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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 15 - 15 novembre 2002

Réalités économiques


La firme de consultants McKinsey, à la demande des dix membres de l'ASEAN, a mené une enquête sur la compétitivité régionale. Selon McKinsey, l'ASEAN fait face à de sérieux défis de compétitivité et le coût des investissements dans la zone ASEAN est plus élevé que nécessaire. Toujours selon l'étude McKinsey, les marchés de l'ASEAN, petits et fragmentés, ne sont pas attrayants pour les investisseurs par rapport au grand marché chinois et aux régions plus intégrées dans le monde.

Les dix pays de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN-Brunei, Birmanie, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Singapour, Philippines, Thaïlande, Viêt-Nam) ont ouvert le 4 novembre 2002 le 8e sommet à Phnom Penh. Au programme, la lutte antiterroriste, le programme nucléaire nord-coréen et la création d'une zone de libre-échange avec la Chine. Dès le premier jour, les dix de l'ASEAN ont un sommet avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud, puis un sommet avec la Chine.

Contre le terrorisme avant tout. Les dix pays de l'ASEAN ont affirmé à Phnom Penh leur détermination à lutter ensemble et plus radicalement contre le terrorisme.

Nguyen Van Tuyet, porte-parole de l'Administration du Tourisme du Viêt-Nam a indiqué à l'AFP que " Dans un monde connaissant tant d'insécurité, en particulier après l'attentat de Bali et ceux des Philippines et aussi la prise d'otages à Moscou, il est probable qu'un plus grand nombre de touristes étrangers se rendront au Viêt-Nam ".

Sur les dix premiers mois de l'année, l'Administration du Tourisme du Viêt-Nam a enregistré plus de 2, 17 millions d'arrivée de touristes étrangers, avec des recettes touristiques de 1,27 milliard de dollars, soit une hausse de 13,3% par rapport à la même période l'an dernier. Le Viêt-Nam vient d'être classé par le PERC (Political and Economic Risk Consultancy) comme la destination la plus sûre pour les affaires dans la région. Rappelons cependant que l'incendie du Centre d'affaires international a provoqué la mort de 61 personnes. Cinq personnes ont été arrêtées.

L'ASEAN et la Chine ont signé dès le premier jour du sommet de Phnom Penh un accord créant la plus vaste zone de libre-échange du monde. La date d'entrée en vigueur de la zone de libre-échange a été fixée en 2010 pour la Chine et les six premiers membres de l'ASEAN, Bruneï, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande, et 2015 pour les pays à économie moins développée, Birmanie, Cambodge, Laos et Viêt-Nam.

Cette zone de libre-échange englobera dans huit ans une population qui s'élève actuellement à 1,7 milliard de consommateurs et les échanges commerciaux se chiffreront à 1 200 milliards de dollars avec un PIB cumulé proche de 2 000 milliards de dollars.

Signalons que les dix pays de l'ASEAN et la Chine sont parvenus à un protocole d'accord pour " apaiser les tensions " autour des archipels Paracels juste avant la signature de l'accord pour la création de la zone de libre-échange.

Le jour suivant l'accord avec la Chine (4 novembre 2002), l'ASEAN a signé avec le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi un accord qui pourrait déboucher sur une zone de libre-échange. Le PIB brut des pays de cette zone s'élèvera à 4 900 milliards de dollars


Avertissement très sérieux


Les dix pays de l'ASEAN, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont appelé le 4 novembre de Phnom Penh la Corée du Nord à " arrêter immédiatement " son programme nucléaire militaire. " C'est un message que la Corée du Nord devrait entendre sans délai " a ajouté Blas Ople, secrétaire aux Affaires étrangères des Philippines. En octobre, lors du sommet APEC (des pays de l'Asie et du Pacifique) au Mexique, le Président américain, George W. Bush, le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi et le Président sud-coréen Kim Dae Jung avaient demandé à Pyongyang, dans une déclaration conjointe, d'arrêter le projet, mais l'appel de Phnom Penh pourrait avoir un autre poids car il émane des pays de l'Asie qui sont directement concernés par le projet nucléaire nord-coréen et surtout, il est co-signé par la Chine alliée historique de la Corée du Nord. Avec la création d'une méga-zone de libre-échange asiatique, la Corée du Nord semble vouloir garder des réflexes et arguments d'un autre temps.


