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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 14 - 15 septembre 2002

Présence japonaise

 

Les firmes japonaises Obayashi Corp. Et Sumitomo Construction Co. ont signé un contrat de 93 millions de dollars pour construire un pont sur le Fleuve Rouge à Ha Nôi. Ce sera le quatrième pont de Ha Nôi et ses banlieues et une partie d'un projet de 410 millions de dollars pour moderniser le trafic routier autour de Ha Nôi qui est pour l'instant dans une situation catastrophique comme a remarqué la Banque mondiale.

Les échanges commerciaux Viêt-Nam-Japon pourraient atteindre cette année 7 milliards de dollars avec un rythme de croissance de 10% à 15% selon l'Agence vietnamienne d'information (AVI). Le Japon se place en troisième position en investisseur, derrière Taïwan et Singapour, mais sur le rendement, les investisseurs japonais ont le mieux réussi, avec 60% du montant total des fonds déboursés.


Entre peur et espoir


Création de la plus grande zone économique du monde. Entre la peur et l'espoir, les dix nations de l'Asie du Sud-Est, ASEAN, sont en train, à Brunei, de mettre au point un accord de libre échange commercial (FTA - free trade agreement), dans le but de créer dans 10 ans, la première zone de libre échange économique mondial. Le langage officiel est rassurant de tous les côtés : " pour une meilleure compréhension, créer un sens de la communauté, préserver la paix " etc. Il est vrai que pour la stabilité économique et pour préserver la paix, la Chine est incontournable, mais les pays de l'ASEAN, par leur expérience dans le passé, ou par leur conflit actuel sur les îles (Brunei, Malaisie, Philippines, Viêt-Nam) ne semblent pas totalement rassurés.

La Chine a pris les devants en annonçant qu'elle était prête à signer un code de conduite sur les Paracels. A suivre donc.

Le Viêt-Nam, quant à lui, cherche à mettre en valeur ses relations économiques avec le Japon dès la moindre occasion. 

Solidarité à risque

 

Juste avant le discours du président George W. Bush à l'Assemblée générale des Etats-Unis, Mme Phan Thuy Thanh, porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères, a déclaré que " Le Viêt-Nam conteste toute action militaire contre l'Irak et tout effort pour faire chuter le gouvernement de Saddam Hussein. Que toute intervention de forces extérieures pour changer le régime politique d'un pays constitue une grossière violation de la loi internationale et la charte des Nations-Unis et c'est inacceptable ". 

L'ambassade américaine à Ha Nôi et le consulat à Hô Chi Minh-Ville ont été fermés pendant la journée du 11 septembre par mesure de sécurité (le 11 septembre, les Etats-Unis ont fermé leurs ambassades dans 14 pays). Si le consulat a rouvert ses portes, l'ambassade reste fermée " jusqu'à nouvel ordre ". Annonce de mesures de " réciprocité " américaines en cas de guerre avec l'Irak ? En tous cas, nous pouvons interpréter cette décision comme une précaution ou comme un avertissement. Ou les deux.

Curiosité


Dans le quotidien Nhân Dân, organe du PCV, du 13 septembre dernier, le vice-Premier ministre Nguyên Tân Dung a confirmé encore une fois, au cas où quelques-uns, trop distraits, l' ont oublié, que le Viêt-Nam visait à édifier une économie indépendante et autonome à orientation socialiste. Selon M. Nguyên Tân Dung " L'indépendance et l'autonomie dans l'économie signifient l'indépendance et l'autonomie dans le cadre du développement de l'économie de marché, de l'ouverture et de l'intégration actives à l'économie mondiale. C'est encore la participation positive à l'échange, à la coopération et à la répartition du travail international, sur la base de la mise en valeur maximale des forces endogènes et du potentiel du pays pour faire la concurrence effective sur le marché mondial…etc"
(Agence Vietnam d'Information). 

Arabica 

 

Le Viêt-Nam veut planter 100 000 hectares de café arabica d'ici 2010 pour contrer la chute de revenu du robusta. Le Viêt-Nam est le deuxième exportateur de café après le Brésil et le plus grand producteur de café robusta. Pour l'instant, le Viêt-Nam possède environ 20 000 hectares d'arabica et en exporte 10 000 tonnes par an.

Banque mondiale

 

La Banque mondiale vient de signer un accord le 9 septembre 2002 pour prêter au Viêt-Nam 200 millions de dollars afin de développer l'économie rurale et réduire le nombre de pauvres. Le vice-président de la Banque mondiale, Jemal-ud-din Kassum, annonce que dans les trois prochaines années, la Banque mondiale fournira encore 700 millions de dollars pour aider le développement rural. " Nous estimons que ce projet aidera 175 000 entreprises et foyers " déclare Andrew Steer, directeur régional de la Banque mondiale.

