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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 2 - 15 septembre 2002


Le marché boursier du Viêt-Nam

Le 20 juillet 2000, une semaine après avoir signé le Traité de commerce bilatéral avec les Etats-Unis (13.07.00), le Viêt-Nam inaugure son marché boursier à Ho Chi Minh Ville. Il faut signaler que les dirigeants communistes avaient commencé à parler de marché boursier dès la fin de 1986, lorsque le régime chan­geait de cap. Dans une conférence de presse tenue le 19 juillet 2000, M. Vu Bang, directeur du Centre d’Etat d’échanges des titres, a rappelé clairement que le but visé par le gouvernement, en lançant le tout premier marché boursier, est d’attirer davantage d’investissements à long terme, d’investissements étrangers et d’épargne populaire.

A la séance d’ouverture, le comité de la Bourse a mis en vente 300 milliards de dong en bons du Trésor sur un marché dont la capitalisation se monte à 600 mil­liards de dongs (42 millions de dollars américains). Le reste est constitué par les actions de la Refrigeration Electrical Engineering Co avec 150 milliards et de la Cables and Telecommunications Materials Co avec 120 milliards. D’autres compagnies, telles que la Transport & Warehouse Service Co, la Compagnie du Papier de Hai Phong, vont s’y joindre. Huit jours après la date d’ouverture officielle, le centre boursier de Ho Chi Minh-Ville dont le nom officiel est « Securities Trade Center », ouvre vraiment ses portes, trois fois par semaine : le lundi, le mercredi, le vendredi ; cha­que séance durant trois heures.

Réglementation particulière : le total des actions te­nues par des étrangers dans une compagnie cotée ne peut dépasser 20%. M. Vu Bang a précisé que bien que le prix des actions dépendent de l’offre et de la demande, le gouvernement a cependant prévu des mesures pour neutraliser les spéculations et stabiliser les prix. Afin de réduire la volatilité, les fluctuations au jour le jour ne peuvent dépasser la limite de 5%. Des interventions directes du gouvernement sont donc à envisager.

Les observateurs internationaux en place à Hanoi dans l’ensemble apprécient « le petit pas significatif » de l’ouverture d’un marché boursier au Viêt-Nam, pays socialiste. Toutefois, ils émettent quelques ré­serves. Il faut, en premier lieu, attendre que le Traité commercial récemment signé avec les Etats-Unis soit ratifié par le Congrès américain et l’Assemblée natio­nale du Viêt-Nam. D’autre part, il faut que le marché boursier en question inspire la confiance de la popula­tion d’une manière ou d’une autre pour pouvoir parler de mobilisation de l’épargne populaire.

Voici quelques chiffres des premières séances. Ven­dredi 28/07/00, volume d’échanges de 5000 dollars américains. Deuxième séance, lundi 31/07/00, le volume a doublé. Troisième séance, mercredi 02/08/00, une centaine d’actions ont changé de mains pour 368 dollars .


Selon l’Agence vietnamienne d’information (AVI), la production de pétrole brut du Viêt-Nam s’élève à 10,2 millions de tonnes pour les huit premiers mois de l’année. Augmentation de 2% par rapport à la même période de 1999. Le Viêt-Nam en exporte 10 millions de tonnes environ, pour un mon­tant de 2,2 milliards de dollars.

Les investissements étrangers au Viêt-Nam ont baissé de 44% pour les sept premiers mois de l’année 2000 (440,5 millions de dollars). En 1999, les investis­sements étrangers étaient de 600 millions de dollars pour toute l’année. En 1996 et 1997, ceux-ci s’élevaient à 2,8 milliards de dollars par an.

La corruption est la principale cause de la fuite des investisseurs, elle fonctionne à tous les niveaux, prend des formes multi­ples et imprévisibles entraînant d’autres maux comme la bureaucratie et la discri­mi­nation.

Le Fond Monétaire International exige que le Viêt-Nam encourage l’investissement en accélérant « les réfor­mes structurelles ».

La Banque Mondiale aide à la moder­nisation de la campagne. Le vendredi 1er septembre dernier, M. Andrew Steer, re­présentant de cet organisme et M. Lê Duc Thuy, gouverneur de la Banque d’Etat du Viêt-Nam, ont signé un accord d’aide de 150 millions de dollars pour financer un projet de développement des réseaux électriques dans 32 provinces et 671 com­munes.

Des responsables de provinces ont été démis de leurs fonctions pour corruption. Dernièrement, M. Trân Khan, président du Comité populaire de Binh Thuân, a été démis de ses fonc­tions pour une affaire de trafic de bois et de déforestation. M. Nguyên Trong Minh, président du Comité populaire de la pro­vince de Ba Ria-Vung Tau, impliqué dans une affaire de négoce immobilier, a subi le même sort.

Ces deux noms s’ajoutent à une liste déjà assez longue. Les corrupteurs sont invités à prendre leur pré-retraite dorée : récom­pense de services rendus à la révolution et au peuple ?

