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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 10 - 15 janvier 2002

 

Chiffres et statistiques


Croissance de 6,8% en 2001. Selon une estimation officielle, le produit intérieur brut du Viêt-Nam a augmenté de 6,8% en 2001. Selon les statistiques officielles du gouvernement, le Viêt-Nam a enregistré une croissance économique moyenne de 7% au cours des années 1996-2000.

Le Viêt-Nam obtient une bonne note de la part du Fonds monétaire international (FMI). La direction du FMI estime que le Viêt-Nam a réalisé des "performances économiques favorables" avec une augmentation du produit intérieur brut (PIB) de 4,7%, et demande au pays des "efforts supplémentaires pour promouvoir l'activité du secteur privé et les investissements supplémentaires directs". Le FMI a aussi souligné la "fragilité de la position budgétaire du Viêt-Nam" avec un déficit de l'ordre de 2,9 % du PIB en 2001 contre 2% en 2000.

Un journal économique de Hô Chi Minh Ville (Thoi bao kinh tê Sai Gon) signale que de nombreuses entreprises d'Etat sont au bord de la faillite, mais l'Etat n'est nullement au courant. Ces entreprises déficitaires préfèrent s'associer à d'autres entreprises étatiques en bonne santé au lieu de se déclarer en faillite. Ce qui amène une situation malsaine pour l'économie du pays.

Légère hausse du nombre des touristes. Le Viêt-Nam a accueilli 2,3 millions de touristes étrangers en 2001 contre 2,1 millions en l'an 2000. Soit une hausse de 8%. Le nombre de touristes étrangers visitant le Viêt-Nam reste "largement inférieur" aux autres pays de la région, par manque d'infrastructures aux normes internationales, et de la médiocrité des services touristiques. A partir de janvier 2002, les étrangers n'ont plus à payer deux fois le prix normal pour les trains, mais pour les liaisons aériennes il faut encore attendre.

Le Viêt-Nam enregistre un déficit commercial de 900 millions de dollars en 2001, soit une légère hausse par rapport aux 892 millions de déficit de l'année dernière. Les exportations ont augmenté de 4,5% à 15,1 milliards de dollars, les importations ont progressé de 2,3 % à 16 milliards de dollars.

Les plus fortes exportations : fruits et légumes (+42,9%), les produits maritimes (21,7%), le charbon (15,3%), les textiles (5,7%). Les plus fortes importations : automobiles (84,4%), l'acier (33%), le coton (31,6%), les produits chimiques (19,9%), les machines et équipements (5,2%). 

En 2001, le Viêt-Nam a exporté 16,7 millions de tonnes de pétrole brut (+4,8%) et 1,69 milliard m3 de gaz. Pour le riz, Le Viêt-Nam, deuxième exportateur mondial (après la Thaïlande), voit son chiffre d'affaires chuter de 10% (à 460 millions de dollars). Le prix du riz est tombé de 40% depuis 1996.

Les Vietnamiens de l'étranger dont la majorité réside aux Etats-Unis ont investi pour 90 millions de dollars à Ho Chi Minh Ville en 2001. On compte à leur actif 33 projets " étrangers " d'investis-sement et la création de 476 sociétés "vietnamiennes". Le montant total de change s'élève à 2,5 milliards de dollars et 2000 kg d'or. Pour les 6 premiers mois de 2001, les Vietnamiens de l'étranger ont envoyé au pays 430 millions de dollars. Cependant, aucun des Viet-namiens de l'étranger n'a encore profité de l'arrêté 81 qui permet aux Vietnamiens résidant à l'étranger d'acheter des propriétés à leur propre nom.

Après la ratification de l'accord commercial bilatéral vietnamo-américain, Vietnam Airlines a signé en décembre dernier l'achat de quatre Boeing 777-200ER pour plus de 400 millions de dollars.


Viêt-Nam/France : toutes les conditions sont réunies ?


Selon l'agence officielle vietnamienne AVI, la France est le premier partenaire non asiatique du Viêt-Nam; parmi les pays occidentaux, c'est aussi son premier bailleur de fonds, citant l'ambassadeur français Antoine Pouillieute. Selon notre ambassadeur, en ce qui concerne les relations Viêt-Nam-France, "toutes les conditions sont désormais réunies, il faut travailler. L'aide au développement n'est ni de l'assistance, ni de la charité". Lors de la dernière réunion des bailleurs de fonds, en décembre dernier à Ha-Nôi, la France s'est engagée à accorder au Viêt-Nam un volume d'aide de 106 millions d'euros pour 2002, en augmentation de 34%. Sur le plan d'investissement étranger direct, la France occupe la 6e place parmi les investisseurs au Viêt-Nam avec un total de 2,057 milliards de dollars. Les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 1,066 milliard d'euros en 2000, dont 762 millions d'euros d'exportations vietnamiennes (source AVI)

Michel Pelchat, sénateur de l'Essonne, a écrit à M. Oudin, président du Groupe sénatorial France-Vietnam en ces termes:

