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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 25 - 15 juillet 2004

Le Japon impose des conditions 
pour l’aide au Viêt-Nam



Le Japon, premier pays donateur au Vietnam, a adopté une charte imposant au Vietnam un certain nombre de réformes pour bénéficier de son aide, y compris l'assainissement de son environnement économique et le respect des droits de l'homme, a t on indiqué début juin de source diplomatique.

Mitsuru Kitano, ministre conseiller à l'Ambassade du Japon à Hanoï, a indiqué que la somme allouée au Vietnam dépendrait du respect de cinq points.

L'un de ces points souligne des "principes" en termes de respect des droits de l'homme et de l'environnement, les progrès démocratiques, la construction de l'économie de marché et l'accélération de l'absorption de l'aide. "Bien que l'ancienne charte sur l'aide au développement prenait en compte ces éléments, le lien entre ces cinq éléments et l'ampleur de l'aide est nouveau", a expliqué le diplomate nippon. "Nous ferons un examen systématique de notre aide directe au Vietnam en fonction de ces principes".

Le Japon est aussi le troisième investisseur au Vietnam. Mais son engagement a été compliqué depuis deux ans par des décisions très contestées des autorités vietnamiennes affectant les secteurs des motos et de l'automobile.

En décembre, le Japon avait promis de maintenir son aide au Vietnam en 2004 à son niveau de 2003, s'engageant à hauteur de 91.74 billions de yen (environ 685 millions d'euros).

Tokyo a longtemps été réticente à lier l'aide et la question des droits de l'homme. Mais en mai 2003, le gouvernement avait interrompu son aide à la Birmanie suite à l'arrestation du chef de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi. L'interdiction n'a été depuis que partiellement levée.

La plus grande zone de libre-échange au monde


La Chine et l'Association des nations d'Asie du Sud Est (ASEAN) sont parvenues fin mai à un consensus sur les modalités de création, à partir de 2010, de la plus grande zone de libre échange au monde, regroupant 1,7 milliard d'habitants, a rapporté le China Daily fin mai.

Un accord de libre échange entre Singapour et la Chine doit notamment entrer en vigueur en novembre, avait annoncé la semaine dernière le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong.

D'autres pays ont en revanche des appréhensions vis à vis du géant chinois et de sa puissance économique montante, selon des observateurs cité par le China Daily.

"Les négociations techniques ne sont pas l'obstacle essentiel pour la zone de libre échange, mais plutôt les inquiétudes sur une 'menace chinoise' chez certains pays membres de l'ASEAN", a déclaré Zhao Jinping, un responsable du Centre de recherches sur le développement, qui conseille le gouvernement chinois.
Le commerce entre la Chine et l'ASEAN, qui a augmenté de 42, 8% l'an dernier pour atteindre 78,25 milliards de dollars, est favorable aux pays d'Asie du Sud Est.

Les importations chinoises en provenance de l'ASEAN se sont élevées en 2003 à 47, 3 milliards de USD (+51,7% par rapport à 2002) et les exportations à 31,9 milliards (+31,1 %).

Le Produit intérieur brut combiné de la Chine et des dix pays de l'ASEAN (Singapour, Malaisie, Bruneï, Indonésie, Philippines, Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande, Birmanie) atteint près de 2.000 milliards de dollars. (AFP)

OMC : Le Viêt-Nam en attente 


Le Vietnam ne pourra pas, contrairement à sa volonté, adhérer le 1er janvier 2005 à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a indiqué le 22 juin l'OMC.

Selon les membres du groupe de travail, il reste encore beaucoup de travail, concernant notamment "l'accès au marché".

L'OMC veut également obtenir davantage de clarification des règlements et des politiques du Vietnam, et mettre en place "des lois et des règlements nécessaires".

"Je crois que c'est mon devoir de souligner à la délégation vietnamienne le besoin absolu d'accélerer les lois et les règlements d'application, " a dit le président du groupe de travail Seung Ho, représentant de la Corée, ajoutant que l'adhésion du Vietnam dépendra de leur mise en application par Hanoi. 

"On ne rentre pas (dans l'OMC) avec de simples promesses. Il faut donner des garanties absolues que vous allez jouer le jeu. Le Vietnam a beaucoup de travail et ne pourra pas le faire en une nuit",selon un responsable de l’OMC.

Les experts considèrent qu'il faudra au minimum une ou deux années supplémentaires après 2005 pour que le Vietnam rejoigne l'OMC.

Corruptions multiples


Nguyên Quang Thuong, le vice directeur général de la compagnie d'Etat PetroVietnam, l'un des plus grands groupes industriels du Vietnam, a été arrêté début juin, dans une affaire de corruption, de falsification de contrats pour des équipements d'une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars à Hanoï.

PetroVietnam est au coeur d'une vaste controverse depuis le limogeage l'an passé de ses numéros un et deux, là encore dans une affaire de corruption liée à la construction de la raffinerie de Dung Quat, au centre du pays. Le projet, essentiel pour l'indépendance énergétique du pays, va de retards en déconvenues depuis plus de dix ans.

