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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 1 - 15 juillet 2002

Déficit commercial

Le déficit commercial a presque doublé durant les six premiers mois de cette année. Le déficit commercial du Viêt-Nam s'établit pour le premier semestre 2000 à 677 millions de dollars correspondant à une augmentation de 191,8 % par rapport à la même période l'année dernière.

Exportation : pétrole brut, riz, produits maritimes, produits artisanaux... pour un montant total de 6,427 milliards de dollars (progression de 26,2%)

Importation : carburant, automobiles, motocyclettes, produits de consommation... pour un montant de 7,104 milliards de dollars (progression de 32,9%)

Viêt-Nam/Etats-UnisRelations Economiques

1995

28/01, accord permettant l'ouverture de bureaux de liaison à Hanoi et à Washington.

06/08, reprise des relations diplomatiques avec les Etats-Unis

1996

Début des négociations entre Hanoi et Washington pour que le Viêt-Nam ait le Statut de relations commerciales normales avec les USA.

Délégation américaine conduite par Joe Damond, celle du Viêt-Nam par Nguyên Dình Luong avec Nguyên Tan Dung. Les pourparlers se déroulent à Hanoi et à Washington.

Le processus se heurte à la loi Jackson-Vanick interdisant le gouvernement américain de faire commerce avec les pays ennemis des Etats-Unis. Ainsi, chaque année le président doit lever les restrictions de cette loi pour le Viêt-Nam.

1999

Juillet, le traité est paraphé par les deux parties, en attendant la signature officielle et solennelle des deux gouvernements.

Septembre, lors du Sommet de l'APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) à Auckland, Nouvelle Zélande, les conseillers du Président Bill Clinton prévoient la date du samedi 11/09 pour la cérémonie de la signature du traité par Bill Clinton et Phan Van Khai.

Quelques jours auparavant, Hanoi annonce son refus de signer et demande à renégocier, car certaines clauses sont "inéquitables" pour le Viêt-Nam.

Phan Van Khai déclare plus tard que le traité n'est pas accepté par le Bureau politique.

Selon des sources proches du Bureau politique, Do Muoi (82 ans à l'époque), en tant que conseiller, est farouchement contre.

2000

Début 2000, Charlene Barshefski, représentante du Commerce des Etats-Unis, adresse une lettre à Hanoi demandant la raison du refus vietnamien et avertit que le temps des pourparlers est limité.

28/01, Remaniement gouverne-mental à Hanoi. Vu Khoan remplace Truong Dinh Tuyên au poste de ministre du Commerce extérieur.

Mars, réponse de Hanoi à Barshefski, donnant les raisons du refus vietnamien. Le contenu exact de cette correspondance n'est pas connu (à la demande de Hanoi).

Les Américains font savoir à Hanoi qu'ils n'acceptent pas de renégocier le traité en entier. Par contre, ils sont prêts à clarifier certains points.

17/05, Charlene Barshefski invite Vu Khoan à Washington.

Début juin, lors de son voyage à Tokyo, Vu Khoan refuse de dire à la presse s'il accepte ou non l'invitation. Il semble attendre la décision du Bureau politique.

Mi-juin, Hanoi semble accepter l'invitation. Vu Khoan ira à Washington en juillet prochain, mais la date exacte n'est pas encore connue du public.

Prochaine rencontre UE-ASEAN

Les directeurs des ministères des Affaires étrangères des quinze pays de l'Union européenne et des dix pays de l'ASEAN se sont réunis, le 26.06.2000 à Estoril (Portugal) afin de préparer la prochaine rencontre au niveau ministériel de UE-ASEAN qui se tiendra avant la fin de l'année en Asie avec la présence de la Birmanie, état banni il y a encore quelques jours par l'Union européenne à cause de ses graves problèmes de droits de l'Homme. Si les recettes de l'économie peuvent paraître simples au premier venu : on peut tout vendre, (même son âme ?), personne ne connaît la méthode radicale pour éliminer une dictature (voir le cas de Cuba), mais cette hésitation, ce changement d'attitude, ces contorsions de moraliste risquent d'amenuiser un peu plus le peu de crédit moral que possèdent encore, peut-être, les politiques.

Démocraties à venir

26 juin 2000. Les chefs de la diplomatie de plus de cent pays se sont réunis à Varsovie pendant deux jours pour une conférence qui a pour nom : Vers une communauté des démocraties.

C'était à l'origine une idée commune de Brosnislaw Geremek, ministre polonais des Affaires étrangères et de Madeleine Albright, secrétaire d'Etat américain. Les pays co-organisateurs, la Pologne, les Etats-Unis, l'Inde, la République tchèque, la Corée du Sud, le Chili et le Mali, ont choisi d'éliminer certains pays dirigés par un régime totalitaire ou dictatorial comme la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Iran ou le Viêt-Nam et de laisser la porte ouverte à des Etats ayant montré des efforts dans la marche vers la démocratie, comme la Russie, l'Algérie, l'Indonésie.

