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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 18 - 15 mai 2003

 

Objectif inchangé


Malgré les difficultés causées par la guerre en Irak (une perte de 500 millions de dollars selon les officiels vietnamiens) et par l'épidémie SRAS (une baisse de 50% de visiteurs étrangers, la Chine avec plus de 600 000 touristes au Viêt-Nam en 2002 fournit les 25% du nombre total de visiteurs), le gouvernement maintient l'objectif de 7% à 7,5% de progression pour 2003.


Bourse et autres


Depuis juillet 2000, date de sa création, la bourse vietnamienne ne comprend aujourd'hui que 21 entreprises pour un capital enregistré de 66,88 millions de dollars. Le décret 38 du Premier Ministre Phan Van Khai permet aux entreprises étrangères d'être cotées à la bourse de Ho Chi Minh-Ville si elles respectent un certain nombre de critères, en particulier trois années dans le pays, dont la dernière avec des bénéfices.


Selon Tony Foster, président de la Chambre de commerce américaine à Ha Nôi, cette "décision va non seulement développer la bourse, mais l'investissement étranger dans son ensemble. Il est très difficile d'entrer au Viêt-Nam, mais il est encore plus difficile d'en sortir. Le décret permettra aux entreprises d'obtenir un retour sur investissement".

Le dong vietnamien n'est pas convertible, mais la banque centrale avait fait un geste en septembre dernier en autorisant les investisseurs étrangers à convertir les profits enregistrés à la bourse en dollars. "La décision va dans le sens d'un seul système juridique pour les entreprises vietnamiennes et étrangères", s'est réjoui Nicolas Audier, du cabinet d'avocats français Gide Loyrette Nouel (d'après Didier Lauras AFP 21 avril 2003)


Lê Duc Thuy, gouverneur de la banque d'Etat étudie actuellement les moyens efficaces pour arrêter le fait que les gens stockent les dollars américains. 

Les prix des automobiles risquent de flamber au Viêt-Nam. Le gouvernement envisagerait une augmentation de 50 % sur les taxes de consommation des automobiles (d'après RFA)

Pétro Vietnam acquiert un cargo de 100 000 tonnes. Ruby Princess, le premier cargo acquis par Petro Vietnam est une véritable usine flottante et transportera du brut vers les raffineries se trouvant à l'étranger.

La banque américaine d'exportation Ex-Im bank accorde à Air Vietnam un prêt de 440 millions de dollars pour l'achat de quatre avions Boeing 777.

Il est à remarquer que c'est la première fois qu'une banque américaine accorde un crédit à une compagnie vietnamienne.

Les Etats-Unis sont devenus les premiers importateurs des produits vietnamiens avec une progression de 238% pour les quatre mois du début de cette année.


Accord textile


Les Etats-Unis et le Viêt-Nam ont fini par signer un accord sur le commerce textile entre les deux pays dont les négociations ont commencé le 9 avril de cette année. D'après cet accord, qui prend effet le 1 mai 2003, le montant total des exportations du textile et des vêtements du Viêt-Nam vers les Etats-Unis atteindra de 1,65 à 1,7 milliard de dollars.

Ha Nôi a promis de laisser les agents des douanes américains inspecter les usines vietnamiennes pour vérifier les déclarations concernant la production et les règles qui régissent les droits des travailleurs.


Campagne anti-américaine 

 

La presse vietnamienne a lancé fin avril des attaques virulentes contre les Etats-Unis en réponse aux critiques américaines sur le non respect des droits de l'homme au Viêt-Nam. Le 3 avril dernier, un texte a été présenté à la Chambre des Représentants des Etats-Unis, menaçant de supprimer toute aide non humanitaire au gouvernement vietnamien s'il ne libère pas les prisonniers politiques et s'il ne respecte pas les droits des minorités ethniques. Dans son rapport sur les droits de l'homme, le département d'Etat américain critique les dispositifs permettant de bloquer des sites internets considérés comme "déplacés sur le plan politique et culturel".


En fait, la chute de l'Irak semble être la cause de cette campagne anti-américaine. Les "héros de la guerre du Viêt-Nam" étaient surpris par la victoire américaine, écrasante et rapide, en Irak. Désormais, la moindre critique américaine contre le régime de Ha Nôi prend une importance nouvelle. Faut-il l'interpréter comme la peur réelle du gouvernement d'une ingérence américaine de plus en plus grande dans une stratégie de OMA (ordre mondial américain) ou juste une campagne pour calmer les esprits fragiles et nostalgiques?


