VIET NAM infos
 
         
     
 
 
 

 

 

 

SOMMAIRE

 

Édito

 

Archives

 

Thèmes et humeurs

Dossiers

économie/politique

culture/société

brèves

Documentation

 

Contacts

 

Liens

 

 

 

 
 
 

 

 

Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 5 - 15 mars 2001

PECHINEY va être associé à un grand projet : construction d'un complexe pour l'exploitation du bauxite au Viêt-Nam. Le projet comprend aussi une usine hydroélectrique à Tân Rai dans la province de Lâm Dông. L'usine proprement dite se trouvera à 220km au nord-ouest de Ho Chi Minh-Ville et commencera à fonctionner en 2006. Elle fournira à ses débuts 300 000 tonnes d'alumina, base de l'aluminium. Cette usine sera la plus grande usine de production d'aluminium du Sud-Est asiatique. Son budget prévisionnel est de 930 millions de dollars.

Un rapport pessimiste de l'UNDP

D'après l'organisme de programme de développement de l'ONU, au Viêt-Nam, les forêts ne couvrent plus que 28%, 700 races d'animaux sont classées dans la liste d'animaux en voie d' extinction, les déchets d'usines de toutes sortes ne sont pas contrôlés, la pollution atmosphérique dans les grandes villes, dépasse de très loin, de 2 à 5 fois, les normes fixées par le Viêt-Nam lui-même. Le taux de croissance de la population est actuellement de 2,07%. Elle doublera tous les 34 ans. C'est-à-dire, en 2034, la population vietnamienne sera de 155 millions.

INAUGURATION DU PLUS GRAND HYPERMARCHE DU VIET-NAM. L'hypermarché Cora An Lac avec ses 27 000 rayons répartis sur une superficie de 100 000m2 a été inauguré les 14-15 mars 2001 à Ho Chi Minh-Ville. Cet hypermarché est une réalisation des sociétés Bourbon/Vindemia et BCCIC. Son coût de construction est de 35 millions de dollars. Les 98% des produits mis en vente seraient de production locale.

LA SOCIETE TAIWANAISE CTCI CORPORATION vient de signer un contrat avec la société d'Etat EPCC pour créer la première usine de raffinerie de pétrole du Viêt-Nam.

L'usine sera construite dans la province de Ba Ria-Vung Tau et coûtera 17 millions de dollars, CTCI Corporation mettra pour sa part 11 millions dans la cagnotte. Fin 2002, 30% de la consommation d'essence du Sud seront couverts par la production de cette usine. Chiffres sous toutes réserves. Pour la construction de l'usine, des sociétés françaises ont proposé leur savoir-faire.

LE TOURISME PROGRESSE. En l'an 2000, on peut compter 2,13 millions de visiteurs. 20% de plus que 1999. Le Viêt-Nam attire particulièrement les touristes japonais. 160 000 Japonais, en grande majorité des femmes, ont choisi Ha Nôi et Ho Chi Minh-Ville pour faire des emplettes en produits artisanaux. Les hommes d'affaires préfèrent les six plages accueillantes du Sud pour éliminer leur fatigue en douceur. (Notons : en 2000, 200000 Japonais ont visité les Etats-Unis -100000, la France).

D'ici à 2010, le Viêt-Nam compte pouvoir exporter 1,85 milliard de dollars de fruits et légumes par an. Chiffre déjà atteint par la Thailande actuellement.

Les montagnards se révoltent

Pendant quatre jours, du 2 au 5 février derniers, des milliers de membres des minorités ethniques des hauts plateaux du Centre Viêt-Nam, des provinces de Gia Lai et de Dac Lac, étaient les auteurs d'émeutes les plus graves depuis l'installation du régime communiste sur tout le Viêt-Nam.

Le 29 janvier, deux montagnards de religion protestante, Rahlan Pon et Rahlan Djian ont été arrêtés et maltraités par les forces de sécurité de Pleiku. Le 2 février, plusieurs milliers de montagnards (environ 6 000) marchèrent sur les préfectures de Pleiku et de Ban Me Thuôt pour exiger la libération des deux personnes emprisonnées. Les violences de la répression ont déclenché de véritables émeutes. Le 4 février, le mouvement de protestation se propagea avec 20000 manifestants qui demandèrent la restitution des terres ancestrales confisquées pour la plantation de café. L'armée soutenue par des hélicoptères a dû intervenir pour ramener le calme.

Les autorités orientaient l'attention vers une manifestation de défense raciale des minorités ethniques Jarai, E-De, Ba-Na... contre les Kinh (ou Viet), puis accusaient le FULRO (Front uni pour la libération des races opprimées) d'être à l'origine des émeutes. D'après des informations de différentes sources, malgré quelques débordements inévitables, il semble que les manifestants n'avaient pas attaqué les propriétés des "colons" Kinh mais avaient voulu se rassembler devant les sièges des chefs-lieux du Parti communiste. On pouvait voir des slogans du type :"retour des terres confisquées", "droits de l'Homme", "liberté religieuse", "autonomie" et non des slogans à caractère racial.

Une manifestation de 20 000 personnes ne pouvait être improvisée. M. Kok Ksor, un ancien dirigeant du FULRO et actuellement président de la "Montagnard Foundation", organisation dont le siège est situé dans la Caroline du Sud (Etats-Unis), a été accusé comme le principal instigateur de ces mouvements. M. Kok Ksor a déclaré que le FULRO (qui a mené une guérilla anti-communiste jusqu'au début des années 90) n'avait plus d'activités et que les montagnards utilisaient désormais la voie pacifique pour atteindre leur but.

Les autorités communistes ont annoncé le 12 février qu'elles avaient arrêté 15 personnes soupçonnées d'appartenir au FULRO et 5 autres montagnards, de religion protestante, étaient vivement recherchés.

Un changement à la tête du parti communiste peut-il faire avancer le régime ?

Une ultime réunion des 170 membres du comité central du PCV s'ouvre depuis mercredi 14 mars et doit discuter des changements à la tête du Parti. On parle de l'éviction de Lê Kha Phiêu du poste de numéro un du Parti, de son remplacement par Phan Van Khai, actuel premier ministre, mais aussi de la contre-attaque de Phiêu visant les trois principaux mentors du Parti, Do Muoi, Lê Duc Anh, Vo Van Kiêt qui critiquent Phiêu pour son incapacité à maîtriser la situation (n'avoir pas pu prévoir la révolte des montagnards, être incapable devant le développement des exigences de liberté religieuse au Centre et au Sud).

En fait, devant le développement de l'information et le besoin de liberté du peuple, le Parti communiste vietnamien ne peut aucunement justifier son système de "stabilité politique" par la dictature du Parti unique, ni le maintien de l'article 4 de la constitution qui stipule que seul le Parti communiste a le droit de diriger le pays. Etc. Un changement à la tête du Parti ne lui offre pas une baguette magique pour résoudre tous les problèmes qui s'annoncent.