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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 30 - 15 mai 2005

Le Viêt Nam 30 ans après : réalisations et perspectives

Vu Mông Lan


Introduction


En 1975, la République démocratique du Viêt Nam était un état faible dépendant des importations et de l’aide accordée par le bloc des pays de l’Est, l’ex-URSS et satellites. Les ressources intérieures ne parvenaient pas à satisfaire les besoins internes. A la planification centralisée qui produisait d’énormes surplus côtoyant d’effroyables pénuries, à l’instar du modèle soviétique, se greffaient les déformations inhérentes à une économie de guerre. Travail et capital n’étaient ni utilisés ni répartis de façon rationnelle. Des blocages de diverses natures entravaient le développement économique. Malgré sa faillite reconnue dans le nord du pays, ce modèle fut néanmoins appliqué à l’ensemble du territoire vietnamien après la réunification. En 1976, le 4ème Congrès du Parti communiste vietnamien décréta la marche forcenée du Sud vers le socialisme, à l’aide de déplacements forcés de population : s’ensuivit la collectivisation de l’agriculture, de l’industrie et du commerce.

Au début des années 80, sévit une grave crise économique : les dirigeants ont dû se résoudre à amoindrir les rigueurs de la collectivisation agricole et à réhabiliter le petit commerce, mais n’ont pas renoncé à socialiser le Sud. Quelques chiffres, éloquents, démontrent que les conditions de vie des Vietnamiens se sont dégradées entre 1976 et 1983 : en 1976, le revenu moyen per capita était estimé à 101 USD, en 1981 à 94 $ et en 1983 à 101 $. A partir de 1985, la croissance démographique s’accéléra et augmenta plus vite que la production agricole. Le budget était déficitaire. Durant toutes les années 80 les exportations équivalaient à 30-50% des importations. La balance des paiements était dans le rouge malgré les transferts effectués par la communauté vietnamienne vivant à l’étranger. Bien que ce déficit ait été partiellement comblé par les dons et l’aide du bloc soviétique, la dette extérieure a augmenté considérablement. Les relations avec les organismes multilatéraux comme le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale devinrent tendues et le Viêt Nam ne pouvait plus emprunter tant que les échéances existantes n’étaient pas honorées. L’inflation sévissait : 350% en 1986, 300% en 1987.


L’Economie de marché à orientation socialiste

 

 

A l’issue du 6ème Congrès du Parti communiste vietnamien, des mesures furent mises en œuvre. Au début de 1987, les services fournis par le secteur privé apparaissaient dans les grandes villes comme Ha Noï ou HCM-ville. Des lois furent promulguées sur les investissements étrangers, sur la terre, le commerce extérieur, la gestion des entreprises d’Etat, l’agriculture, le secteur privé, dans le cadre de la politique "Dôi Moi" (Perestroïka à la vietnamienne). Des mesures dont l’objectif est d’améliorer le fonctionnement de l’économie ou l’environnement macro-économique, d’instituer les mécanismes de l’économie de marché furent mises en œuvre : décentralisation des pouvoirs économiques, liberté des prix, réforme des entreprises publiques, reconnaissance des 5 composantes de l’économie, passage au système universellement adopté de comptabilité nationale basée sur les comptes nationaux.
Le modèle qui fut dès lors appliqué, dit d’« économie de marché à orientation socialiste » s’appuyait sur :


1) La priorité accordée aux entreprises d’Etat
2) Les investissements directs étrangers
3) Les exportations

1) Les entreprises d’Etat étaient (et le sont toujours) caractérisées par :
- leur utilisation intensive du capital, et leur rôle peu actif dans la création de nouveaux emplois : elles contribuaient pour 32,5% au PIB en 1990, 39,2% en 1996, 30% en 2002 ; elles employaient 11,3% de la population active en 1990, 9% en 1996, 5% en 2002.
- leur tendance à la concentration : 300 entreprises publiques détenaient 75% du capital de l’Etat, parmi lesquelles l’Electricité du Viêt Nam (65000 employés), la Poste (60000 employés), le Caoutchouc du Viêt Nam (188000 employés)…
- leurs dettes : 48% du PIB.

2) Sous l’effet de la loi sur les investissements étrangers, les investissements directs étrangers affluèrent au Viêt Nam de 1988 à 1996, surtout après la levée de l’embargo par les Etats-Unis en 1994. La crise financière asiatique conjuguée au ralentissement de la demande interne en tarit le flux ; il y eut une légère reprise après 2000, sans pour autant atteindre le niveau des années 1994-1995. 

