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Archives - économie/politique

VIET NAM infos numéro 6 - 15 mai 2001

D'après l'organisme japonais de coopération internationale JICA, l'informatique et l'industrie textile seront les deux branches d'exportation phares du Viêt-Nam dans les 20 prochaines années. Selon les prévisions de JICA, le montant des exportations de ces deux produits peut atteindre 70 milliards de dollars en 2020.

200 millions de dollars vont être investis d'ici à 2005 pour développer quatre régions de tourisme. Les quatre régions concernées sont : Quang Ninh- Hai Phong (Ha Long), Da Nang - Hue, Khanh Hoa, Da Lat- Lâm Dông. En 2000, on compte 1,5 million de visiteurs pour la baie de Ha Long; ce chiffre doit être largement dépassé cette année. Pendant les trois premiers mois de 2001, 70 000 personnes ont déjà visité cette "merveille du monde"

La société de joint-venture Ford VN est la société d'investissement d'automobile la plus importante au Viêt-Nam avec un capital de 102 millions de dollars et aussi le projet d'investissement américain numéro un actuellement. En lançant la nouvelle voiture de tourisme Ranger de 5 places, Ford met en difficulté Toyota, car la Ranger dépasse de loin la Camry Gli 5M/T en technique, pratique et économie. De plus, Ford VN met en service une "hot line" pour aider les réparateurs ainsi qu'une équipe d'intervention d'urgence en cas de grande difficulté. Viêt-Nam, champ de bataille entre impérialistes américains et capitalistes japonais.

La balance commerciale du Viêt-Nam a enregistré un déficit de 314 millions de dollars durant les cinq premiers mois de 2001 contre 492 millions de dollars à la même période de l'an dernier. Durant cette période, les exportations ont augmenté de 16,2% à 6,166 milliards de dollars et les importations ont progressé de 9% à 6,480 milliards de dollars. 30% des exportations vont vers l'Union européenne.

A orientation socialiste ?

La chute brutale sur le marché mondial des prix du robusta, variété de café dont le Viêt-Nam est devenu le premier pays producteur, a eu des conséquences socioéconomiques considérables, se traduisant par des mouvements sociaux divers, parmi lesquels n'ont pas été des moindres les manifestations des minorités des hauts plateaux du Tây Nguyên, spoliées dans l'utilisation de leurs terres et touchées de plein fouet par les difficultés économiques.

Or, pour résoudre la crise du robusta, ne vient-on pas d'annoncer que la production de l'arabica sera désormais à l'ordre du jour. Une telle prise de décision ne laisse pas de surprendre ceux qui connaissent bien les conditions actuelles du marché mondial du café, et qui doivent s'interroger sur le bien-fondé d'une gestion économique hasardeuse dont une nouvelle fois la paysannerie, Kinh et Thuong confondus, risque de faire les frais.

Adieu grand frère ?

Les 24 montagnards réfugiés au Cambodge ont pu trouver l'asile aux Etats-Unis malgré les protestations et pressions vietnamiennes. Le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) a donné le statut de réfugiés aux fuyards et les Etats-Unis ont fait le reste. Bien sûr, Amnesty International a lancé des appels au gouvernement cambodgien et celui-ci a trouvé ainsi une justification humanitaire pour ne pas obéir au grand frère et ex-maître absolu du Cambodge durant dix ans. Mais personne n'est dupe. C'est un véritable camouflet pour l'équipe de Lê Kha Phiêu avant sa disparition de la scène politique vietnamienne. Cette décision marque peut-être un virage dans les rapports Cambodge-Viêt-Nam, malgré le refus cambodgien de servir de pays-transit pour les Etats-Unis en refoulant 89 autres montagnards ces jours-ci. A suivre.

De même, on peut noter la perte d'influence du Viêt-Nam au Laos avec la mise à l'écart du gouvernement de l'ancien Premier ministre Sisavath Keobounphanh favorable à une relation étroite avec le Viêt-Nam et la nomination à sa place de Boungnang Vorachit, ancien ministre des Finances, proche de la Chine.

Par sa puissance économique, par de multiples offensives diplomatiques, la Chine profite des difficultés du Viêt-Nam en politique intérieure pour écarter peu à peu celui-ci du Laos et prendre carrément sa place au Cambodge. Tandis que l'attitude des Etats-Unis dans l'affaire des montagnards vietnamiens donne peut-être le "la" de la "diplomatie" Bush dans cette région.

Nos amis chinois

Profitant de la visite du numéro deux chinois, président de l'Assemblée, Li Peng (le 18 mai) , le Premier ministre Cambodgien Hun Sen découvre l'amitié et le désintéressement des Chinois."En général, nous avons besoin de beaucoup d'assistance de nos amis chinois, un besoin qui augmente d'une année sur l'autre" Et encore "les Chinois ont toujours respecté l'indépendance et la souveraineté de chaque pays. La Chine ne met jamais le doigt dans les affaires intérieures d'un autre pays, y compris le Cambodge". Après ces phrases de bienvenue, M. Hun Sen demande une aide de 60 millions de dollars à la Chine.

Rappelons que le président chinois Jiang Zemin a fait une visite à Phnom Penh, le mois de novembre dernier, quelques jours avant celle du président américain Bill Clinton au Viêt-Nam Et dans la foulée de Jiang, Chia Haotian, ministre chinois de la défense, a promis une aide militaire de 3 millions de dollars.

