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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 13 - 15 juillet 2002

Actualité

Derniers chiffres

31 mai 2002. La Banque Mondiale a annoncé l'octroi au Viêt-Nam d'un prêt de 200 millions de dollars. Ce prêt servira à financer les projets de développement des régions rurales. Il a une durée de 40 ans et comporte une "période de grâce" de dix ans.

21 juin 2002. Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé le déboursement d'un prêt de 53 millions de dollars pour le Viêt-Nam. Ce prêt s'inscrit dans un cadre de crédit de trois ans accordé en avril 2001 au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance. Jusqu'à présent le Viêt-Nam a reçu 106 millions de dollars au titre de cette ligne de crédit.


24 juin 2002. Vietnam Airlines a entamé des négociations pour l'achat de cinq airbus A-321 dans les prochains mois pour un montant de 220 millions d'euros. En décembre dernier, Vietnam Airlines avait déjà signé avec Boeing un contrat sur l'achat de quatre Boeing 777- 200 ER.

Durant les six premiers mois de l'année, le Viêt-Nam a enregistré une hausse de 13,9% de sa production industrielle à 8,3 milliards de dollars. Les entreprises étatiques qui représentent 42% de la production industrielle ont accusé une hausse de 11,2%, les entreprises à capitaux étrangers (30%) ont connu une hausse de 13,7%, selon le Département général des statistiques officiel. Selon le même organisme, le déficit commercial du Viêt-Nam a enregistré une forte hausse pour la même période,1,154 milliard de dollars. Fortes baisses : exportations du café (-45,6%), des légumes et fruits (-43,6%), des pièces électroniques (-28,4%), du brut
(-16,7%). Fortes hausses : importations de tissus (+313,4 %), des pesticides (+38,3%), des engrais (+29,6%), d'automobiles (+ 26,1%), des produits chimiques (+ 23,3%), des équipements et ma-chines (16,9%). Le déficit commercial du Viêt-Nam s'était établi à 900 millions de dollars en 2001, 892 millions de dollars en 2000 et 113 millions de dollars en 1999.

Le tourisme a augmenté de 10 % par rapport à 2001. De janvier à juin 2002, 1,27 millions de touristes ont visité le pays. Les premiers sur la liste sont japonais, chinois, taiwanais et sud-coréens. Les plus fortes augmentations viennent de la Malaisie, de la Corée du Sud, de la Suède, de la Thaïlande, du Japon, et des Pays-Bas. 

Les investissements baissent de 26% pendant les cinq premiers mois de 2002. D'après le Bureau officiel des statistiques, le nombre de licences, 209, est en augmentation, par contre, le montant total des capitaux investis est en baisse. Sur les 394 millions de dollars investis, 322 millions, soit les 82%, sont destinés aux secteurs d'industrie et de construction et les 80% sont localisés dans le Sud, à Hô-Chi-Minh-Ville, aux provinces de Binh Du Ong et Dong Nai. La Corée du Sud est au premier rang sur la liste des investisseurs avec 108 millions de dollars et 52 projets, puis vient Taiwan avec 80 millions de dollars, suivis par le Japon et la Malaisie. Pour l'instant, Le Viêt-Nam attire surtout des investisseurs asiatiques. Les investisseurs américains et européens sont encore à l'état d'observation. 

Le Delta du Mékong se réjouit d'une bonne récolte de riz d' hiver-printemps. Selon les statistiques officielles, la région a récolté un volume record de 8,47 millions de tonnes de riz, une augmentation de 712 000 tonnes ou de 9,2% par rapport à la récolte correspondante.

Zone de libre échange


Le 6 juillet 2002, les ministres de l'Economie des pays de l'ASEAN sont d'accord pour supprimer complètement les droits de douane entre les six pays fondateurs (Indonésie, Malaisie, Singapour, Philippines, Thaïlande et Bruneï) avant 2010 pour accélérer la création d'une zone régionale de libre échange. Cette décision doit permettre aux pays les plus avancés de l'ASEAN d'entreprendre des projets sans attendre les autres pays membres.

Frères


Lors de la visite du lieutenant-général Sixto Batista Santana, chef du Département politique du ministère des Forces armées révolutionnaires cubaines, le numéro 1 du PCV Nông Duc Manh a exprimé le soutien du régime communiste de Ha-Nôi au maintien du socialisme à Cuba. 