Depuis 1987, plus de 4000 projets ont obtenu une licence d’investissement au Viêt Nam pour un montant total de 40.8 milliards USD. Certains ne seront jamais réalisés. Fin 2001, le taux de réalisation des projets licenciés était de 49,5%. Singapour (18,4% du total), Taiwan (13% du total), le Japon (10,6%), la Corée du Sud (8,5%), Hong Kong (7,4%) et la France (141 projets, 5.6% du total, 2,1 milliards $ de licences accordées) sont les premiers investisseurs étrangers au Viêt Nam. En 2003, 78% des investissements directs étrangers étaient concentrés dans l’industrie et la construction (28% dans l’industrie lourde, 27% dans l’industrie légère, 5% dans l’agroalimentaire, 6% dans la construction…).

Représentant 3,8% du territoire national, l’espace économique du Grand Saigon comptabilise en 2003, plus de la moitié des IDE reçus par le Viêt Nam. La France, qui ne fait pas exception à la règle, réalise près des ¾ de ses investissements au Viêt Nam dans le Grand Saigon. Les investissements français sont significatifs dans le secteur de la santé, la filière agricole et agroalimentaire, les infrastructures. 

Compte tenu du secteur informel, il est difficile d’évaluer l’épargne nationale. Le taux d’épargne a tendance à s’améliorer au fil du temps, sans égaler cependant celui d’autres pays asiatiques : 2,9% du PIB en 1990 ; 17% en 1993 ; 27% en 2000 ; 28% en 2003. L’épargne intérieure est constamment inférieure à la formation intérieure de capital, et l’écart a tendance à se creuser récemment à la suite du phénomène de fuite des capitaux.

3) Suite aux réformes entreprises, les exportations ont connu un bond en avant. Le ratio des exportations au PIB, qui caractérise l’ouverture commerciale, est estimé à 59,6% (contre 28,7% en 1993), ce qui démontre une forte ouverture. Les exportations per capita, 287 $, paraissent néanmoins faibles, comparées à celles d’autres pays voisins, comme la Thaïlande par exemple (3 à 4 fois plus). 

Assez peu diversifiées, elles reposent soit sur des produits utilisant une technologie rudimentaire et beaucoup de main-d’œuvre, soit sur les ressources naturelles : chaussures, vêtements, pétrole brut, produits de la mer, riz, café, caoutchouc, noix de cajou. 

Les Etats-Unis sont devenus le principal marché pour les exportations vietnamiennes : 22% du total des exportations, suivis du Japon (14,6%), de l’Australie (7%) et de la Chine (6%). Quatre pays de l’Union Européenne (Allemagne, France, Royaume-Uni, Pays-Bas) totalisent 15% des exportations vietnamiennes.

Côté fournisseurs, quatre pays asiatiques (la Chine, le Japon, la Corée du Sud, Singapour) se partagent le marché vietnamien (47% du total des importations vietnamiennes). Le Viêt Nam importe beaucoup de matières premières (63,5% des importations) pour ses raffineries de pétrole ainsi que pour son industrie textile.

Les exportations vietnamiennes vers la France progressent plus rapidement que les importations vietnamiennes en provenance de la France, et la balance commerciale se détériore du côté français (459 Millions d’Euros en 2003). Les principales exportations françaises en 2003 sont les préparations pharmaceutiques (64M€), les moteurs et turbines (37M€), les appareils d’émission et de transmission (32 M€), les produits de la construction aéronautique (24M€), le matériel de distribution de commande (12 M€)...La France détient 1,9% de part de marché au Viêt Nam. Les importations par la France consistent surtout en chaussures (387 M€), suivies de vêtements (47M€), d’articles de voyage et maroquinerie (42 M€), de fruits et plantes à boisson (41 M€)... 


Où en est le Viêt Nam ?


Le 9ème Congrès du Parti communiste, qui s’est tenu en avril 2001, a confirmé la poursuite de la politique du « Doi Moi » menée depuis 1986. Il y a dix ans, le Viêt Nam se trouvait parmi les nations les plus pauvres de la planète, aux côtés des pays tels le Népal, le Burundi, l’Ouganda, la Sierra Leone. Qu’en est-il de nos jours ?
Le Viêt Nam est doté d’une superficie de 329 560 km² et d’une population de 81,3 M d’habitants. La densité est élevée, soit 247 habitants par km². 32% de la population ont moins de 15 ans, 5,4% plus de 65 ans. La participation des femmes à la vie active est élevée, comparée aux autres pays asiatiques. La main-d’œuvre est nombreuse et bon marché, bien que bénéficiant de peu de formation.


