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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 29 - 15 mars 2005

Dernières

 



Le Premier ministre vietnamien prépare une visite historique à Washington. Selon des sources vietnamiennes et étrangères à Hanoï, les deux pays sont proches d'un accord pour un voyage de Phan Van Khai à Washington en mai ou juin prochain.


Outre les réserves de certains conservateurs vietnamiens sur les objectifs de la politique américaine, la question de la liberté religieuse demeure une épine de taille entre les deux pays.
D'importants lobbys américains et des organisations de défense des droits de l'homme accusent Ha Nôi de persécuter les églises protestantes non reconnues par le Parti communiste vietnamien, en particulier dans les hauts plateaux du centre du pays.


"La visite dépend beaucoup de la question des droits de l'homme au Vietnam et de la politique intérieure américaine", a ainsi souligné un proche du pouvoir à Hanoï. (AFP)

Le Viet-Nam, qui affirmait jusqu'à présent vouloir intégrer d'ici fin 2005 l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a pour la première fois exprimé des réserves sur ses capacités à parvenir à ses fins, suite au blocage de certaines négociations.
Alors que Ha Noï ne semblait vouloir afficher que force et sérénité en dépit des doutes de la plupart des experts étrangers, la presse officielle a repris des propos pessimistes du ministre du commerce, Truong Dinh Tuyen.


"Nous avions initialement souhaité l'entrée du pays dans l'OMC cette année mais la situation actuelle pourrait rendre (cet objectif) irréaliste. Elle aura peut être lieu l'an prochain", a commenté le ministre cité par le quotidien Saigon Times.


Le Viet-Nam a commencé sa transition vers l'économie de marché en 1986. Les réformes ont été constantes mais lentes, ralenties notamment par les dissensions internes au Parti communiste au pouvoir, et par la crise asiatique de 1997.

Pour le premier trimestre 2005, le déficit commercial du Viêt-Nam se monte à 1,13 milliard de dollars. L’année dernière, pour la même période, le déficit était de 741 millions de dollars. 

Les prix de consommation au Viêt-Nam ont augmenté de 9,1% l’an selon l’Office de statistiques générales. Les prix du riz ont augmenté de 14,6%, les produits pharmaceutiques de 8,6%, les matériels de construction de 5,9%. L’or a augmenté de 5,2%, le dollar de 0,4%.
L’année dernière, l’inflation officielle était de 9,5%

La seconde place boursière du Viet-Nam a été officiellement inaugurée le 8 mars 2005, permettant le lancement d'un système de vente aux enchères de parts d'entreprises d'Etat ouvertes aux capitaux privés.

Le Viet-Nam s'est engagé dans un douloureux processus de réforme de ses entreprises d'Etat, dont une grande majorité sont très mal gérées et ont accumulé les pertes depuis des années.
Le gouvernement communiste privilégie une privatisation partielle, ouvrant les entreprises aux capitaux privés tout en en conservant la majorité.


La création de la première bourse du pays à Ho Chi Minh Ville (sud) avait été célébrée en grandes pompes en juillet 2000, signe fort de l'ouverture au capitalisme adoptée formellement en 1986, malgré des dissensions internes, par le Parti communiste vietnamien.


Mais sa croissance est depuis demeurée très faible. La bourse avait commencé avec cinq entreprises et n'en liste aujourd'hui que 27 (AFP 8 mars 2005)

Les cours du café ont bondi de plus de 20% depuis le début de l'année, à leur plus haut niveau depuis cinq ans, réveillant les espoirs de fin de la crise 
qui secoue le marché mondial depuis la fin 1998.
Pour un analyste de la revue américaine spécialisée Coffee Network, "la reprise des cours actuelle s'explique par l'anticipation d'un décifit en 2005/06".


Les analystes évoquent aussi la fin de la crise, notant que la croissance de la consommation diminue le risque de surplus de production de plus de 10 millions de sacs comme ces dernières années.


Mais ils appellent à la prudence, en raison de la présence incertaine des spéculateurs sur le long terme et du risque que les producteurs décident d'accroître leur production pour tirer profit de la hausse des prix.