Grand frère


Au début de juin, la radio de la province chinoise de Guangzhou a annoncé que la Chine effectuait des exercices de tir dans le golfe du Tonkin et a décrété une interdiction de circulation des navires dans la zone, du 8 au 13 juin. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères vietnamien "cette interdiction menace la libre circulation des navires et viole gravement le droit international. Le Viêt-Nam demande à la Chine de cesser immédiatement ces exercices et de garantir la sécurité de la navigation dans cette importante voie maritime internationale". La Chine rejette les protestations, affirmant "qu'il s'agit d'un exercice conforme au droit international et à la loi chinoise et la partie vietnamienne n'est pas fondée à faire des réprimandes à Pékin sur ce sujet".
Rappelons que la signature d'accords frontaliers entre la Chine et le Viêt-Nam a été vivement critiquée par l'opposition au régime à l'intérieur comme à l'extérieur du pays et les problèmes concernant la souveraineté des archipels des Paracels et des Spratlys sont encore loin d'être résolus avec la loi chinoise en question.


Loi vietnamienne


Selon des parents qui ont pu lui rendre visite au camp de Nam Hà (Nord Viêt-Nam) pour la troisième fois depuis son arrestation le 17 mai 2001, l'isolement du Père Nguyên Van Ly est total. Le Père Ly ne peut avoir aucun contact avec ses co-détenus, il ne peut pas participer au travail collectif du camp, la porte de sa cellule est ouverte six fois par jour, seulement deux de ses lettres, sur une dizaine, sont arrivées à sa famille. On apprend par ailleurs que deux neveux du prêtre qui ont voulu dénoncer son arrestation sont toujours détenus depuis juin 2001. Cette détention coûte très cher à la famille qui est obligée de payer 800 000 dông (60 dollars) par mois pour que les deux prisonniers puissent bénéficier de l'eau potable.

Un communiqué du Comité Vietnam pour la Défense des droits de l'Homme


Genève, 9 juillet 2002
75ème session du Comité des Droits de l'Homme de l'ONU :

A l'occasion de la 75ème session du Comité des Droits de l'Homme de l'ONU, où doit être examiné le rapport périodique du Vietnam, le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l'Homme est venu présenter un contre-rapport de 67 pages décrivant le double langage du Vietnam vis-à-vis de la communauté internationale, ses violations systématiques des droits de l'Homme et son manque de volonté de mettre en œuvre le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).


Faisant partie du PIDCP depuis 1982, le Vietnam est tenu de soumettre, tous les deux ans, au Comité des Droits de l'Homme un rapport périodique sur la situation des droits de l'Homme et sur la mise en œuvre du PIDCP. Le gouvernement soumet, cette année, son second rapport, le premier remontant à 1989.


Le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l'Homme dénonce, dans son contre-rapport, tout d'abord le détournement de la notion d'Etat de droit en "Etat par les lois", lois qui contreviennent de façon flagrante au PIDCP et font ainsi des violations des droits de l'Homme un véritable système de gouvernement. A cet égard, M. Vo Van Ai, Président du Comité pour la Défense des Droits de l'Homme et Vice-Président de la FIDH, a jugé que "le rapport périodique vietnamien est à la fois un tissu d'autosatisfaction et d'affirmations invérifiables, doublé d'une longue liste de textes législatifs et réglementaires qui parlent de tout sauf de l'essentiel, à savoir la protection des droits fondamentaux".


Les droits civils et politiques restent en effet massivement et systématiquement violés au Vietnam : Le gouvernement maintient un système sévère de contrôle et de quadrillage de la population avec le policier de secteur, le permis de résidence (hô khau) et le curiculum vitae (pour les religieux). Il a également confirmé des dispositions de répression politique que l'ONU avait pourtant demandé de réformer en 1994 et 1998, comme l'article 73 du Code pénal punissant de peines très lourdes, y compris, la mort, les activités autant violentes que pacifiques et légitimes "visant à renverser le gouvernement". La seule modification à laquelle ont procédé les autorités de Hanoi a concerné le numéro de l'article. Durant les 12 derniers mois, au moins 76 personnes ont été condamnées à des peines jusqu'à 20 ans d'emprisonnement pour atteinte à la "sécurité nationale".