Le revenu par habitant


En 2002, le Viêt Nam était classé 166 sur 206 pays avec un revenu moyen per capita de 430 USD. Seulement, quand on compare sa croissance à celles des pays de l’ANSEA (Association des Nations du Sud-Est Asiatique) ou de la Chine, il ne fait pas mieux avec 33% de croissance sur la période 1999-2003, contre 38% pour la Chine et 37% pour l’Indonésie. Un exercice d’extrapolation à partir de données réelles observées sur la période 1976-2003 donnerait un PIB de 400000 milliards de Dong en 2015 (à prix constants de 1994, par conséquent en éliminant toute incidence des prix). Ce qui donnerait un taux de croissance de 2% sur le long terme. En admettant que la courbe se redresse et que le Viêt Nam réussisse à maintenir un taux de 7% sur la décennie prochaine, le PIB de 2015 atteindrait 760000 milliards de Dongs, ce qui reviendrait au doublement du PIB actuel. Or, les PIB thaïlandais ou indonésien de 2004 équivalent déjà à 4 fois le PIB vietnamien.


Le développement humain


Avec un indice de 0,691, le Viêt Nam se classe au 112ème rang mondial (sur 177 pays). Parmi les autres pays à développement humain moyen, se trouvent la Malaisie (59ème), la Thaïlande (76ème), l’Indonésie (111ème). La croissance de l’indice vietnamien suit le même rythme que celle d’autres pays, ce qui veut dire en d’autres termes que le Viêt Nam ne fait pas mieux que les autres, et par conséquent, n’est pas arrivé à réduire l’écart originel avec les pays asiatiques à indice supérieur.

La Banque Mondiale montre qu’entre 1993 et 2002, la proportion de la population vivant sous le seuil national de pauvreté est passé de 50,9% à 29%, grâce à son assistance et suite à la lutte financée par elle contre la pauvreté. Il demeure toujours 30% d’ enfants de moins de 5 ans mal-nourris ; 33% d’entre eux ont un poids en-dessous de la moyenne, 36% d’entre eux ont une taille inférieure à la moyenne. Le quart de la population n’accède pas à une source d’eau améliorée, la moitié de la population ne bénéficie pas de moyens sanitaires améliorés. 5% de la population des plus de 15 ans sont analphabètes. Le Viêt Nam connaît une faible urbanisation, plus des ¾ de la population vivent en milieu rural. Les inégalités dans la répartition des revenus ont augmenté avec la croissance, de grandes disparités sont observées entre les villes et les campagnes, entre les sept régions du Viêt Nam, entre les ethnies. Ainsi, la moitié des enfants non scolarisés des classes primaires appartient aux minorités ethniques, l’autre moitié comporte des enfants handicapés ou sans famille. La majorité de ces enfants non scolarisés habite les régions de montagne dans le Nord, les Hauts-Plateaux du Centre, et le delta du Mékong. La proportion des paysans sans terre a augmenté entre 1992 et 1998 dans 5 régions sur 7, 79% des pauvres vivent de l’agriculture. Le soulèvement des minorités ethniques dans les Hauts-Plateaux de février 2001, les révoltes de paysans de Thai Binh sont les signes perceptibles d’une certaine instabilité sociale.


Le degré de corruption


Transparence Internationale classe le Viêt Nam au 102ème rang (sur 146 pays observés) en 2004, ex-aequo avec l’Ouganda, Papou-Nouvelle Guinée, les Philippines, l’Erythrée et la Zambie. La note du Viêt Nam est 2,6 sur 10 (les pays les plus corrompus, le Bangladesh et Haïti ont une note de 1,5)

Les libertés économiques


D’après The Heritage Foundation, le Viêt Nam occupe le 137ème rang (sur les 155 pays notés) avec un indice de 3,83. La Corée du Nord est placée en queue de liste avec 5 points, les champions de la liberté économique sont Hong Kong et Singapour (respectivement 1,35 et 1,6 points). Il n’y a pas eu de nette amélioration de l’indice vietnamien de liberté économique depuis 10 ans (4,5 en 1995).


La compétitivité


Au regard de la compétitivité macro-économique, le Forum Economique Mondial met le Viêt Nam au rang 77 sur 104 (avec une note équivalant à 3,47). Quant à la compétitivité micro-économique, le Viêt Nam est classé 79ème sur 103 pays. Rappelons que la Chine est classée 46ème, la Thaïlande 34ème, la Malaisie 31ème, l’Indonésie 69ème, les Philippines 76ème, Singapour 7ème au regard de la compétitivité macro-économique. Pour la compétitivité micro-économique, Singapour se trouve au 10ème rang, la Malaisie 23ème, la Thaïlande 37ème, la Chine 47ème, les Philippines 70ème, l’Indonésie 44ème. Ainsi, le Viêt Nam ne semble pas disposer d’atouts suffisants pour lutter contre ses voisins asiatiques sur les marchés internationaux.