"Mon souhait et ma nomination en tant que représentant des sénateurs Républicains et Indépendants pour participer au déplacement au Vietnam, en janvier prochain, du groupe d'amitié sénatorial France-Vietnam témoignaient de mon intérêt pour ce projet. Je suis aujourd'hui dans l'obligation de renoncer à cette mission officielle et de vous informer de ma décision pour les raisons suivantes : alors que l'utopie com-muniste s'est évanouie avec l'effrondement du régime soviétique, le gouvernement vietnamien nargue le temps. Quand un régime néfaste s'est survécu à lui-même, qui ne souhaite pour lui une paisible et rapide dissolution? Qui ne frissonne quand, dans le présent, s'appuyant sur la terreur pour se perpétuer, il tyrannise toujours son peuple qui lui conteste sa légitimité, mais surtout son efficacité pour le bien de la communauté…"


Présence japonaise

Mercredi 9 janvier, le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a quitté Tokyo pour une tournée d'une semaine dans cinq pays de l'ASEAN (Philippines, Malaisie, Thaïlande, Indonésie et Singapour). A la veille de son départ, M. Koizumi a déclaré : "Je voudrais m'efforcer de trouver une nouvelle forme de coopération entre le Japon et l'ASEAN". Rappelons qu'en novembre dernier, la Chine et l'ASEAN ont annoncé leur souhait de créer dans 10 ans, une zone de libre échange pour un marché de 2 milliards de consommateurs. Après la Chine qui a reçu une aide économique du Japon de 1,6 milliard de dollars (en prêt à taux réduit), les Philippines ont reçu une aide de 962 millions de dollars, l'Indonésie 740 millions de dollars et le Viêt-Nam 529 millions de dollars.

Il semble qu'en plus de la puissance économique, M. Koizumi a trouvé "l'exception politique japonaise en Asie" : le Japon veut jouer un rôle dans la réconciliation nationale pour la démocratisation en Birmanie (prémices de discussion entre la junte militaire de Rangoon et la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Aung San Suu Ky 

Un petit coup de pouce pour le PCV?

Une dépêche bien curieuse de l' agence officielle AVI : "Des communistes vietnamiens à la conférence internationale sur le développement agricole". "Une délégation du Parti communiste du Vietnam conduite par le vice-président de la Commission de l'Economie du Comité central du Parti, M. Nguyen Tan Trinh, a assisté à la conférence internationale sur le développement agricole des pays en développement, récemment organisée à Calcutta. Lors de la conférence de quatre jours, les communistes vietnamiens sont intervenus sur le thème "Résolution des rapports agraires dans le processus de développement rural sous la direction du Parti communiste du Vietnam"."Des questions viennent immédiatement aux esprits les plus naïfs : Le communisme international s'intéresse-t-il au développement rural? Les communistes vietnamiens recommencent-ils leur Jeu de l'Oie avec le monde paysan comme case de départ? Les paysans qui manifestent depuis des mois à Ha Nôi ne sont-ils pas concernés par le développement rural? Ainsi M. Nguyên Tân Trinh, vice-président du CC du Parti représente le PCV, alors que Nông Duc Manh, Phan Van Khai, Trân Duc Luong représentent l'Etat vietnamien et non le PCV? Pourquoi on ne lit jamais dans les dépêches officiel quelque chose comme :"des communistes vietnamiens sont allés aux Etats-Unis…"? Va-t-on assister progressivement à une démonstration de l'intérêt croissant du PCV pour le monde rural? Le danger vient aussi de là ! Montagnards, religieux, intellec-tuels, paysans, unissons-nous?


Paysans, la grande colère

Le 17 décembre, plus de trente paysannes de tout âge ont manifesté devant les bâtiments officiels, ministère des Affaires étrangères, dans la rue Diên Biên Phu, rue Chu Van An, face au mausolée de Hô Chi Minh. Elles venaient des régions du Sud, Dông Nai, Sông Bé, Binh Luong pour demander justice, pour dénoncer les autorités communistes de leur région qui leur ont volé leurs terres.

Devant le bureau du PCV réservé à l'accueil du peuple, (1 rue Mai Xuân Truong) des centaines de paysans des régions du Nord proches de Ha-Nôi comme Bac- Ninh, Nam-Dinh, Hà-Dông viennent déposer des plaintes contre des responsables communistes. 

Des paysans vont jusqu'à cerner le domicile de Nông Duc Manh, secrétaire général du PCV au 66 rue Phan Dinh Phung, pour faire valoir leurs droits. On remarque que la police et les forces de la Sécurité cherchent à éviter tout conflit avec les manifestants.

***

L'affaire qui démontre l'étrange comportement du Bureau politique du PCV

Bùi Tin

Les faits : au mois de juin de l'année dernière, juste après le IXe Congrès, Dô Viêt Son, "78 ans de vie et 54 ans de Parti", a pris l'initiative d'adresser une lettre ouverte, interpellant les dirigeants du Parti et de l'Etat, sur la teneur de deux nouveaux traités signés fin 1999 et fin 2000 concernant les nouveaux tracés frontières terrestres et maritimes, dans lesquels le Viêt-Nam aurait fait beaucoup de concessions à la Chine. M. Dô Viêt Son demande à M. Nguyên Van An, président de l'Assemblée, de ne pas ratifier les traités en question.