"J'aimerais croire que la crise, que tout le monde sait due à une surproduction de café, a servi de leçon aux producteurs et que ceux ci vont maintenant tout faire pour éviter de retomber dans la même situation", commente l’analyste américain.

Air France va interrompre entre le 26 mars et le 10 octobre son contrat de partage de codes signé l'an passé avec Vietnam Airlines, a indiqué la directrice du service clientèle et communication d'Air France au Viet-Nam. "L'été dernier, nous avons vu une forte demande pour nos vols directs au Japon et en Chine", a t elle ajouté. 

Les compagnies aériennes asiatiques ont connu une année 2004 record pour le transport de passagers et de fret et les perspectives pour 2005 sont bonnes, a annoncé une association régionale de transporteurs aériens. 117 millions de passagers ont été transportés en 2004, soit une hausse de 22, 5% par rapport à 2003 (une année toutefois sinistrée par le SRAS) et de 7, 3% par rapport à 2002.


Le groupe Luxembourg's Hutchinson Telecom a obtenu des autorités vietnamiennes une licence pour lancer le premier réseau de téléphonie mobile de troisième génération (3G), indique la presse officielle.


Selon un responsable du ministère du Plan et de l'Investissement cité par le quotidien Tuoi Tre, le gouvernement a délivré sa licence à Hanoï Telecom et Hutchinson Telecom, une filiale du conglomérat hongkongais Hutchison Whampoa.
Le contrat de 655 millions de dollars a une durée de 15 ans, indique par ailleurs un communiqué du groupe.


"Nous serons des arrivants tardifs sur le marché vietnamien en pleine explosion, mais nous pensons attirer beaucoup de clients avec un réseau ultra moderne", indiquait en octobre dernier à l'AFP Trinh Minh Hoa, une responsable de Hanoi Telecom.


La Mer de Chine du Sud, zone de coopération et de paix ?


Faut-il croire Alberto Romulo, chef de la diplomatie philippine, cité par l’agence Chine nouvelle le 2 mars 2005 ?
Selon M. Romulo, « les îles Spratly en Mer de Chine du Sud, qui sont riches en pétrole, ne constituent plus une source de conflit régional, les disputes et les conflits sont maintenant complètement terminés. La fin du conflit ne concerne pas seulement Pékin et Manille mais également les autres pays qui revendiquent le territoire de la Mer de Chine du Sud qui est transformée en zone de coopération, de paix et de développement".

L'an passé, la Chine et les Philippines étaient tombées d'accord pour réaliser une étude conjointe sur les réserves de la zone, suscitant des inquiétudes chez les pays voisins.

Ha Noi avait notamment estimé que ces explorations mettaient en danger un accord de 2002 par lequel les pays de la région s'étaient engagés à s'abstenir de toute activité susceptible d'accroître les tensions autour des Spratly.

Des pêcheurs vietnamiens tués par la marine chinoise


Le 8 janvier 2005, vers 8h, des bateaux de pêche de la province de Thanh Hoa ont été attaqués sans sommation par 9 bateaux des forces de la marine chinoise. Dans le premier bateau attaqué, huit pêcheurs ont été tués, deux blessés gravement. Dans un deuxième bateau, le capitaine a été tué, cinq personnes blessées. La marine chinoise a arrêté les huit pêcheurs du premier bateau dont deux blessés graves et ont emporté les huit corps..

Des articles virulents ont été publiés dans les deux journaux Thanh Niên et Tuôi Tre mais aucun dans des journaux plus « officiels » comme Nhân Dân, Quân Dôi Nhân Dân.

La réaction à l’intérieur comme à l’extérieur du pays était tellement forte que Ha Nôi a dû réagir. Lê Dung, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré : « Nous considérons le fait que la marine chinoise a tué 9 pêcheurs vietnamiens et blessé un grand nombre d’entre eux, a endommagé des instruments de travail de ces pêcheurs, est un acte grave. Le Viêt-Nam a demandé à la Chine de mener des actions efficaces pour stopper ces actes erronés, de faire une enquête afin de juger sévèrement ceux qui ont tué ». Ces déclarations considérées comme très molles ont scandalisé la jeunesse à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.