Les mésaventures d'un jeune entrepreneur venu de France

A la fin des années 70, Nguyên Gia Thiêu et son frère Nguyên Trong Thang s'étaient enfuis du Vietnam comme des dizaines de milliers de leurs compatriotes. Lui avait 16 ans et son frère 23 ans. En France où ils avaient reçu l'asile, ils ont acquis éducation et un début de formation commerciale pratique. 20 années plus tard, les deux frères reviennent vers l'Orient qui les avait vu naître avec l'intention d'y faire des affaires fructueuses. Le frère aîné fonde le Compagnie de "Dông Nam Associates" à Hong Kong. En 1997, son petit frère qui est revenu au Vietnam depuis quatre ans achète une compagnie qu'il appelle "Dông Nam telecom Services". Les progrès réalisés par son entreprise sont aussitôt éblouissants. La nouvelle compagnie commerciale fait l'effet d'une étoile filante dans le marché vietnamien. Devenu unique distributeur autorisé de Nokia et de Samsung pour les téléphones mobiles, Dông Nam Associates permet à ces deux marques de s'emparer de 80% du marché vietnamien, un marché en croissance de 50 à 60 % par an. Les ventes de la compagnie qui avaient atteint 25 millions en 2001 s'étaient élevées à 40 millions en 2002. Pour couronner cette réussite financière, Nguyên Gia Thiêu se distingue également sur la scène sociale. En 2001, il fait un mariage très médiatisé avec une ancienne Miss Vietnam.

C'est le 2 janvier 2003, que tout se gâte et que cette brillante ascension se trouve brusquement stoppée. Comme dans un mauvais film TV, des dizaines d'agents de police, en tenue camouflée et équipés d'un armement moderne prennent position autour des divers magasins de la compagnie à Hô Chi Minh-Ville et arrêtent les principaux responsables, parmi lesquels Nguyên Gia Thiêu. La raison officielle de ces arrestations et du démantèlement de la compagnie est aussi diffusée dans la presse officielle. Il y aurait eu une énorme fraude aux impôts. Des téléphones mobiles auraient été introduits à des prix anormalement bas au Vietnam, ce qui aurait permis à Dông Nam Associates d'escamoter 6 millions de dollars d'impôts au Trésor public vietnamien. La compagnie a aussitôt repoussé ces accusations, les déclarant dénuées de fondement.

Dans le milieu des affaires de Saigon, on ne croit pas non plus, à la culpabilité du jeune entrepreneur venu de France. On soupçonne les entreprises locales, dont les relations avec le Parti communiste sont bien connues de tous de s'être irritées du succès rapide et, apparemment facile de Nguyên Gia Thiêu et d'avoir fait pression sur le pouvoir politique pour faire obstacle au trop rapide développement de son entreprise.

Cette affaire a particulièrement impressionné un certain nombre de Vietnamiens de l'étranger venus au Vietnam pour y investir. On s'est rappelé l'affaire de la compagnie Peregrine Capital Vietnam spécialisée dans la distribution d'automobiles, entièrement démantelée après avoir été accusée comme la Compagnie Dông Nam de fraude sur les impôts et dans la comptabilité.

Toujours est-il qu'aujourd'hui les entreprises rivales se sont ruées sur les restes de la Compagnie créée par Nguyên Gia Thiêu. Elles ont déjà récupéré 200 ingénieurs, 200 commerciaux et plus de 50 gestionnaires formés par cette firme. (FEER 15 mai 2003)


Motion adressée au Premier ministre par le Patriarche de l'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam


1 - Rendre la liberté au vénérable Thich Huyên Quang, et prendre des dispositions raisonnables sanctionnant les violations et les dénis de la loi commis en matière d'internement et de libération. Le respect de la dignité humaine est en effet l'essence même des droits de l'homme, tels qu'ils sont reconnus par la communauté humaine.
2 - Rendre la liberté au vénérable Thich Quang Dô. Mettre un terme à l'application illégale et arbitraire de la sentence. Abandonner et présenter l'application de la mesure de résidence surveillée comme une contrainte physique illégale.
3 - Restaurer les structures organisationnelles et les activités intégralement religieuses du bouddhisme vietnamien. Ne pas procéder à une réforme du bouddhisme vietnamien qui le transformerait en un organisme politique au service des ambitions de pouvoir politique d'une quelconque association ou parti politique.
4 - Ne pas reconnaître les religieux quels qu'ils soient, qui, individuellement, au nom du bouddhisme, exerceraient une fonction à l'intérieur du système du pouvoir ou dans une organisation politique. Ne pas non plus exercer de contrainte contre eux.
5 - Ne pas intervenir, sous quelque forme que ce soit, dans les activités relevant de la Loi religieuse de la Sangha, établie il y a plus de 2500 par Bouddha et observée par toutes les Sanghas du monde.
6 - Rétablir l'honneur et toutes les activités de l'Eglise bouddhique unifiée du Vietnam dans le cadre de la constitution et de la loi sans porter atteinte aux valeurs traditionnelles...