La lettre ouverte de Dô Viêt Son reste sans réponse. Ha-Nôi a fait passer pourtant un décret spécifiant que le gouvernement, à tous les échelons, doit répondre à toutes les questions et interpellations des citoyens.

Un juriste hanoïen de 30 ans, Lê Chi Quang, a signalé, sur Internet, les zones d'ombre de ces traités et critique les secrets qui entourent leurs négociations, leur teneur, et leur signature. Lê Chi Quang fut convoqué immédiatement par la police, harcelé deux semaines durant puis accusé du terrible crime de "fabrication de fausses nouvelles portant atteinte à la sécurité nationale".

Réaction de 20 personnalités politiques et intellectuelles du Nord au Sud, le général Trân Dô, ancien vice-président de l'Assemblée nationale, Hoàng Minh Chinh, ancien recteur de l'Institut de philosophie, le colonel Pham Quê Duong, ancien rédacteur en chef de la revue Histoire de l'Armée populaire, Nguyên Thanh Giang, géophysicien, le général Nguyên Ngoc Diêp, le vétéran Trân Dung Tiên…ont demandé aux députés de ne pas ratifier les traités de frontières Chine-Viêt-Nam, par lettre ouverte datée du 18 novembre 2001.

Les auteurs de la lettre ouverte signalaient que la borne n.1 qui jusqu'ici marque la porte Nam Quan (porte de Chine) a été déplacée de 1 à 2 km à l'intérieur du Viêt-Nam, que les limites du Golfe du Tonkin ont été redéfinies selon les proportions 53%-47% alors que depuis 1885, selon le traité Patenôtre entre la France et la Chine, ce partage était de 62% pour le Viêt-Nam et 38% pour la Chine. Ainsi, le Viêt-Nam vient d'offrir à la Chine des milliers de km2 de mer territoriale.

Tout le long de la dernière session de l'Assemblée nationale, aucun des députés n'a soufflé mot sur le problème de ces traités. Personne, depuis les membres du Parti jusqu'aux journalistes, personne n'était en mesure d'affirmer si l'Assemblée nationale avait ratifié ou non ces fameux traités. C'était le silence absolu.

Soudain, le 20 décembre dernier, l'organe du Parti, le Nhân Dân, annonce que le bornage aura lieu aux alentours des derniers jours de l'année. Cette opération mettra en place environ 1500 bornes et durera près de 3 ans. Donc, les dirigeants du Parti ont bien bradé les territoires de nos ancêtres, ont laissé à la Chine des milliers de territoires maritimes avec leurs grandes richesses aquatiques et pétrolières. Et les traités étaient bien ratifiés dans le dos du peuple.

Nouvelle lettre ouverte adressée au Comité central, au gouvernement, à l'Assemblée nationale, signée par onze personnalités parmi les 20 signataires de la première lettre, demandant une session particulière et urgente de l'Assemblée nationale pour que la direction du Parti explique au peuple les détails et raisons de ces accords sino-vietnamiens. Mais comme d'habitude, le Parti n'a aucun respect pour le peuple. Pas de réponse de la part des dirigeants.

Nous constatons donc :

- Le fait que la Chine est largement avantagée dans lesdits traités ne fait que traduire la cruelle réalité : la tendance conservatrice prévaut dans la ligne politique des relations internationales du PCV. Le PCV considère le Parti communiste chinois comme l'allié principal, comme jadis le Parti communiste soviétique. Parti frère (et vénéré), même base théologique marxiste léniniste, même régime à parti unique. Quant à l'intégration dans la communauté internationale, elle se fera sans hâte, à tout petits pas pour ne pas tomber dans le piège de l' "évolution pacifique" "tendu par l'Occident"(!). Certains hauts fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères confirment qu'ils ont fait l'objet de "terribles pressions", que Jiang Ze Ming a fait dire à Lê Kha Phiêu, alors premier secrétaire du Parti, que les traités devaient être impérativement signés avant fin 1999 et 2000. Les délais étant imposés, comment les négociations n'auraient-elles pas été bâclées?

Les discussions sur les îles Paracels et Pratley ont été exclues des débats. La Chine a donc conquis ces îles par la force en 1974 et 1988.- Ni le Comité central, ni le Congrès du Parti n'ont été au courant de rien. Le bureau politique a tout décidé. En secret. La discipline est de rigueur. Tout est à mettre sur le dos de la stabilité politique.
Pour les Vietnamiens, l'intégrité territoriale est sacrée. Des voix se sont élevées. Le Parti communiste vietnamien risque une crise politique grave. Le procès d'opinion a déjà commencé. On cite des noms. A cause de cette affaire, le Parti communiste vietnamien ne saurait prétendre à une quelconque légitimité.