Les deux hommes n'ont cependant fait l'objet d'aucune procédure judiciaire. Le mois dernier, la presse avait indiqué que 43 membres du géant national des hydrocarbures seraient sanctionnés pour "malversations administratives et économiques", un euphémisme pour désigner la corruption.

La lutte contre la corruption a fait une nouvelle victime au Vietnam avec le limogeage mardi du ministre de l'Agriculture Lê Huy Ngo, en marge d'un vaste scandale impliquant son ministère et qui a valu à une femme d'affaires d'être condamnée à mort.

En avril, Ngo avait envoyé une lettre de démission au Premier ministre Phan Van Khai, après avoir reçu un avertissement du Parti communiste vietnamien (PCV, au pouvoir), puis un autre de Khai lui même.

Le ministre, membre du tout puissant Comité central du parti, est la victime la plus élevée d'un de ces scandales politico financiers qui secouent régulièrement le régime de Hanoï depuis quelques années.

Le 5 avril, la cour d'appel de la capitale vietnamienne avait confirmé la condamnation à mort de La Thi Kim Oanh, ex directrice d'une entreprise publique d'investissement et de marketing, pour avoir détourné 4,7 millions de dollars et causé pour 2,2 millions de dollars de pertes à sa société entre 1995 et 2001.

Deux ex vice ministres de l'Agriculture, reconnus coupables d'avoir signé des documents permettant à Oanh d'emprunter des millions de dollars sans garantie, avaient de leur côté vu leurs peines de trois ans de prison assorties de sursis en appel.

L'an passé déjà, le "parrain" de Ho Chi Minh Ville avait été condamné à mort au terme d'un procès fleuve de deux mois. Trois hauts responsables du PCV accusés de l'avoir protégé, avaient écopé de prison ferme.

Le régime de Hanoï affirme aujourd'hui n'accorder aucun répit aux fonctionnaires et hommes politiques jugés coupables de corruption, une sévérité jugée indispensable, tant la légitimité du parti souffre de ces scandales à répétition. Nombre d'observateurs soulignent pourtant combien ces purges sont sélectives, politiquement orientées et soigneusement épargnées aux plus hauts responsables.

Les médias vietnamiens avaient évoqué ces derniers jours la possibilité que quatre autres ministres fassent les frais d’un vote parlementaire. Mais selon des sources politiques à Hanoï, les dirigeants du pays ont préféré éviter le vote, de peur que les débats ne donnent lieu à d'embarrassantes révélations.

Le secteur des télécommunications au Vietnam, promis en théorie à une croissance exponentielle, est paralysé depuis plusieurs mois par un scandale qui touche l'une des plus grandes entreprises du pays et fragilise un membre du gouvernement.

L'affaire ébranle la puissante compagnie d'Etat Vietnam Posts and Telecommunications Corp (VNPT), et commence à inquiéter Do Trung Ta, ministre des Télécoms et ex président du Conseil d'administration de l'entreprise.

Depuis quelques semaines, les achats de matériels et les appels d'offres dans le secteur sont au point mort. Et les deux entreprises de téléphones mobiles de VNPT, Mobiphone et Vinaphone, sont au bord de la rupture.

Autre dossier au ralenti, celui du satellite dont le Vietnam voudrait se doter dans les années à venir. Les investisseurs étrangers sur les rangs pour sa construction un contrat de plus de 200 millions de dollars prennent leur mal en patience.
"La personne en charge de la décision (le ministre des télécoms) est actuellement sous les feux des projecteurs pour d'autres affaires", résume un diplomate. "Forcément, cela aura des conséquences sur la date de prise de décision". Après huit mois d'enquête, des inspecteurs de l'Etat viennent de faire état de "malversations sérieuses et systématiques".

Selon la presse, le conglomérat a attribué 90% de ses contrats entre 1998 et 2003 sans respecter les procédures d'appel d'offres. Certains auraient bénéficié au gendre du ministre.

La semaine dernière, le premier ministre Phan Van Khai a créé un comité inter ministériel qui devra notamment faire la lumière sur la renégociation d'un contrat entre une filiale de VNPT et son partenaire suédois Comvik International Vietnam, du groupe Millicom International Cellular SA.
Toujours selon la presse, l'Etat y aurait perdu quelque 47 millions de dollars.

Airbus

 

Vietnam Airlines a signé une lettre d'intention pour l'achat de dix nouveaux Airbus A321 entre 2006 et 2010, a indiqué début juillet la compagnie aérienne.

L'accord a été signé le 25 mai dernier. Le précédent achat d'Airbus par le Vietnam datait d'un accord signé en octobre 2002 et portant sur cinq A321.

Vietnam Airlines est l'une des entreprises publiques les plus rentables du pays et a connu ces dernières années une croissance jamais démentie.