 
A Hanoi, le 20 mars 2003

Thich Huyên Quang

 

 

 

Recul des dirigeants communistes face à la détermination de l'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam


L'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam (EBUV) est interdite depuis 1981, date de la mise en place par l'Etat de l'Eglise bouddhique du Viêt-Nam. Depuis 1982, le patriarche Thich Huyên Quang vit en résidence surveillée dans une pagode d'une province reculée du Centre, Quang Ngai.


Les événements se sont précipités pour l'EBUV. En mars, le Vénérable Thich Huyên Quang n'avait pas l'autorisation de se rendre à Hô Chi Minh-Ville (Ex Saigon) pour se faire opérer d'une tumeur à la face. Il a dû se rendre malgré lui dans un hôpital de Ha Nôi pour cette opération délicate. A la sortie de l'hôpital, il a reçu la visite d'une délégation de l'Union européenne et d'un représentant américain. Fin mars, trois religieux qui accompagnaient le patriarche à Ha Nôi ont été priés de quitter la capitale sous la menace d'une arrestation. Le patriarche lui-même ne pouvait pas revenir à Quang Ngai, son lieu de résidence. Motif : il n'y avait plus de places de train disponibles. Le patriarche de l'EBUV avait déposé au Premier ministre une motion en 6 points, exigeant la libération immédiate des deux plus hauts dirigeants, son rétablissement légal, son indépendance et autonomie par rapport au Parti et au gouvernement.


A la grande surprise générale, le 2 avril, s'installait en première page de l'organe du Parti, le Nhân Dân, une belle photo du Premier ministre Phan Van Khai en grande conversation avec le vénérable Thich Huyên Quang, à côté d'un superbe bouquet de fleurs.


Selon le patriarche lui-même, la conversation a été "ouverte et amicale". Une question du patriarche n'a pas trouvé de réponse de la part du Premier ministre :"pour quelles raisons l'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam avait dû subir une telle répression?" Mais Phan Van Khai a promis qu'il examinerait le cas de l'EBUV avec beaucoup de compassion (tu bi), le patriarche lui répondait qu'il se comporterait envers les autorités avec une attitude prête à la rémission (hi xa) 


Après un accueil chaleureux et triomphal, début avril, organisé par 2000 religieux et laïcs bouddhistes de Huê à la pagode historique Tu Dam, le patriarche de l'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam (EBUV), le vénérable Thich Huyên Quang, 86 ans, a pu s'entretenir plusieurs fois avec son second, Thich Quang Dô, 75 ans, à Hô Chi Minh-Ville, au Thanh Minh Thiên Viên où ce dernier est en résidence surveillée depuis juin 2001, date du lancement de son "appel pour la démocratie".


Le 9 mai, le vénérable Thich Huyên Quang a rencontré Lê Thanh Hai, Président du Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville. Le même jour, le consul général américain à Hô Chi Minh-Ville, Mme Emi Lynn Yamauchi, accompagnée du conseiller politique et du conseiller économique, a rendu visite au vénérable

Selon M. Vo Van Ai, responsable du Bureau international d'information bouddhiste basé à Paris, "la rencontre au sommet entre les deux leaders de l'EBUV a une immense signification, non seulement pour l'Eglise mais pour tous les dissidents et les défenseurs des droits de l'homme au Viêt-Nam".


L'attitude du gouvernement vis-à- vis de l'Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam montre peut-être une nouvelle orientation du PCV devant la détermination des bouddhistes vietnamiens, acteurs principaux de ces événements. On ne doit pas négliger la nouvelle position de force des Etats-Unis dans l'échiquier de la diplomatie mondiale après les succès militaires en Irak. Un projet de loi est en cours d'examen devant la Chambre des Représentants des Etas-Unis concernant l'attitude des Etats-Unis vis-à-vis du problème des droits de l'homme au Viêt-Nam. Devant de multiples pressions, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, même de la part de ceux qu'il met en prison, le gouvernement de Ha Nôi est bien obligé de changer de tactique, de s'adapter aux réalités nouvelles. 


La malédiction qui s'abat brutalement sur la Chine avec le SRAS remet en question le poids des conservateurs dans le Bureau politique du PCV. 


Mais on pourrait tenter de penser que le recul devant les bouddhistes permettrait à Ha Nôi de mieux masquer la répression contre les intellectuels et dissidents qui demandent la liberté d'expression et la démocratie au Viêt-Nam.