Le tramway français


On compte à Ha Nôi en juin 2002 un million de motocyclettes et scooters (taux de croissance annuelle :15%), un million de vélos, 100 000 voitures (augmentation de 15% par an). Le transport public ne représente que 3%. La région d'Ile de France a proposé une ligne expérimentale pilote d'une dizaine de kilomètres. Son coût tournerait autour de 100 millions d'euros. Déjà, une nouvelle tentative de lignes d'autobus, une douzaine de bus Renault vieux de 22 ans connaissent déjà un succès fulgurant.

Offensive diplomatique


Par Trân Duc Tuong


23/24 septembre 2002. Quatrième forum Europe-Asie (ASEM) à Copenhague (Danemark). Phan Van Khai a fait une courte visite à l'Islande avant d'assister au sommet de Copenhague où il a surtout négocié avec le Premier ministre chinois Zhu Rongji. Il a obtenu que la Chine n'exige plus des négociations bilatérales avant l'entrée du Viêt-Nam dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Aussitôt après Copenhague, Khai s'est rendu avec une délégation au Luxembourg et en Belgique. A Bruxelles, M. Prodi a soulevé devant Khai les questions de droits de l'Homme et de liberté religieuse.

21 octobre 2002, Phan Van Khai a conduit une délégation de 75 personnes en Amérique latine. Du 23 au 27 octobre Khai assistait au Forum de coopération économique de l'Asie et du Pacifique (APEC) qui se déroulait au Mexique. La délégation vietnamienne faisait du " lobbying " pour sa candidature à l'OMC. Visite officielle au Chili et à Cuba. Accueil chaleureux de Fidel Castro. Amitié de longue date, partageant la même idéologie marxiste-léniniste ou juste un tremplin pour le Viêt-Nam pour le marché de l'Amérique du Sud ?

2 octobre 2002. Nông Duc Manh, nouveau secrétaire général du PCV, a pris l'avion pour une visite officielle de 3 jours au Japon. A plusieurs reprises, M. Junichiro Koizumi, Premier ministre japonais, émettait le souhait que le Viêt-Nam aille plus loin dans ses réformes, améliore les conditions pour faciliter l'investissement japonais et que le gouvernement vietnamien utilise bien l'aide japonaise ODA pour le développement de l'économie rurale. Le Japon est l'un des premiers investisseurs au Viêt-Nam avec 5 milliards de dollars pour les investissements en 2001. A la date de ce voyage, le Viêt-Nam a pris la décision de réduire de moitié l'importation de pièces détachées de cyclomoteurs. Des investisseurs japonais menaçaient de se retirer du Viêt-Nam. Affaire réglée depuis.

Rentré le 5 octobre du Japon, le Secrétaire général du PCV a repris l'avion le 9 octobre pour la Russie et la Biélorussie. Première visite du n.1 vietnamien dans un pays qui jadis était le berceau du communisme. Visite nostalgique pour l'ancien étudiant de l'Institut des Forêts à Leningrad (redevenu Saint-Petersbourg) de 1966 à 1971. Malgré l'abandon de l'idéologie marxiste par le pouvoir actuel de la Russie, de multiples liens existent encore entre Moscou et Ha Nôi. La dette de 1,7 milliard de dollars contractée par Ha Nôi pendant la guerre d'expansion du communisme était négociée pour l'échelonnement de rembour-sement en 23 ans. Les échanges commerciaux entre les deux pays, 570 millions de dollars pour 2001, peuvent progresser jusqu'à 700 millions de dollars cette année. Moscou accordera à Ha Nôi un prêt de 100 millions de dollars pour la construction de deux centrales électriques thermiques. Le problème épineux entre les deux pays reste celui des " sans papiers " vietnamiens, des anciens étudiants, " travailleurs exportés ", touristes, qui ne veulent plus rentrer chez eux et qui vivent illégalement de trafics de contrebande.

