1954. Accords de Genève, où le Général Henri Delteil représente le gouvernement Mendès-France, Ta Quang Buu, la République démocratique du Viêt-Nam (communiste), et Nguyên Quoc Dinh, l’Etat du Viêt-Nam.
Les accords : le Viêt-Nam sera « provisoirement » partagé en deux zones des deux côtés du 17e parallèle, au Nord le Viêt-Nam communiste et au Sud le Viêt-Nam « nationaliste ». Des élections générales seront organisées au bout de deux ans afin de décider de la réunification des deux Viêt-Nam. Outre les protagonistes, la France, la République démocratique du Viêt-Nam et l’Etat du Viêt-Nam, les autres pays participants sont : la Chine, l’Union soviétique, les Etats-Unis, le Cambodge et le Laos. L’Etat du Viêt-Nam refuse de signer les Accords.

Dès sa constitution, le gouvernement Ngô Dinh Diêm est placé devant l’urgence d’organiser l’évacuation des gens du Nord voulant se réfugier dans le Sud.. Le déroulement satisfaisant dans son ensemble de cette opération gigantesque, échelonnée sur 300 jours, démontre les capacités de la nouvelle équipe gouvernementale de Saïgon.

950 000 réfugiés ont été transférés par air et par mer du Nord au Sud. Plus de la moitié est constituée de catholiques. Les Etats-Unis ont participé à l’évacuation des réfugiés par voie maritime.


Mars – avril - mai 1955. Ngô Dinh Diêm hérite d’un Viêt-Nam du Sud où la situation politique est des plus confuses, avec quatre forces armées en présence – les Binh Xuyên assurant la sûreté et la police de Saïgon, les troupes des sectes Hoa Hao et Cao Dai, et l’armée dirigée par le Général Nguyên Van Hinh sous le contrôle du Général Ely, représentant de la France.
Le scepticisme entretenu par le général Collins, l’envoyé spécial du Président américain Eisenhower, à l’égard de l’aptitude de Ngô Dinh Diêm à lutter contre les communistes fragilise beaucoup la position de ce dernier. La seule façon pour Diêm de convaincre les autres et de se sauver lui-même est de montrer sa force et ses capacités en consolidant tout d’abord son contrôle de Saïgon : fermeture du « Grand Monde », l’énorme centre de jeux de Cholon, éviction de Lai Van Sang (Binh Xuyên) du commandement de la Police de la capitale sud-vietnamienne. De Cannes, Bao Dai manifeste son désaccord avec la politique menée par son Premier ministre contre les Binh Xuyên et le convoque à se présenter devant lui. Le docteur Phan Huy Quat se déclare prêt à remplacer Ngô Dinh Diêm avec l’assentiment des Américains, des Français, et de Bao Dai. Diêm tient tête. Pour ce Confucéen, la rupture avec l’ancien régime est consommée. Il obtient l’aide des colonels Duong Van Minh et Trân Van Dôn pour nettoyer Saïgon.

Fin avril, début mai, les derniers combats contre les organisations militaires Binh Xuyên, Cao Dài, Hoa Hao, sont violents mais brefs. Bay Viên, le chef des Binh Xuyên s’enfuit en France. Ba Cut, le chef des Hoa Hao est condamné à mort et exécuté. Le chef spirituel des Cao Dai, le Vénérable Pham Cong Tac, s’exile au Cambodge. 

Le 3 mai, le général Trinh Minh Thê, Caodaïste rallié à Ngô Dinh Diêm, est tué dans des conditions obscures. On soupçonne les Français d’avoir commandité cet « assassinat », mais aucune enquête sérieuse avec preuves à l’appui n’a été faite. Parmi les artisans de la victoire du régime, apparaissent à la lumière du jour le colonel Duong Van Minh et le colonel Nguyên Khanh, deux des présidents à venir de la future 2e République du Viêt-Nam. 

Ngô Dinh Diêm est sorti victorieux de ce chaos en grande partie grâce aux conseils politiques de son frère Ngô Dinh Nhu qui a une attitude intransigeante face à l’Empereur, et au soutien militaire apporté par Edward G. Lansdale, colonel de l’armée de l’Air aux services de la CIA, qui a fait ses preuves aux Philippines.

9 août 1955. Ngô Dinh Diêm déclare que les élections générales pour la réunification prévues par les Accords de Genève n’auront pas lieu « tant que le régime communiste refuse à son peuple le bénéfice des droits démocratiques et des droits de l’homme fondamentaux », et lance la campagne de « dénonciation des communistes» afin de les neutraliser. 