Taiwan, modèle de démocratie pour l'Asie avec des élections présidentielles démocratiques en mars, a été "oublié" pour ne pas toucher à la susceptibilité de la Chine.

Cette conférence sans précédent et de haut niveau s'achève par l'adoption d'une Déclaration de Varsovie qui affirme le caractère universel de la démocratie :

Les pays participants reconnaissent le droit de chacun à la liberté d'opinion et d'expression, y compris dans les échanges d'idées et d'informations par les médias sans qu'il y ait de frontières. Ils y proclament leur volonté d'encourager les dirigeants politiques à promouvoir les valeurs de la tolérance et du compromis, à la base des systèmes démocratiques efficaces, et à respecter le pluralisme.

La Pologne qui a joué un rôle de détonateur dans l'implosion causant la chute du communisme en Europe de l'Est veut désormais contribuer à l'assainissement politique à l'échelle planétaire. Cette ambition semble ne pas être démesurée car l'approbation a été quasi générale.

Ainsi les pays de l'Asie qui prétendent inventer une démocratie "asiatique" sont directement visés. La Birmanie d'abord, puisque Mme Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, figure principale de l'opposition birmane, a été invitée à envoyer un discours préenregistré sur cassette vidéo, mais aussi la Chine puisque le dissident Wei Jingsheng a participé à l'intervention de Mme Aung San Suu Kyi.

Dixième et nouveau plénum du PCV

Dixième et nouveau plénum du PCV consacré aux problèmes socio-économiques et à la lutte interne (préparation du 9e congrès et de la mainmise de Lê Kha Phiêu?)

Les 170 membres du comité central discutent d'une probable nouvelle orientation de l'économie et surtout de la renégociation d'un accord commercial avec les Etats-Unis.

Lê Kha Phiêu devra profiter de sa diplomatie tout azimut (Chine, France, Italie) pour tenter de s'imposer comme chef de parti et chef d'Etat.

La Thailande avance

Le 21 juin 2000, lors d'un colloque sur l'avenir de l'ASEAN, à Bangkok, le vice-ministre thailandais des Affaires étrangères Sukhumbhand Paribatra a déclaré que les pays du Sud-Est asiatique, devant les difficultés qu'a connues l'Asie ces dernières années et devant l'évolution de la diplomatie internationale, doivent abandonner le principe de non-ingérence sous peine de manquer leur intégration régionale. La Malaisie dont le Premier ministre, Mohamad Mahathir, est le porte-parole des "valeurs asiatiques", n'a pas été invitée à la conférence "vers une communauté des démocraties" de Varsovie. Comme la Birmanie, comme le Viêt-Nam. Le numéro deux de la diplomatie thailandaise exprime pour la première fois la peur de son gouvernement de voir quelques mauvais éléments immobiliser toute l'ASEAN.

Il est bien entendu que le numéro deux n'est pas le numéro un. Ceci n'est qu'une approche, mais elle touche au principe fondateur de l'ASEAN : la non-ingérence. L'idée a-t-elle été "suggérée" de l'extérieur?

L'ASEAN fondée en 1967 regroupe dix nations : le Brunei, l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thailande, le Viêt-Nam (depuis 1995), la Birmanie et le Laos (1997) et le Cambodge (1999).

Parapluie idéologique

Il est confirmé que Hanoi se place sous la protection idéologique (politique, économique?) de Pékin, selon le Far Eastern Economic Review daté du 15 juin 2000. Les 13 et 14 juin derniers un "séminaire sur l'idéologie" a été organisé à Pékin par l'Académie chinoise des Sciences sociales à la demande du secrétaire général du Bureau politique du PCV, Lê Kha Phiêu. Selon la même source, Lê Kha Phiêu a déclaré que le Viêt-Nam réussirait avec la Chine ou tomberait avec elle (lire l'article de Nayan Shanda dans FEER du 22.6.2000 p.32).

La réflexion à haute voix de Lê Kha Phiêu est étonnante à tout point de vue. D'abord parce qu'elle vient du dirigeant d'un pays qui a toujours considéré l'indépendance comme un objectif ancestral, surtout vis-à-vis des Chinois qui se comportaient dans le passé comme des maîtres naturels de toute l'Asie. (On peut se demander comment M. Lê Kha Phiêu a négocié les frontières avec ses maîtres chinois ). Ensuite, elle montre au grand jour le côté "dernière carte", le manque de conviction et d'initiative d'un régime pris au piège de l'histoire.