Les investissements directs étrangers/l’APD


Les IDE ne représentent plus que 3% du PIB en 2002, contre 10% en 1996-1997. Les flux d’IDE qui se dirigent vers le Viêt Nam depuis 1999 sont modestes, comparés à ceux drainés par les autres pays asiatiques : 1353 M $ en moyenne sur la période 1999-2002, contre 42675 M $ pour la Chine, 3547 M $ pour la Thaïlande, 2860 M $ pour la Malaisie et 10689 M $ pour Singapour. L’argument de la main-d’œuvre bon marché, principal attrait du Viêt Nam, n’est donc pas assez puissant pour séduire les investisseurs internationaux, qui préfèrent des pays à salaires plus élevés comme la Malaisie et même, Singapour. Les flux d’IDE sont équivalents en valeur aux flux d’Aide publique pour le Développement que reçoit le Viêt Nam sur la période 1999-2002. En 2003, les flux d’IDE avoisinent 1200 M $, tandis que ceux au titre de l’APD (dons et prêts concessionnels) atteignent 2043 M $. Les transferts unilatéraux de Vietnamiens résidant à l’étranger sont évalués à 2000-3000 M$. La comparaison de ces différents flux met en exergue les piliers de la croissance vietnamienne : les bailleurs de fonds internationaux, les investisseurs internationaux et la communauté vietnamienne résidant à l’étranger.

Or, que demandent les uns et les autres ? Les investisseurs internationaux demandent un environnement moins corrompu et moins bureaucratique, un cadre légal stable et clair, un système judiciaire efficace pour arbitrer les litiges éventuels, une meilleure infrastructure, un système bancaire plus performant. Les bailleurs de fonds internationaux préconisent plus de transparence dans les décisions des autorités vietnamiennes, ainsi que des réformes réelles dans les entreprises publiques pour en améliorer la gestion et la rentabilité. Nombreuses sont les voix de la communauté vietnamienne résidant à l’étranger, qui réclament la construction d’un Etat de droit, respectueux des libertés fondamentales et des Droits de l’Homme.


Conclusion

 

Près de trois décennies se sont déroulées après la réunification du pays, mais le Viêt Nam est demeuré un pays à bas revenu, avec moins de 500 $ par personne et par an (166ème sur 206 pays) ; son développement humain est moyen (112ème sur 177 pays) ; le degré de corruption est élevé (102ème sur 146 pays), les libertés économiques ont peu évolué (137ème sur 155 pays), la compétitivité macro-économique est médiocre (77ème sur 104 pays), tout comme la compétitivité micro-économique (79ème sur 103 pays). Les projections à moyen terme montrent que le Viêt Nam aura du mal à s’échapper du peloton de queue des pays en développement, en concurrence acharnée pour l’Aide publique pour le Développement et pour les investissements directs internatio-naux. 

Son principal atout demeure l’existence d’une diaspora résidant principalement en Europe et en Amérique du Nord, dont les réalisations professionnelles, l’esprit d’entreprise, les capitaux financiers et relationnels s’avèrent précieux dans cette ère de mondialisation qu’est le troisième millénaire. Dans un contexte d’interdépendance complexe, l’adhésion aux organisations régionales ou multilatérales ne peut être assimilée à une bonne opportunité. Elle le deviendra, si le Viêt-Nam parvient à édifier une société démocratique et respectueuse des Droits de l’Homme, à améliorer sa compétivité, à résoudre de façon harmonieuse les préjudices sociaux causés par son intégration à l’économie mondiale, à mobiliser des experts capables à la fois de négocier et de défendre sa souveraineté nationale dans les enceintes internationales. V.M.L.


Le poids de la diaspora dans l’économie vietnamienne


Lâm Thanh Liêm


On estime à 3 millions de Vietnamiens vivant éparpillés dans le monde. Il sont concentrés en Amérique du Nord (1,5 million de personnes), en Europe (650.000, dont plus de 500.000 dans la CEE, et 130.000 en Russie et dans les autres anciens pays socialistes de l’Europe de l’Est), en Océanie (200.000, essentiellement en Australie) et en Asie (550.000) où la majorité des immigrés venus du Viet-Nam est d’origine chinoise. Les Vietnamiens de l’étranger, résidant en Europe à économie libérale, sont pour la plupart des réfugiés, qui ont fui le régime communiste nord-vietnamien, lors de sa prise de pouvoir à Saigon en avril 1975. Par contre, ceux qui se sont installés en Russie et en Europe de l’Est sont des travailleurs émigrés, « dans le cadre de la division du travail du socialisme » avant l’effondrement du bloc communiste dans les années 1989-1991. Considérés naguère comme « des traîtres à la patrie », les Vietnamiens exilés ont été autorisés, depuis 1987, à retourner dans le pays pour revoir leurs proches. En agissant de la sorte, Ha Nôi vise à les exploiter sous divers aspects :