23 octobre 1955. Un référendum est organisé au Sud avec pour résultat 98,2% de voix favorables au détrônement de l’empereur Bao Dai. Ngô Dinh Diêm devient Président de la République du Viêt-Nam le 26 octobre et demande à la France de retirer toutes ses troupes du Sud Viêt-Nam (le dernier soldat français quitte le Viêt-Nam fin avril 1956). Le Viêt-Nam quitte l’Union française.

4 mars 1956. Elections de la première Assemblée nationale. 127 députés sont déclarés élus le 8 mars 1956.

26 octobre 1956. La première constitution de la République du Viêt-Nam est votée. Cette date est considérée comme celle de la naissance de la première république du Viêt-Nam.

1953-1956. Les réformes agraires conseillées par la Chine de Mao ont entraîné des morts brutales et des massacres d’innocents au Nord Viêt-Nam.

1956 Début de la guerre. Les communistes sèment la terreur par des assassinats de fonctionnaires du régime du Sud (plus de 1000 par an, chiffre de 1960). Janvier 1959, déclaration officielle communiste du « Mouvement de soulèvement général (Phong trào dông khoi)». Mars 1959, le Président Ngô Dinh Diêm déclare le pays en état de guerre. 

26 octobre 1956. Soulèvement de Budapest

Mai 1957. Le Président Ngô Dinh Diêm est reçu avec les honneurs à Washington. Le Président Eisenhower promet l’aide américaine pleine et entière au Sud Viêt-Nam pour combattre les communistes. Le Président de la République du Viêt-Nam est reconnu par les Etats-Unis comme le seul interlocuteur valable malgré sa croissante impopularité.

Avril 1960. Des hommes politiques de renom, Trân Van Van, Phan Khac Suu, Trân Van Tuyên, Trân Van Huong, Phan Huy Quat …signent une lettre ouverte rendue publique à l’hôtel Caravelle (Manifeste Caravelle). Par cette déclaration, ils demandent au Président Diêm de réviser sa politique. Des signataires sont tout de suite jetés en prison. Trân Van Dô, ancien ministre des Affaires étrangères du premier gouvernement Ngô Dinh Diêm et oncle de Mme Ngô Dinh Nhu, l’épouse du conseiller et frère du Président, connaît le même sort que ses co-signataires.

11 novembre 1960. Coup d’Etat raté du groupe Nguyên Chanh Thi-Vuong Van Dông

19 décembre 1960. Le Front de libération du Sud Viêt-Nam est créé à Tây Ninh. Le président en est Nguyên Huu Tho, un avocat du Sud, mais les véritables dirigeants sont des hauts cadres du Parti : Huynh Tân Phat, Nguyên Van Hiêu, Trân Buu Kiêm. Dans sa déclaration au peuple, le Front de libération se fixe comme objectif premier le renversement du régime dictatorial de Ngô Dinh Diêm, puis de construire un Sud Viêt-Nam indépendant, démocratique et neutre.

Octobre 1961. Le Président Ngô Dinh Diêm déclare l’état d’urgence. L’opposition est réprimée. 

8 février 1962. La Mission d’Aide militaire américaine installe son QG à Saïgon.

23 juillet 1962. Conférence de Gevève sur le Laos. qui devient un pays neutre. Le Pathet Lao dirigé par Souphanouvong, un pion de Pékin, entre dans le gouvernement de coalition et fournit en toute « légalité » l’aide aux Nord-Vietnamiens dans le transfert des hommes et des armes vers le Sud. La neutralisation du Laos consttitue un échec grave pour les Etats-Unis.

27 février 1962. Deux pilotes tentent de bombarder le palais de l’Indépendance où vivent et travaillent le Président Ngô Dinh Diêm et son frère, le consei-ler Ngô Dinh Nhu.

Mai 1963. Manifestations des bouddhistes à Huê. Après les « réjouissances » catholiques pour célébrer les 25 ans de l’ordination de l’archévêque Ngô Dinh Thuc, le frère aîné du Président, les autorités de Huê font interdiction aux Bouddhistes de déployer les drapeaux bouddhiques pour célébrer la naissance du Bouddha le 7 mai. Le gouvernement prend de graves mesures de répression. A la pagode Xa Loi (Saïgon), des troupes ont tiré et tué. 

11 juin 1963. Immolation par le feu en public du vénérable Thich Quang Duc, pour protester contre le régime dictatorial du Président catholique Ngô Dinh Diêm. D’autres immolations suivront. La photo du corps enflammé de Thich Quang Duc est dans toute la presse mondiale. Les Etats-Unis lâchent Ngô Dinh Diêm et sa famille.