Bien que lors des dix dernières années, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté ait été réduit de moitié, quelque 28 millions de personnes, soit 35%, vivent encore dans la pauvreté. Et parmi ces 28 millions de pauvres, 85% vivent à la campagne.

" J'ai toujours concentré mes efforts sur la création d'une organisation officielle. La nature et la forme de cette organisation doivent s'adapter aux besoins de chaque moment. C'est mon objectif le plus important. Je pense que si nous arrivons à dénouer ce nœud, nous dénouerons tous les autres nœuds ". Selon l'auteur de cette déclaration sur la BBC le 15 juin 2002, Nguyên Vu Binh, la création d'une organisation officielle qui rassemblera les opposants au régime est l'étape essentielle de la lutte pour la démocratie. Le 2 septembre 2000, Nguyên Vu Binh a déposé une demande de création d'un parti appelé Parti Liberté Démocratie avec un article extrêmement pertinent " Le Viêt-Nam et la voie de restauration de la nation " (Viêt-Nam và con duong phuc hung dât nuoc).

La création d'une organisation officielle au Viêt-Nam servira effectivement comme fondation pour la démocratie. C'est en ce moment même le plus grand des obstacles. Probablement le prix à payer sera très élevé. Mais si nous laissons se dégrader le pays, jusqu'où s'élèvera le prix à payer pour le peuple vietnamien ? 

 

Actualité

Nguyên Ngoc Duc

Difficultés et obstacles du mouvement démocratique
au Viêt-Nam


Depuis la chute du mur de Berlin en 1989 et l'écroulement de l'empire soviétique, des voix se sont levées au Viêt-Nam pour demander la libéralisation du système communiste. Avec le recul, on peut affirmer avec objectivité que le mouvement démocratique vietnamien a progressé, même si cela paraît trop lent, et que la dictature est acculée dans ses retranchements. Un exemple, en 1990, M. Nguyên Dan Quê, médecin, lançait officiellement l'organisation Le Mouvement humaniste (Cao trào Nhân Ban), demandant le respect du droit de l'Homme, le multipartisme et l'organisation des élections démocratiques. Nguyên Dan Quê fut immédiatement arrêté avec une condamnation de 20 ans de prison ferme. Il fut libéré en septembre 1998 mais mis en résidence surveillée. Si nous comparons son appel de 1990 avec ses déclarations et écrits récents, " comment changer le Viêt-Nam " (Lam gi dê co thay dôi o Viêt-Nam - juillet 2001), " le problème des frontières et des îles vietnamiennes " (Vân dê biên gioi và hai dao Viêt-Nam - décembre 2001), nous verrons que ces derniers écrits sont nettement plus durs envers le régime communiste. Et pourtant le régime ne réagit plus violemment comme 11 ans auparavant. De sa résidence sous surveillance étroite, Nguyên Dan Quê dispose, pour l'instant, de ses moyens de communication vers l'extérieur.

Nous voyons dans ce changement d'attitude du régime trois raisons principales :

Premièrement, Ha Nôi survit à l'aide des apports financiers des démocraties occidentales, il doit montrer un minimum d'efforts de bonne volonté en ce qui concerne les droits de l'Homme. Deuxièmement, l'explosion des moyens de communication empêche Ha Nôi de faire des procès à la va-vite, à calomnier, à fabriquer de fausses preuves. Troisièmement, le nombre de dissidents, d'opposants, même encore bien faible, a augmenté et augmente de jour en jour. Des arrestations et condamnations du type utilisé contre le Docteur Nguyên Dan Quê ou contre le professeur Doan Viêt Hoat ne peuvent plus avoir lieu sans une protestation d'opposants du monde entier. 

Le mouvement démocratique vietnamien s'accélère ces derniers temps avec l'apparition des nouveaux noms dont le " jeune âge " (la trentaine) surprend plus d'un observateur : Lê Chi Quang, Pham Hông Son, Nguyên Vu Binh, Nguyên Khac Toàn. Le Parti communiste vietnamien concentre ses efforts dans la répression de ces jeunes gens qui représentent pour l'opposition le chaînon manquant, et qui pourraient entraîner dans leur sillage une masse importante de la jeune population du Viêt-Nam.