I.- Le tourisme : Sur 2,9 millions de touristes étrangers en visite au Viet-Nam en 2004, près de 20% ont été des « Viêt kiêu », en provenance essentiellement des pays dits « capitalistes ». Les touristes étrangers ont rapporté 1,2 milliard de dollars, auxquels on peut ajouter 2,6 milliards envoyés par la diaspora vietnamienne sous forme de mandats pour aider ses proches dans le pays, soit au total 3,8 milliards de dollars. En réalité, ce montant aurait pu atteindre 4 milliards (ou davantage), si l’on avait pris en compte les remises non officielles par l’intermédiaire des parents ou des amis revenus de l’étranger. Son apport important en devises a permis à Ha Nôi de combler le déficit de la balance commerciale. Cependant, celui-ci a eu tendance à se creuser depuis la crise financière asiatique en 1997. A partir de cette date, les débouchés d’exportation du Viet-Nam en Asie se sont rétrécis progressivement comme une peau de chagrin, en raison de la rude concurrence des autres pays de la région. De 77% de son commerce extérieur par an, ils ont été ramenés à moins de 50% aujourd’hui. Ils sont relégués désormais au 2e rang, après les Etats-Unis et la CEE, devenus les premiers partenaires commerciaux du Viet-Nam (avec un chiffre d’affaires d’exportation totalisant 52,6%). Son commerce extérieur a rapporté 26 milliards de dollars en 2004, contre 31,5 milliards, la somme des dépenses occasionnées par les importations, ce qui s’est traduit par un déficit record de la balance commerciale semblable à l’année précédente (plus de 5 milliards de dollars). Pour combler la perte progressive de ses débouchés d’exportation en Asie et compenser la chute inexorable des investissements étrangers depuis la crise financière asiatique, Ha Nôi a pris l’initiative de mener une politique dite de « stimulation à la consommation nationale » (sic) pour la relance du développement économique du pays. Pour ce faire, il a encouragé, d’une part, les « capitalistes nationaux » (les Vietnamiens exilés compris) à investir pour accroître la production des biens de consommation en vue de stimuler la consommation nationale (et non pour l’exportation), et d’autre part, des crédits massifs au taux préférentiel ont été débloqués pour subventionner les entreprises publiques en difficulté ou en faillite dans le but de les maintenir en activité coûte que coûte et d’éviter le licenciement des travailleurs. Cette politique aventureuse s’est traduite immédiatement par le déficit aggravant de la balance commerciale. Le contrôle inefficace sur la masse monétaire et la corruption à tous les niveaux se sont traduits par sa mise en circulation excessive sur le marché, menaçant le dérapage inflationniste. Heureusement, ce déficit a pu être comblé, grâce aux devises envoyées par la diaspora vietnamienne. A cela on peut ajouter un milliard de dollars d’investissement direct des pays étrangers et d’aide économique de la CEE, du Japon et des organismes financiers internationaux. Pourtant, le taux d’inflation a atteint 9,5% en 2004 (presque le double fixé par l’Etat à 5%).

II.- L’appel aux Vietnamiens exilés pour investir davantage de capitaux et apporter leur savoir-faire dans le développement économique du pays : 

Outre leur apport substantiel en devises, les Vietnamiens exilés possèdent de plus en plus un niveau élevé d’instruction. On évalue à 350.000 ou 400.000 le nombre des titulaires de diplômes universitaires et post-universitaires aujourd’hui. Bon nombre d’entre eux assument des fonctions importantes dans les pays où ils vivent en tant que techniciens ou cadres supérieurs travaillant dans des domaines très variés. Ha Nôi a subitement changé de politique vis-à- vis de ces élites et des hommes d’affaires vietnamiens exilés. D’abord regardés comme des « traîtres à la patrie » et des « capitalistes exploiteurs du peuple », ils ont été considérés désormais « comme la partie intégrante, indissociable de la communauté des ethnies du Vietnam » (sic). En tant que telle, la résolution N°36, prise par le Bureau politique (en mars 2004), leur accorde des faveurs et privilèges semblables à ceux de leurs compatriotes dans le pays. En faisant cela, Ha Nôi espère convaincre les Vietnamiens exilés de revenir nombreux au Viet-Nam pour collaborer avec le régime, investir et apporter leur savoir-faire, leur expérience au service du pays. Mais, cette politique n’a pas réussi à les persuader jusqu’à présent. Le montant total de leurs investissements de 2001 à 2004 a été modeste (90 millions de dollars environ). Les raisons invoquées pour expliquer leur refus d’investir massivement sont multiples. Le Viet-Nam est un pays d’investissement à hauts risques, classé au 2e rang après le Pakistan en Asie. Le double langage de l’Etat vietnamien ne leur a pas inspiré confiance. Le code des investissements étrangers, la loi sur l’encouragement à l’investissement local, ainsi que leurs amendements, leurs textes et leurs décrets d’application sont flous, ambigus, se superposent, se contredisent, de telle sorte que les investisseurs ne savent pas comment s’y prendre. D’ailleurs, les hauts responsables en ont profité pour exiger « des pots-de-vin ». La lenteur administrative et la bureaucratie tatillonne ont été aussi à l’origine de la corruption, devenue un « véritable fléau national » (sic), ce qui décourage les investisseurs étrangers (les « Viêt kiêu » compris), sans parler de la volte-face impromptue de Ha Nôi, qui risquerait d’entraîner des conséquences incalculables, comme ce fut le cas pour les deux investisseurs vietnamiens de l’étranger TRINH VINH BINH et NGUYÊN GIA THIÊU par exemple, affaire qui a fait couler beaucoup d’encre tant au Viet-Nam qu’à l’étranger.