7 juillet 1963.Suicide de l’illustre écrivain Nhât Linh Nguyên Tuong Tam qui n’avait pas voulu s’expliquer devant les tribunaux sur son engagement supposé dans des complots contre le régime. Une foule immense pleure la mort de l’écrivain lors de ses funérailles dans la capitale sud-vietnamienne.

1-2 novembre 1963. Coup d’état dirigé par les généraux Duong Van Minh, Trân Van Dôn, Ton Thât Dinh, Lê Van Kim, Mai Huu Xuân. Le Président Ngô Dinh Diêm et son frère Ngô Dinh Nhu sont abattus. Un Conseil militaire révolutionaire est formé. Le général Duong Van Minh en assure la présidence. La Constitution de la Première République est abolie. Un conseil de 70 personnalités civiles est créé, qui comprend les 18 signataires du manifeste Caravelle. Toutes les religions sont représentées… Mais les généraux sont incapables de se détacher de leurs intérêts et conflits personnels pour diriger le pays. Les personnalités politiques civiles sont systématiquement écartées du pouvoir.

22 novembre 1963. Le Président Kennedy est assassiné à Dallas.

30 janvier 1964. Coup d’Etat du Général Nguyên Khanh et un groupe de généraux, parmi lesquels le général Trân Thiên Khiêm. Des généraux de l’ancienne direction (Ton That Dinh, Le Van Kim, Mai Huu Xuân), accusés de vouloir neutraliser le Sud en suivant les idées de de Gaulle, sont arrêtés et emmenés à Dalat.


Ngô Dinh Diêm ou
L’échec fatidique d’un patriote

 

Bui Xuân Quang


Ngô Dinh Diêm a pris les rênes du pouvoir à un moment délicat, tout juste après la défaite française de Diên Biên Phu et un peu avant la signature des Accords de Genève. Le choix de Bao Dai de remplacer le Prince Buu Lôc par Ngô Dinh Diêm était sûrement bien réfléchi : le temps du régime colonial français étant clos, Ngô Dinh Diêm, confucéen de culture et de tradition mandarinale, ne pouvait désobéir au « fils du Ciel ». Le nouveau Premier Ministre, qui jouïssait d’une certaine confiance des Américains, ferait parfaitement la transition vers une future protection américaine.

Mais Ngô Dinh Diêm n’était pas seulement confucéen, il appartenait aussi à la communauté catholique deux fois centenaire du nord du Centre Viêt-Nam, toujours hantée et fortifiée dans son esprit par le sang des martyrs. Tout au long de sa présidence, on a pu noter la dualité du personnage engendrée par cette double appartenance.

Quels ont été les rapports de Ngô Dinh Diêm avec son frère aîné, Ngô Dinh Thuc, l’Archevêque de Huê, et avec son cadet, Ngô Dinh Cân qui administrait d’une main de fer la région du Centre ? Cela demeurait un mystère, même pour ceux qui étaient assez proches de la famille Ngô Dinh. Mais l’association entre le Président Diêm et son autre frère, le conseiller Nhu, était encore plus complexe. Nhu n’avait pas la formation traditionnelle de Diêm. Ancien élève de l’Ecole des Chartes, il était imprégné de la culture de la revue Esprit et du personnalisme d’Emmanuel Mounier, philosophe catholique français décédé en 1950, à peine quelques années avant la descente de Nhu dans l’arène politique du Viêt-Nam. Ngô Dinh Nhu avait donc le désir d’appliquer au Viêt-Nam cette « idéologie » teintée de christianisme dont lui seul, et peut-être quelques intellectuels catholiques de formation française, saisissaient les contours. (Jean Marie Domenach, ancien directeur de la revue Esprit, pensait que le « personnalisme » de Mounier était d’abord une « matrice philosophique » et nullement une idéologie ou un système de gouvernement. Selon Jean Lacroix, compagnon d’Emmanuel Mounier, le personnalisme est une anti-idéologie)

Ngô Dinh Diêm pensait certainement que son pays devrait tourner une nouvelle page de son histoire, que le confucianisme n’avait pas fait ses preuves devant le colonialisme français, qu’une « idéologie » chrétienne de l’après-guerre, le personnalisme, pourrait remplir son rôle de contrer le marxisme. Pour ce qui est de « l’idéologie », nous n’avons aucune preuve de l’adhésion totale de Ngô Dinh Diêm au personnalisme d’Emmanuel Mounier tel qu’il était expliqué par Nhu au peuple vietnamien. Il faisait simplement confiance à son frère Nhu. Et il faisait confiance à Mounier. L’un est son frère, l’autre est un philosophe catholique.