Lors de la fête « nationale » du 2 septembre, Trân Duc Luong lance un appel à la lutte contre la corruption. Le 2 septem­bre dernier, 55e anniversaire de la déclaration de l’indépendance (par Ho Chi Minh), Trân Duc Luong, chef d’Etat, a lancé un appel « contre la corruption, la bu­reaucratie, le gaspillage ».

Comme le Parti communiste viet­namien (PCV) détient le pouvoir absolu dans tous les domaines, le discours de M. Trân Duc Luong est un discours adressé exclu­si­vement aux membres du parti unique. La corruption, la bureaucratie ne concernent en rien les gens qui sont en dehors du PCV. Est-ce-là un appel national pour une fête « nationale » ?

Accord commercial Etats-Unis-Viêt-Nam

(suite)

M. Robert Mallette, secrétaire-ad­joint américain au Commerce a indiqué le 23 août dernier que le Congrès ne pourra pas ratifier, durant la législature actuelle, l’accord commercial bilatéral si­gné avec le Viêt-Nam en juillet. Il faudra que le Viêt-Nam patiente jusqu’au mois de janvier, date de la prise de fonction du nouveau président américain et de la mise en place d’une nouvelle adminis­tration.

Rappelons que la négociation a mis cinq ans pour aboutir, et que Hanoi a ajourné la signature in extremis en novembre 1999. M. Mallette a rassuré les diri­geants communistes : cet ajournement est dû uni­quement au calendrier législatif américain.

Le 26 juillet, Frederick Burke, avo­cat du groupe inter­national Baker et Mac Kenzie, a signalé que nor­male­ment le Congrès américain ne devrait pas mettre plus de 75 jours pour ratifier le traité. Ce changement de date n’était donc pas prévisible. C’est pourquoi, mal­gré toutes les assurances de M. Robert Mallette, ce retard in­quiète les dirigeants de Hanoi.

La position du Viêt-Nam n’est pas comparable à celle de la Chine qui devrait voir son statut automati­que­ment renouvelé tous les ans par les Américains car les investis­sements y sont plus sécuritaires et rentables alors qu’il reste au Viêt-Nam à faire ses preuves cha­que année.

Voyage surprise d’Alain Madelin

Prétextant un voyage tou­ristique de cinq jours, le 12 août à Hanoi, M. Alain Madelin, an­cien ministre et président de Démocratie libérale, a rendu visite à MM. Pham Quê Duong, Nguyên Thanh Giang et Hoang Minh Chinh, personnages importants de l’opposition intellectuelle du Nord Viêt-Nam. Le 14 août, à Ho Chi Minh-ville, Alain Madelin a rendu visite au Vénérable Thich Quang Dô, grande figure de l’opposition bouddhiste. Alain Madelin a ex­primé à ses interlocuteurs son soutien total à leur lutte pour la démocratie, la liberté de croyance et d’opinion. (source : Alliance Vietnam Liberté-Paris)

Remarquons que depuis long­temps, Démocratie libé­rale est active et très engagée dans la lutte pour la liberté de conscience au Viêt-Nam. En 1999, ce parti a demandé au Parlement européen d’offrir à M. Nguyên Thanh Giang un « passeport de la liberté ». Cette année, il a soutenu ferme­ment le Vénérable Thich Quang Dô pour le prix Nobel de la Paix de l’an 2000.

Rumeurs et questions

Un article du China Morning Post du mercredi 16 août publié à Hong Kong, se basant sur des sour­ces diplomatiques et cel­les venant des proches du PCV, affirme que Phan Van Khai, premier ministre, perdra son poste au prochain Congrès. Mme Phan Thuy Thanh, porte-parole du Mi­nistère des Affaires étrangères, a fait un démenti catégorique sur cette rumeur « sans fondement ». En mai dernier, la FEER (Far Eas­tern Economic Review- Hong Kong) a signalé que Khai avait voulu donner sa démission en mars mais elle n’avait pas été acceptée par le Bureau poli­tique. Le nom de Nguyên Tân Dung a été avancé pour le remplacement de Phan Van Khai.

Lê Kha Phiêu est-il allé trop loin en prêtant serment de fidé­lité aux maîtres chinois ? Phiêu a-t-il été maladroit pour avoir négocié les frontières avec la Chine juste quelques semaines après le sémi­naire sur l’idéologie et sa visite discrète à Pékin ? Les combats actuels au Laos démontrent-ils qu’une soumission to­tale du Viêt-Nam vis-à-vis de la Chine n’est pas chose faite et que les conflits entre le mauvais maître et le pas moins mauvais élève continuent d’une manière ou d’une autre ?

Un rapport de la Banque Mondiale publié le mardi 12 septembre 2000 à Hanoi indi­que que le PIB du Viêt-Nam pro­gressera de 5% cette année. La Banque Mondiale note cependant que cette reprise reste fragile car les investissements sont faibles et les risques d’inflation restent grands.