- Le premier, de nationalité hollandaise, directeur d’une entreprise privée, a été condamné en 1999 à 13 ans de prison ferme (dont 5 ans pour « fraudes fiscales, de gestion et d’usage des terres », et 8 ans pour « corruption »). Tous ses biens ont été confisqués (entreprises, bureaux de représentation, immeubles, terres, etc..).
- Le deuxième, de nationalité française, directeur d’une grosse société à capitaux 100% étrangers, la société Dông Nam, accusé de « fraudes fiscales et de contrebande » de téléphones portables Nokia, Samsung, entre autres dont il est distributeur au Viet-Nam, a été jeté en prison (en janvier 2003). Son entreprise et autres biens ont été mis sous scellés.
De même, la coopération des scientifiques et des experts de haut niveau avec l’Etat vietnamien n’a pas été non plus satisfaisante jusqu’à présent. On n’en cite que deux exemples :

- Un Canadien volontaire de souche vietnamienne travaille au Ministère des Financières comme « conseiller ».
- Un autre, venu de l’Australie, dans le cadre de l’aide d’experts onusiens au Viet-Nam.

III. En définitive : L’apport substantiel des Vietnamiens exilés en devises a aidé Ha Nôi à éviter le dérapage inflationniste. En revanche, il a essuyé un échec cuisant dans sa politique de « séduction », de « réconciliation » sans réussir à les persuader de coopérer avec le régime pour la relance du développement de l’économie nationale. Plus que jamais le Viet-Nam est devenu dépendant de débouchés des pays dits « capitalistes », notamment des Etats-Unis et de la CEE, ainsi que des organismes financiers internationaux. Son ouverture aux pays non socialistes est irréversible. Acculé, Ha Nôi devrait, bon gré mal gré, réformer tôt ou tard son régime (conformément à l’économie de marché), pour pouvoir continuer de bénéficier de leur aide économique, financière et technique, en vue de préparer son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce prévue pour 2006. L.T.L.


Opinions


Nous avons demandé à des opposants au régime communiste vivant à Paris leur opinion sur la situation vietnamienne lors de la Table ronde du 26 avril 2005 au Palais Bourbon

M. Bui Tin :L’absurdité de la situation est à la fois douloureuse et ironique, le Parti communiste vietnamien a donné à son système le nom de « démocratie populaire », « le gouvernement du peuple », « le tribunal populaire », le « comité populaire »…dans lequel le pouvoir de décision du peuple est désigné par un zéro.

Le Parti communiste vietnamien est en train de préparer le Xe Congrès qui aura lieu au début de 2006 ; les réunions préparatoires de toutes les organisations ont un facteur commun : la demande de démocratisation multipartiste est la demande la plus urgente, la plus forte, au sein même du Parti, parmi les intellectuels, les anciens militaires, les jeunes…, d’après le fameux slogan « rien n’est plus précieux que l’indépendance et la liberté ». Sans la liberté politique fondamentale donnée au peuple, cette belle phrase n’est tout juste qu’un appât à jeter aux chiens. La tromperie a trop duré et le peuple ne la supporte plus.

J’espère que nos amis français, ceux qui aiment la démocratie et la liberté, les véritables amis du Viet-Nam, nous soutiennent dans cette lutte pour le droit de vivre et pour la dignité. B.T.

M. Ton That Long :Il est troublant de voir deux facteurs contradictoires sur la légitimité du régime politique actuel au Viet-Nam. 

Le premier facteur, connu par tout le monde depuis trente ans: Le Viet-Nam est sous la domination d'un parti unique qui impose sa loi absolue sur tout le peuple, en violant l'Accord de Paix qu'il a signé en 1973. Certes, il y a eu des élections organisées par le Parti au pouvoir, le PCV, mais il s'agissait simplement d’ élections trichées, avec des candidats désignés par le Parti et des électeurs forcés, pour organiser son appareil de répression sur tout le peuple. Le PCV n'a jamais pensé à entamer des procédures pour justifier la légitimité du régime.