Il reste néanmoins que l’erreur principale réside dans l’idée de vouloir greffer une philosophie fondée sur l’élévation de la personne dans une société où la communauté remplit déjà tous les rôles, et essentiellement celui de maintenir un certain équilibre. Ngô Dinh Nhu avait-il l’espoir secret de voir le christianisme remplacer le confucianisme comme le faisait le bouddhisme à l’époque des Trân au XIIIe siècle ? Connaissant la sensibilité du peuple vietnamien, il aurait pu imaginer que l’habit porté par les jésuites et autres missionnaires jusqu’à une époque récente pourrait faire penser à la tunique du lettré vietnamien. Par faiblesse ou avec intention, Nhu avait-il laissé sa femme, « Mme Nhu », se comporter d’une façon exagérément occidentale et insensée ? Cette dame, « Mme Nhu », donnait une image fausse de la politique de Ngô Dinh Diêm. C’est vrai que les médias occidentaux dans la foulée de l’antiaméricanisme ambiant exploitaient le moindre fait et geste de « Mme Nhu ». Sa façon de s’habiller, son lancement de la nouvelle tunique traditionnelle sans col qui portait son nom, et ses remarques vraies ou fausses sur le suicide des bonzes etc. (Pour vous donner une idée, les talons aiguilles de Mme Ségolène Royal lors de sa visite aux bidonvilles du Chili auraient pu faire couler cette dernière aux primaires socialistes de novembre 2006, si elle portait le nom de « Mme Nhu » et si on était en 1963 au Viêt-Nam).

La démarche politique adoptée par Ngô Dinh Nhu pour le Viêt-Nam était très théorique. Outre les contradictions signalées précédemment, le peuple du Sud avait été complètement ignoré dans ses habitudes et traditions. Ngô Dinh Diêm, moins intellectuel, moins ouvert vers l’Occident, plus confucianiste (on racontait que Diêm, alors Premier ministre, avait voulu aller en France se présenter devant l’Empereur Bao Dai lorsque ce dernier le convoqua en 1955 mais que Nhu l’en avait dissuadé), mais aussi profondément plus catholique et obéïssant, laissait son grand frère l’Archevêque de Huê, Ngô Dinh Thuc, mener une politique anti-bouddhiste qui allait précipiter la chute du régime.

On reprochait à Ngô Dinh Diêm d’avoir laissé passer plusieurs grandes occasions de rassemblement de toutes les forces religieuses, intellectuelles et militaires du pays, comme lors de la naissance de la première République du Viêt-Nam (1956), puis lors de la rédaction du Manifeste Caravelle (1960) par ses opposants. Mais Ngô Dinh Diêm était un patriote et un produit de son époque. En se battant sur plusieurs fronts à la fois, en voulant construire la Nation vietnamienne sur une nouvelle « idéologie », en ne comptant que sur ses proches du Centre Viêt-Nam, puis uniquement sur sa famille et quelques derniers flatteurs, il ne pouvait que s’enfermer au et fur à mesure dans une mortelle dictature. Ngô Dinh Diêm était pris entre le marteau du modernisme aventureux de son jeune frère Nhu et de l’enclume du catholicisme peu ouvert de son grand frère l’Archevêque Thuc. On peut imaginer qu’il se sentait plus proche de Hô Chi Minh que de J.F. Kennedy. Avait-il été éliminé parce qu’il désirait négocier avec le Nord, parce qu’il refusait l’intrusion des Américains dans une guerre fraticide ? En fait, il était seul. En tant qu’homme, on lui reconnaissait des qualités mais en tant qu’homme d’Etat, il avait bien des faiblesses.

Après la mort du président Ngô Dinh Diêm et celle de son conseiller et frère Nhu, l’unité de l’opposition n’allait durer que l’espace de quelques jours. Phan Huy Quat, autre patriote et homme de qualité, qui, selon l’Empereur Bao Dai, aurait dû être Premier ministre à la place de Ngô Dinh Diêm en 1955 et qui avait signé le Manifeste Caravelle, n’allait, lui, être Premier Ministre du Président Phan Khac Suu que pendant 4 mois en 1965, le temps d’autoriser les Américains à débarquer en masse au Viêt-Nam (mars 1965) et de se faire remplacer ensuite par le désormais tristement célèbre général Nguyên Cao Ky. 




Bui Xuan Quang