Difficultés et obstacles du mouvement démocratique


Des progrès dans les domaines de la lutte pour la démocratie sont un autre sujet de satisfaction. Au début des années 90, presque toutes les demandes étaient tournées vers la liberté et la démocratie. Aujourd'hui, l'idéologie marxiste-léniniste est elle-même remise en question (Hà Si Phu, Hoàng Minh Chinh, Lu Phuong…). C'est ce qui a permis à bon nombre de jeunes de prendre conscience des erreurs graves et de l'utopie de l'idéologie communiste. Nguyên Thanh Giang, Trân Dô, Nguyên Vu Binh ont démontré les errements stratégiques dans le développement et l'administration du pays. Pham Quê Duong, Trân Khuê, Trân Dung Tiên attaquent la corruption du régime. Ils ont cité clairement des noms, ont proposé la création des associations populaires pour la lutte contre la corruption. Dans le domaine de la création littéraire, Duong Thu Huong, Bùi Ngoc Tân, Bùi Minh Quôc contribuent, pour une part non négligeable, à la dénonciation du régime. Avec cette multitude de facettes, le mouvement démocratique vietnamien se rapproche de la masse populaire et sa capacité d'action pour mouvoir le peuple augmente de jour en jour.

Dans la motion envoyée le 6 juillet 2002 aux dirigeants communistes, les 17 signataires ont rappelé les différents cas de répression subis par les opposants au régime. Nous pouvons remarquer que, malgré une information de plus en plus difficilement contrôlable, les autorités communistes utilisent des procédés plus sournois et moins voyants que les arrestations et procès du début des années 90. Le décret 31/CP signé par Vo Van Kiêt le 14 avril 1997 est utilisé à l'excès. Ce décret, rappelons-le, permet aux autorités locales de mettre en résidence surveillée pour une durée illimitée et sans procès n'importe qui. Hà Si Phu, Bùi Minh Quôc, Trân Khuê, Nguyên Dan Quê… ont vu leur " maison transformée en prison d'Etat ". Parallèlement à la neutralisation des contestataires, les autorités mettent, quotidiennement, la pression sur leurs proches. Interrogatoires, isolement. Particulièrement, les autorités communistes cherchent à couper les ressources financières des contestataires et des membres de leur famille.

Les sacrifices que doivent subir les " combattants pour la liberté et la démocratie " sont la première épreuve à surmonter. La deuxième consiste à ne pas se cloisonner dans l'exigence d'une démocratie abstraite et théorique. Il faut faire comprendre au peuple que leur vie quotidienne ne s'améliorera réellement qu'avec la liberté et la démocratie. Il faut savoir lier la lutte pour la démocratie avec la lutte pour l'amélioration du quotidien. Bien entendu, les autorités communistes font tout ce qui est en leur pouvoir pour que l'information sur la lutte pour la démocratie n'atteigne pas le peuple. Mais la raison profonde vient du fait que la lutte pour la démocratie ne coïncide pas encore avec la lutte pour l'amélioration de la vie de tous les jours. Nous avons constaté quelques efforts dans ce sens quand M.M Pham Quê Duong et Nguyên Khac Toàn soutenaient les protestations des paysans à Ha Nôi. La lutte contre la corruption est aussi une tentative pour amener la masse à s'intéresser à la lutte politique.


communiqué
Bruxelles. Le mouvement Lao pour les Droits de l'Homme, Quê Me, Action pour la Démocratie au Vietnam, le Conseil National pour l'Union de Birmanie et le Parti Radical Transnational (PRT), le Forum Asie-Démocratie, organisent avec le soutien du Groupe Libéral au Parlement européen, à Bruxelles, le 16 et 17 septembre 2002 une conférence sur la démocratie niée, les libertés massacrées : la situation en Birmanie, au Laos et au Vietnam. Les travaux de la conférence sont retransmis sur Internet en anglais, français et italien sur www.radicalparty.org

Le 21 septembre, le PRT organise une journée de mobilisation non violente pour la démocratie et la liberté. Des manifestations auront lieu ce jour-là dans différentes capitales et notamment à Washington, Moscou, Paris, Rome Bruxelles, Madrid, Pretoria.
Pour plus d'information :
www.radicalparty.org

A l'occasion du Xe anniversaire de sa fondation, le Comité Belge pour la Démocratie au Vietnam organise, en collaboration avec L'Alliance Vietnam Liberté un colloque sur l'apport des Organisations internationales à la démocratisation du Vietnam sous le patronage de M. Philippe Monfils, sénateur.

Lieu et date : Parlement européen-Bruxelles-lundi 30 septembre 2002

Renseignements : COBDEVINA
C/o Mme Dinh - 119 rue de Renory - B- 4031 Angleur - Belgique

Nguyên Ngoc Duc