En outre, le gouvernement vietnamien, sans l'évoquer dans son rapport périodique qui, astucieusement, n'informe les experts internationaux que des lois et règlements d'avant 1995, a commencé son œuvre de "légalisation" de l'oppression en adoptant des textes comme le décret 31/CP sur la "détention administrative" (14 avril 1997) qui permet à la police d'incarcérer sans procès pendant 2 ans quiconque est soupçonné de menacer la "sécurité nationale", notion fourre-tout également critiquée par l'ONU. Loin de constituer une mesure exceptionnelle, la "détention administrative" est devenu le recours habituel pour faire taire toute dissidence ou toute protestation, ou même toute velléité de participer à la vie publique : L'érudit communiste Tran Khue y a été placé pour avoir demandé à pouvoir fonder une association de lutte anti-corruption (octobre 2001), le journaliste Bui Minh Quoc pour avoir enquêté sur le redécoupage secret des frontières sino-vietnamienne (janvier 2002), les intellectuels communistes Ha Sy Phu, Mai Thai Linh, etc. pour avoir diffusé des articles ne correspondant pas à la ligne politique du Parti Communiste...


A cette "détention administrative", s'ajoutent d'autres détentions arbitraires "légales" comme la détention provisoire que le ministère public peut prolonger à l'infini si l'affaire lui paraît "compliquée" ou "sérieuse". De son côté, la directive 07/CT-VCT de l'Organe Populaire de Contrôle Suprême (1995) permet, en vue de "rééducation" de détenir sans procès et pour une durée indéfinie les "éléments" qui ont porté atteinte à la "sécurité nationale" mais que les autorités "n'estiment pas nécessaire de juger devant un tribunal". Reste le cas, inclassable mais significatif des outils répressifs vietnamiens, du Patriarche de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam, Thich Huyen Quang, assigné à résidence, en fait incarcéré, sans charge ni procès depuis 20 ans.

75e session du Comité des droits de l'Homme de l'ONU


Enfin, le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l'Homme a aussi dénoncé la "détention probatoire", véritable emprisonnement après l'emprisonnement qui permet de garder les condamnés en détention après qu'ils ont purgé leur peine. Le cas le plus marquant en est l'incarcération dans sa propre pagode à Ho Chi Minh Ville, en juin 2001 de Thich Quang Do, (proposé pour le Prix Nobel de la Paix) pour avoir lancé un Appel pour la Démocratie au Vietnam.


A la suite d'affaires de corruption embarrassantes pour le Parti, les autorités vietnamiennes qui déclaraient déjà en octobre 2001, que "la liberté de la presse est dangereuse. [...] C'est une liberté destructrice qui est inacceptable", ont, par la voix du Ministre de l'Idéologie et de la Culture du PCV, M. Nguyen Khoa Diem, interdit aux journalistes de traiter librement des affaires de corruption (juin 2002). Elles avaient déjà pris une loi d'autocensure pour les journalistes en mai 1999 qui les obligeait à payer des dommages-intérêts aux personnes qu'ils mettaient en cause, même si c'était avec raison.


A côté des exactions, l'Etat vietnamien et ses agents profitent de la "Rénovation" ou laissent se développer ses effets pervers : trafic des femmes et jeunes filles (de 60.000 à 200.000 personnes dont 6,3% auraient moins de 16 ans) pour la prostitution, travail des enfants, conditions de travail intolérables dans les "ateliers-bagne", confiscations des terres des paysans pour les projets immobiliers... La situation de ces exploités est d'autant plus désespérée que les autorités vietnamiennes rejettent toutes leurs doléances comme l'a montré le Secrétaire Général du PCV Nong Duc Manh qui, face aux manifestations pacifiques des paysans à Hanoi, a considéré que "le fait que des gens se rassemblent avec des pancartes est anormal. [...] Notre démocratie est dans certains cas excessive" (mai 2002).


Ayant fait la liste des atteintes aux autres droits de l'Homme, comme les libertés de religion et de conscience, de manifester, d'association, les droits des enfants et des travailleurs, le droit à un procès équitable, etc., le Comité Vietnam pour la défense des Droits de l'Homme considère que le Vietnam reste un pays de la terreur qu'il faut réformer de façon urgente. Le plan de réforme législative pour les 10 ans à venir lancé par le gouvernement vietnamien, sous la pression et avec le financement de la Banque Mondiale, le Programme de Développement Asiatique et le PNUD, doit se conformer réellement au PIDCP. Le Comité Vietnam a demandé au Comité des Droits de l'Homme de superviser ces réformes pour éviter que le Vietnam continue à violer les droits les plus fondamentaux en toute "légalité" et avec "l'approbation financière" des institutions internationales. 


Quê Me : Action pour la Démocratie au Vietnam
Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l'Homme
BP 63 - 94472 Boissy Saint Léger