Le deuxième facteur provient du fait que, en 1982, étant volontairement signataire de la Charte des Droits de l'Homme de l'ONU, le régime actuel doit engager le pays vers la voie démocratique ou, en particulier, entamer des procédures de légitimation de son propre régime. Or rien n'est encore fait dans ces directions, malgré la montée grandissante de l'opposition dans le pays et de l'opinion mondiale et à l'intérieur même du PCV...
Enfin, le problème est de savoir jusqu'à quand ce régime totalitaire peut durer,... Sans attendre que ce régime se décompose et dégénère complètement,... Il est dans l'intérêt même du parti au pouvoir de prendre l'initiative de démocratiser son régime... Et, dans cette perspective immédiate, je veux dire au PCV qu'il n'a pas d'autres alternatives que d'adopter l'une des trois (ou successivement les trois) procédures suivantes:

1. La première consiste à rendre légitime un fait accompli, en organisant un référendum pour approuver ou rejeter la Constitution actuelle de 1992 qui contient le fameux article 4: "Le Parti communiste du Vietnam,..., est la force qui dirige l'Etat et la Société,..." sur le rôle dominant du PCV.

2. La deuxième solution consiste à laisser le PCV préparer un projet pour une nouvelle Constitution (en particulier, un texte ne contenant aucune référence sur le rôle du PCV) et le soumettre au verdict populaire par voie de référendum.

3. La troisième solution consiste à organiser une élection libre (en acceptant le contrôle des observateurs internationaux) pour élire une Assemblée ayant pour seule tâche de préparer une nouvelle Constitution.

Bien évidemment, toutes ces consultations populaires doivent être réalisées dans des conditions normales en respectant les droits fondamentaux des citoyens,... laissant au peuple le droit de décider de son avenir.

M. Nguyên Ngoc Duc : Ce que nous demandons d’abord, c’est la liberté d’expression . C’est par la liberté d’expression que l’opinion se forme, qu’il y a une prise de conscience politique du peuple.

Je veux ajouter que d’après les multiples analyses, l’économie vietnamienne dépend pour une grande part de l’apport économique de la communauté vietnamienne vivant à l’étranger. La communauté vietnamienne à l’étranger doit prendre conscience de son poids économique et donc de son poids politique.


Politique de rééducation

 

Buu Lich


Quelles sont les raisons de la rééducation et leurs conséquences ?

Deux facteurs explicatifs : L’idéologie communiste haineuse et manichéenne divise le monde en ami et ennemi, légifère impunément sur le Bien et le Mal, le Vice et la Vertu. En fonction de cette idéologie, les bureaucrates et les militaires du Nord-Viêt-Nam se sont mis à déporter dans les camps de rééducation les fonctionnaires et les militaires, les politiques, les intellectuels et les écrivains, les industriels, les hommes d’affaires, les commerçants plus ou moins riches du Sud Viêt-Nam en les accusant de toutes sortes de crimes imaginaires sans le moindre chef d’inculpation. Tout l’encadrement du Sud Viêt-Nam, l’Etat et la société civile ont été ainsi anéantis, démantelés.

Mobile politique : derrière l’idéologie justificatrice sont dissimulés à peine les intérêts bien concrets de la caste bureaucratique et militaire du Nord Viêt-Nam. Il s’agissait pour elle de monopoliser le pouvoir et de confisquer les biens pour leur bénéfice personnel.

Conséquences : bien que considérable le chiffre des rééduqués ne peut être évalué exactement.Mais l’important est que dans chaque famille sud-vietnamienne, il y avait au moins une ou plusieurs personnes déportées ou emprisonnées. Soit un père ou une mère, un fils ou une fille, un mari, une femme, un cousin plus ou moins éloigné…de telle sorte que la cellule de base de la société qu’est la famille avait été complètement brisée. Tout un peuple vaincu, humilié, bafoué et culpabilisé s’est vu interdire de participer à la reconstruction d’un pays ravagé par trois guerres successives au cours d’un demi-siècle. Le drame des boat people en est la manifestation la plus visible.

Mais aujourd’hui, ce régime corrompu et sclérosé ne se sent pas du tout gêné d’intensifier sa propagande pour rallier la diapora vietnamienne composée en majorité des victimes de ses persécutions en lui demandant de l’aider à survivre avec son argent et ses compétences. B.L




Au comité organisateur de la Table ronde
1975-2005
Expériences vietnamiennes 

Bien que des amis qui luttent pour la démocratie à l’intérieur du pays m’aient aidé à organiser mon départ, bien que l’ambassade de France ait accepté de me donner immédiatement le visa d’entrée en France en me dispensant de tous les papiers habituels, je n’ai pas pu obtenir l’autorisation de quitter le pays.

Je remercie sincèrement le comité organisateur de la Table ronde « Expériences vietnamiennes » de m’avoir envoyé l’invitation, je remercie les amis qui luttent pour la démocratie de m’avoir encouragé, d’avoir montré leur attente en mon voyage. Je remercie aussi M. le Premier Secrétaire et Mme le Chef du service des visas de l’ambassade de France pour leur généreuse compréhension 

Je souhaite à la Table ronde un très grand succès.