Le 15/1/2005, l’agence Chine nouvelle annonce : « Le ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine a fait savoir que des services de sécurité de la marine chinoise ont tué plusieurs pirates armés et ont capturé vivants 8 autres pendant qu’ils cherchaient à prendre possession des bateaux de pêche chinois qui étaient dans les eaux territoriales chinoises ». Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé que plusieurs témoins étaient présents lors de l’incident et la Chine possède des preuves irréfutables, des armes et munitions, des actes de piraterie de pêcheurs vietnamiens.
Le 20 janvier, l’agence vietnamienne d’information a rédigé sa première dépêche, non pour relater l’événement, mais pour étoffer la déclaration du porte-parole Lê Dung. Donc, à partir de cette date les journaux officiels comme Nhân Dân, Quân Dôi Nhân Dân, Lao Dông etc… ont publié de concert la dépêche de l’agence d’information officielle.


Le 23/1/2005, des étudiants ont tenté d’organiser des manifestations devant l’ambassade de Chine. De nombreuses forces de sécurité en civil ont investi tous les cafés où se réunissent d’habitude les étudiants. La veille, des étudiants ont été « invités » aux bureaux des forces de la Sécurité, on leur explique qu’il y a des forces réactionnaires qui s’infiltrent parmi eux pour semer le désordre et pourrir les relations amicales avec la Chine. Les manifestations estudiantines ont été étouffées dans l’œuf.


Les 28 et 29 janvier 2005, des Vietnamiens vivant en dehors du pays ont organisé des manifestations devant les ambassades de la République populaire de Chine un peu partout dans les grandes villes du monde entier, Sydney, Tokyo, Los Angeles, Otawa, Paris…etc.


Les « pirates vietnamiens » passent devant le tribunal de Hai Nam le 6 février 2005, reconnus coupables de plusieurs actes de piraterie dans le passé mais ont été libérés et ont regagné leur foyer à la veille de la fête du Têt. Aucune charge n’a été retenue contre eux.


Une semaine après, le 14 février, seul le journal Tuoi Tre de Ho Chi Minh-Ville annonçait cette libération. Rien sur les neuf victimes. 

 

Interview d’un jeune Vietnamien vivant à Ha Nôi, Lê Phuong, par Radio Free Asia le 15/01/2005.


Lê Phuong : « Pour nous, le but de cet assassinat est de menacer tous ceux qui veulent s’aventurer dans les eaux communes de pêche. Malgré les accords, la Chine prend possession de ces eaux par voie de fait…Le rêve d’impérialisme coule toujours dans le sang des dirigeants chinois. Que ce soit dans la Chine féodale ou la Chine socialiste. C’est clair qu’il faudra être extrêmement vigilant dans nos relations avec la Chine. Sinon, nous courrons de gros risques. D’après ma modeste opinion, le Viêt-Nam ne peut plus rester avec une idéologie qui a déjà joué son rôle historique dans le passé. De bonnes relations avec des nations du monde entier, quel que soit le passé, comme avec les Etats-Unis, empêcheraient la Chine de se comporter de façon abusive comme elle le fait actuellement »

 

Le témoignage du Vénérable Thich Thiên Minh, après 26 ans de prison (*)

 

Parmi les prisonniers de conscience libérés en même temps que le P. Nguyên Van Ly, à l'occasion du nouvel an lunaire, au début de février 2005, se trouvait un religieux bouddhiste, le Vénérable Thich Thiên Minh, qui sortait du camp Z20A de Xuân Lôc dans la province du Dông Nai, après 26 ans de détention. Il avait été arrêté en 1979 pour avoir refusé d'entériner la confiscation de sa pagode Vinh Binh à Bac Liêu par les autorités locales qui en firent un grenier communal. Pour avoir participé, en 1995 et 1996, à des manifestations de 200 prisonniers politiques réclamant la réforme des camps pénitentiaires, il avait été isolé dans un camp de forêt, où il fut gardé trois ans, pieds et poings liés. Dès le lendemain de sa libération, dans une interview réalisée par Y Lan pour la section vietnamienne de Radio Free Asia (1), on y entendait une voix d'une franchise peu commune, jugeant sans concession la politique dont il venait d'être victime. Prié de donner ses premières impressions après un quart de siècle d'internement, il affirmait qu'il n'avait fait que quitter une petite prison pour entrer dans une plus grande, celle de la société vietnamienne ! "Tant que la liberté, la démocratie, les droits de l'homme seront absents du Viet-Nam, a-t-il expliqué, , moi-même et mes 80 millions de mes compatriotes continuerons à vivre dans le silence, l'angoisse, le soupçon et des milliers d'autres difficultés".