En janvier dernier, la société a annoncé sa volonté de doubler sa flotte d'ici 2010 afin de s'imposer comme un des acteurs importants de l'industrie aérienne en Asie.

« Abus de droits démocratiques »


Trân Khuê, 69 ans, professeur de littérature vietnamienne et chinoise, et Pham Quê Duong, 73 ans, historien, emprisonnés depuis décembre 2002, ont été jugés respectivement le 9 et le 14 juillet derniers pour "abus des droits démocratiques". Ils ont été condamnés à 19 mois d’emprisonnement, le temps de leur « détention préventive » et relâchés.

Tous deux avaient été arrêtés en décembre 2002, "surpris en flagrant délit d'activités contraires aux lois du Vietnam", selon les autorités.

Ils sont poursuivis pour "abus des droits démocratiques en vue de porter atteinte aux intérêts de l'Etat, aux droits et intérêts légitimes des organisations et des citoyens".

Ils faisaient notamment partie des 21 signataires parmi lesquels beaucoup de vétérans de l'armée et d'anciens membres du Parti communiste vietnamien au pouvoir d'une pétition envoyée au Parlement vietnamien le 2 août 2002 réclamant des réformes démocratiques et la lutte contre la corruption.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) dénonce un "simulacre de justice pour les cyberdissidents".

"Les condamnations ont été fixées bien avant le passage de ces deux intellectuels devant les juges. Les autorités vietnamiennes organisent ces procès pour donner l'illusion d'un Etat de droit", accuse l'organisation basée à Paris. "En réalité, la justice est sous la coupe des autorités et la défense est entièrement muselée", ajoute t elle.

Amnesty International signale que les autorités vietnamiennes n’ont pas hésité à emprisonner pendant de longues périodes des personnes âgées sans motifs valables.

Rappelons que de nombreux opposants au régime sont encore en prison. Dr Nguyên Dan Quê, 62 ans, est détenu sans jugement depuis sa dernière arrestation le 17 mars 2003 Dr Quê totalise ainsi 18 ans de vie en prison.

M. Nguyên Dinh Huy, professeur d’histoire et d’anglais est arrêté en novembre 1993 et condamné à 15 ans d’emprisonnement. Jusqu’en 1992, M. Nguyên Dinh Huy a été détenu en « rééducation » pendant 17 ans sans charge ni procès.

Thich Tri Luc a été autorisé à s’exiler en Suède

Le 23 juin, on apprend qu’une autorisation de quitter le Viêt-Nam pour la Suède venait d’être accordée au bouddhiste dissident Thich Tri Luc. Cet ancien religieux venait d’achever une peine d’emprisonnement de vingt mois qui lui avait été infligée le 12 mars dernier par le Tribunal populaire de Ho Chi Minh-Ville et qui correspondait au temps qu’il avait passé en prison avant son procès.

Thich Tri Luc est un disciple du vénérable Thich Dôn Hâu qui fut patriarche du bouddhisme unifié et désigna le vénérable Thich Huyên Quang comme son successeur, avant sa mort le 23 avril 1992. Depuis le changement de régime en 1975, le religieux a mené une vie mouvementée. Arrêté une première fois en 1992 et emprisonné dix mois durant, il subit des pressions de la part des autorités l’incitant à devenir un collaborateur secret de la police. Il refusa et envisagea même de s’immoler par le feu en signe de protestation. En 1994, il faisait partie d’une délégation bouddhiste, chargée de porter secours aux victimes des inondations du Mékong, qui fut empêchée par la police d’accomplir sa mission. Un procès eut lieu à Hô Chi Minh-Ville, le 15 août 1995, Thich Tri Luc écopa de deux ans et demi qu’il purgea dans un camp de rééducation à Xuân Lôc. Cet internement fut suivi d’une assignation à résidence et l’interdiction d’exercer toute activité religieuse publique. La situation était devenue si insupportable pour lui qu’il a pris la décision de quitter la vie religieuse et de s’enfuir au Cambodge.

A Phnom Penh , il avait obtenu le statut de réfugié au Cambodge, octroyé le 28 juin 2002 par le Haut Commissariat aux réfugiés. Dans la nuit du 25 juillet suivant, il a été « kidnappé » par la police secrète vietnamienne et ramené au Viêt-Nam. Il aura fallu attendre plus d’un an pour que la thèse de l’enlèvement soit indirectement confirmée. Après un report, le procès a eu lieu le 12 mars 2004, il n’a duré qu’une heure, de 8h30 à 9h30. Le Tribunal populaire de Ho Chi Minh-Ville infligea une peine de vingt mois de prison ferme à l’ancien religieux bouddhiste, pour avoir franchi la frontière en vue de s’opposer au pouvoir populaire. Le procès a eu lieu à huis clos, sans avocat. La famille du prévenu n’avait été prévenue du procès que la veille de sa tenue.(EDA)

 


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