Nguyen Thanh Giang

 

 

1975-2005 Expériences vietnamiennes

 

Le Médecin du Viêt-Nam et Viêt-Nam infos ont organisé une Table ronde au Palais Bourbon le 26 avril dernier sur le thème : « 1975-2005 Expériences vietnamiennes. 
Comment les communistes vietnamiens ont géré la sortie de la guerre et ont gouverné le pays depuis 30 ans. »


Avec la participation de : Vu Quoc Thuc/ Olivier Todd/ Général Guy Simon/ Bui Tin / Tran Duc Tuong/

Nguyen Ngoc Bich/ Lam Thanh Liem/Vu thu Hien/ Tran Thanh Hiep/ Vu Mong Lan/ Catherine Marin/ Nguyen Ngoc Duc/ Buu Lich / Bui Xuan Quang.

Interview de Nguyen Thanh Giang, intellectuel progressiste, (une des principales voix appelant à la démocratie au Viêt-Nam ) réalisée par téléphone le 20 avril 2005 par Viêt-Nam infos.

J’ai bien reçu une invitation de M. Bui Xuan Quang pour participer à cette Table ronde, je regrette de ne pas pouvoir le faire à cause d’une décision arbitraire des autorités.

Avant tout, l’idée d’organiser une Table ronde sur les expériences vietnamiennes des trente dernières années est excellente. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui d’un côté ou de l’autre disent qu’il faut oublier le passé. C’est faux, le passé est à préserver, à commémorer avec lucidité et aussi avec humanité.

La guerre américaine du Viêt-Nam est une guerre qui n’a pas de sens, ni pour le Viêt-Nam, ni pour les Etats-Unis. C’était une guerre évitable, qui aurait pu être évitée et qui finalement n’avait pas été évitée.

Les Etats-Unis ont perdu des dizaines de milliers d’ hommes. Tandis que le Viêt-Nam a connu des souffrances extrêmes pour rien. On a espéré reconstruire rapidement le pays mais en fait, son développement est lent et pèche en qualité ainsi qu’en quantité Nous avons suivi le socialisme parce que le capitalisme divise les riches et les pauvres. Mais en ce moment, c’est de pire en pire. Le coefficient qui sépare les riches et les pauvres atteint le chiffre 40 au Viêt-Nam, alors qu’il n’est que de 25 dans des pays capitalistes comme le Japon, le Danemark.

Cette société crée l’injustice. Cette société crée une classe de capitalistes rouges qui ne possèdent aucun talent particulier, juste le pouvoir politique. Quand le Viêt-Nam est entré dans l’économie de marché, c’est sans aucune sincérité. On dit que c’est l’économie de marché à orientation socialiste, mais en fait la société vietnamienne est entrée dans un système de capitalisme sauvage, 



basé sur l’injustice. La raison de cette injustice est la contradiction entre l’économie de marché et le socialisme. Les gens du pouvoir accaparent les terres, se les partagent entre eux pour créer de nouveaux riches, à millions, à milliards de dollars. A cause de cette injustice, l’éducation est délaissée. Des élèves arrivant en troisième ne savent pas lire. On achète de faux diplômes, de faux papiers. D’autres domaines subissent le même sort. Par exemple le transport. Le transport comme l’éducation est négligé. Les accidents se multiplient. C’est comme si on était en pleine guerre avec 1008 morts dans les accidents de circulation par mois. 
En résumé, après 30 ans, si le Viêt-Nam est en retard par rapport au reste du monde, si la société vietnamienne est dégradée de telle sorte, cela vient de trois facteurs :

1/ Le niveau des dirigeants est faible devant les véritables défis du pays. Il est faible si l’on compare à la capacité de la matière grise existante du pays. Il n’y a pas d’élections libres. C’est le système « le Parti choisit, le peuple vote ».
2/ Le système politique est arriéré, comme l’institution administrative. Ce qui amène systématiquement à la dégradation de la société, à la corruption.
3/ la dictature totalitaire (độc tài, độc quyền, độc đoán) est un pouvoir qui freine le développement de la nation.NTG

 

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L’AFVE a pour but de venir en aide à ceux qui sont opprimés au Viêt-Nam à cause de leur engagement pour la liberté de pensée et d’expression, et à leur famille.

Membres fondateurs :

Bui Tin / Bui Xuân Quang / Nguyên Quoc Nam / Nguyên Thi Thanh Vân / Nguyên Van Trân / Tôn That Long / Trinh Long Hai / Vo Nhân Tri / Vu Quoc Thuc.  

Président : Bui Xuân Quang

Secrétaire générale : Nguyên Thi Thanh Vân ;

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