Le 21 février dernier, le religieux s'est exprimé à nouveau dans une lettre envoyée par lui au Comité américain 
de protection de la liberté religieuse dans le monde
" (2) Le Vénérable Thich Thiên Minh prie le destinataire de sa lettre de ne pas se presser de retirer le Viet-Nam de la liste des pays où la situation de liberté religieuse est la plus préoccupante. Il énumère les conditions que le Viet-Nam devrait remplir avant d'être retiré de la liste en question. Elle sont au nombre de dix : libérer de prison tous les membres de diverses religions et des prisonniers politiques, restaurer des activités religieuses normales pour le bouddhisme unifié, dont il a énuméré plus haut la liste des hauts responsables internés ou en résidence surveillée, accorder aux fidèles du bouddhisme unifié le droit de visiter les hauts responsables, abandonner le décret 31 CP sur la détention administrative, amender entièrement l'ordonnance sur la croyance et la religion, introduire livres et journaux dans les prisons, établir pour les prisonniers de conscience un régime et une politique spéciale conforme au droit international, réformer le régime pénitentiaire des prisons, abolir l'article 4 de la constitution afin d'établir le pluripartisme et enfin, organiser sous un patronage international des élections générales à l'issue desquelles serait mise en oeuvre une politique de réconciliation et de dialogue qui remplacerait les haines, les divisions, l'inégalité régnant aujourd'hui.

La lettre du religieux s'achève sur le rappel des tragédies dont il a été témoin au cours de ce quart de siècle de détention. Il évoque le camp de Xuân Phuoc dans le Phu Yên, appelé aussi la"vallée des prisonniers" où les mauvais traitements ont conduit à la mort trois prêtres catholiques, le religieux rédemptoriste, le P. Nguyên Van Vang, accusé de comploter contre le pouvoir, mort de soif dans le camp, le P. Nguyên Quang Minh, curé de la paroisse de Vinh Son; à Saigon, accusé en 1976 de s'être joint à des officiers de l'ancienne armée. Il fut battu à mort pour avoir introduit des hosties dans le camp; le P.Nguyên Luân, prêtre du diocèse de Nha Trang, arrêté peu après le changement de régime, mort de pneumonie après avoir passé de nombreuses nuits sans couverture ni natte. La liste se termine par deux fidèles du Caodaïsme, Dinh Van Kiêp et Truong Phuoc Duc, eux aussi morts des suites de mauvais traitements qui leur ont été infligés 

 

Le religieux ajoute à cette liste, les noms de neuf prisonniers persécutés à cause de leur foi, encore internés au camp Z304 de Xuân Lôc, aujourd'hui très épuisés et malades, Il s'agit du P. Pham Minh Tri de la congrégation de la Co-Rédemption, interné depuis 18 ans et ayant perdu la raison depuis 10 ans; le P. Nguyên Viêt Huân, 56 ans, de la même congrégation; également interné depuis 18 ans, Le Van Chuong, religieux bouddhiste, Nguyên Van Si, religieux bouddhiste du petit véhicule ayant participé aux activités d'un parti d'opposition, Lê Van Tinh, cadre du bouddhisme Hoa Hao, militant dans le même parti que le précédent. Le religieux cite encore trois autres noms, un chrétien de 64 ans, Mai Xuân Khanh, un bouddhiste Hoa Hao de 71 ans, Phuong Van Kiên et un adepte du bouddhisme unifié âgé de 67 ans, Trân Van Thiêng. 

                                             Compte-rendu d’Eglises d’Asie


(1) Voir communiqué du Bureau international d'information bouddhiste du 4 février 2005
(2) Le texte a été publié par le Bureau international d'information bouddhiste à Paris, le 22 février 2005

(*) lors de son arrestation en 1979, le Vénérable Thich Thiên Minh n’avait que 25 ans.