Après Moscou, Manh s'envole pour Minsk, capitale de la Biélorussie pour assister à la célébration du 10e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre le Viêt-Nam et la Biélorussie en 1992.

Soulignons qu'à cette même date, du 6 au 10 octobre très précisémment, Nguyên Van An, Président de l'Assemblée nationale s'est rendu à Vientiane, capitale du Laos. Le Laos a une frontière de 2069 km avec le Viêt-Nam, 1835 km avec la Thaïlande, 550 km avec la Chine, 236 km avec la Birmanie. Ce pays revêt un caractère stratégique de première importance pour le Viêt-Nam qui ne veut en aucun cas laisser le terrain libre à la Chine.

Le 17 octobre 2002, Trân Duc Luong, Président de l'Etat du Viêt-Nam, a entrepris sa première tournée internationale depuis qu'il accédait à ce poste en avril 2001. Le but de ce voyage était le 9e Sommet de la Francophonie qui réunissait du 18 au 20 octobre à Beyrouth quelque 55 délégations et 41 chefs d'Etats. Le thème principal de ce sommet était " le dialogue des cultures ". C'était l'occasion pour Trân Duc Luong de définir une " approche des droits de l'homme asiatique " bien éloignée des valeurs humanistes de la francophonie en question, l'organisation Reporters sans Frontières a publié une lettre adressée au comité organisateur proposant la suspension provisoire de quatre pays où la liberté de la presse est bafouée : Le Viêt-Nam, le Laos, la Tunisie et la Guinée équatoriale.

Le thème principal du sommet de la francophonie de Beyrouth était " le dialogue des cultures ", bonne occasion pour Trân Duc Luong de défendre " l'approche asiatique des droits de l'Homme " qui n'a rien à voir avec le respect des valeurs humanistes universelles défendues par la Francophonie .

Après Beyrouth, Trân Duc Luong et sa délégation ont entamé une tournée en Iran, Namibie, Angola et Congo.

Le 28 octobre 2002, Trân Duc Luong, son épouse et sa délégation d'une quarantaine de personnes sont arrivés à Paris. Rituel d'une visite officielle de quatre jours. Les médias se sont montrés discrets.

Lors de la réception offerte en son honneur par le Président français, Trân Duc Luong a remercié la France pour son aide apportée au Viêt-Nam en vue d'améliorer les relations avec les institutions financières et monétaires internationales, de signer des accords avec l'Union européenne et surtout de fournir des aides subtantielles pour la construction et le développement du pays. Jacques Chirac, à cette occasion, a promis à son homologue vietnamien de continuer à fournir à Ha Nôi des aides dans différents domaines, d'intensifier et d'élargir les relations commerciales avec le Viêt-Nam. Jacques Chirac a surtout assuré à Trân Duc Luong du soutien de la France dans les relations avec l'Union européenne, dans la candidature du Viêt-Nam à l'OMC et dans les démarches pour que le Viêt-Nam devienne membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU en 2008.

Pour terminer, le Président français a décerné au Président de la République socialiste du Viêt-Nam la légion d'honneur.

Le 30 octobre, le Directeur de l'aviation civile du Viêt-Nam Vu Xuân Hiên signa un contrat d'achat de cinq Aibus A-321.

Notre constat

L'offensive diplomatique des deux derniers mois est sans conteste une campagne de publicité de grande envergure. Une campagne de publicité d'envergure annonce un renouveau ou cache un grand fléchissement. La vérité se trouverait peut-être dans le rapport du Secrétaire général du PCV lors du 7e plénum du Parti qui s'est tenu le 9 novembre dernier à Ha Nôi : " Durant l'année 2002, l'économie de notre pays doit se confronter à de grandes difficultés…Le marché des capitaux étrangers et d'exportation se rétrécit. Le prix à l'exportation nous est désavantageux ". Dans le Figaro électronique du 28 octobre 2002, Arnaud Rodier résumait bien l'état d'esprit des hommes d'affaires français : " On s'y est engouffré trop rapidement et on est brutalement déçu ".

TDT