En même temps que Li Peng à Phnom Penh, le Premier ministre Zhu Rongji discute économie avec ses amis thaïlandais à Bangkok. Rappel : en 1975, lorsque les communistes vietnamiens ont pris le Sud Viêt-Nam, la Thailande s'était rapprochée de la Chine de peur d'une "conquête de l'Ouest" des Vietnamiens.

La liberté ou la mort

Ce sont en ces termes que le Père Nguyên Van Ly donne le ton de son combat pour la liberté de croyance au Viêt-Nam (voir le dossier dans Viêt-Nam infos 5). Le 17 mai dernier, un peu avant 5 heures du matin, des centaines de membres de la force de sécurité communiste ont arrêté le Père Nguyên Van Ly, avec violence, dans sa paroisse de An Truyên et l'ont emprisonné à Huê. Motif : n'avoir pas respecté sa "condamnation en résidence surveillée". Une somme d'argent (environ 2000 dollars) a été "confisquée" sans que ce soit écrit dans le procès-verbal.

Un mouvement de protestation de grande ampleur des Vietnamiens vivant à l'étranger contre son arrestation a été créé spontanément (Etats-Unis, Europe, Australie...).

Le gouvernement américain a demandé à Ha Nôi de libérer le Père Ly et de respecter la liberté de croyance. Mme Zoe Lofgren, membre du Congrès américain, demande au secrétaire d'Etat, Colin Powell, de faire une enquête sur l'arrestation du Père Ly et sur la répression dont les chefs religieux sont victimes au Viêt-Nam et de faire pression diplomatiquement sur le gouvernement vietnamien pour libérer les religieux.

En Europe, nous assistons à des actions encore isolées (mais d'éclat). M. Lars Rise, député norvégien a pu rendre visite, début avril, aux différentes personnalités religieuses (Les vénérables Thich Thiên Hanh, Thich Thai Hoa à Huê, R.P. Nguyên Van Ly à An Truyên, le vénérable Thich Quang Dô à Hô Chi Minh Ville) avant d'être lui-même arrêté et expulsé du Viêt-Nam. Lors de la manifestation devant l'ambassade du Viêt-Nam à Paris, le 18 mai dernier, M. Yves Roucaute, président de l'Association Justice internationale et Liberté prévient "les tortionnaires de la population vietnamienne : bientôt sera créé un tribunal pénal sur le Viêt-Nam. Nous y jugerons les criminels qui se croient aujourd'hui à l'abri derrière leur rideau de fer. Nous les jugerons et les condamnerons."(Nous vous invitons à lire l'interview de M. Michel Pelchat, sénateur de l'Essonne, président du Comité français pour la démocratie au Vietnam dans notre prochain numéro).


Après le IXe congrès du PCV
Opinions

DOAN VIET HOAT (*)

Le IXe Congrès du PCV s'est clôturé aujourd'hui. Il en résulte la démonstration d'un comité directeur du PCV s'efforçant de chercher provisoirement à dépasser la situation de crise que traverse actuellement la direction du Parti. Néanmoins, notre pays se trouve devant une impasse totale. Notre nation continue à sombrer et à se détériorer rapidement sur tous les plans alors que l'Asie du Sud-Est et le monde se transforment et progressent à grande vitesse. L'impasse actuelle dans laquelle est plongé le pays ne pourrait être résolue que par une politique entièrement nouvelle, moderne, promettant une vie confortable et heureuse pour tous.

Nous pensons que cette nouvelle politique ne pourra voir le jour que lorsque les droits du peuple seront placés au-dessus du pouvoir politique du PCV, lorsque les décisions concernant notre pays seront prises par le peuple et non plus par un parti unique. Nous appelons le comité directeur du PCV à mettre sincèrement en pratique une politique "du peuple, par le peuple, et pour le peuple", de restituer au peuple la liberté de décider du sort de la nation. Nous estimons que le premier pas vers cette politique nouvelle serait que le PCV accepte un dialogue national entre tous les Vietnamiens qui s'intéressent réellement au destin de la nation et appartenant à toutes les formations politiques et idéologiques. Notre pays ne peut se permettre de prolonger plus longtemps cet état misérable et arriéré. Tous les Vietnamiens ont le droit d'avoir une vie heureuse, à la hauteur des grands sacrifices accomplis pendant près d'un siècle. Le temps est venu pour que toutes les énergies et talents puissent contribuer à la construction du pays. Nous pensons que les solutions adéquates apparaîtront à travers un dialogue national réellement libre, amical et ouvert entre tous les Vietnamiens d'horizons politiques divers.

En remettant la décision du sort de la nation au peuple, en acceptant un dialogue national, le comité directeur du PCV créera les conditions permettant au Viêt-Nam de passer rapidement à une phase historique nouvelle, une phase de développement national et d'intégration au monde contemporain.


(*)Doàn Viêt Hoat, Ph.D., Chairman, International Institute for Vietnam / co-Director, Center for Civil Society in Southeast Asia, Columbus School of Law, Catholic University of America, Washington DC.)

NGUYEN NGOC DUC (*)

Il est connu que les conflits de pouvoir sont permanents à l'intérieur du Parti communiste vietnamien et ils deviennent aigus lorsqu'il est nécessaire de redistribuer les rôles. Seule son intensité diffère d'un congrès à un autre. Cette année, la lutte pour la place suprême de premier secrétaire a été plus âpre, plus dure que jamais. Nous avons lu des articles, des documents circulant parmi les membres du Parti pour critiquer ou défendre Lê Kha Phiêu. Et aussi des lettres attaquant les trois conseillers suprêmes : Dô Muoi, Vo Van Kiêt et Lê Duc Anh. Fait exceptionnel.

Bien que Lê Kha soit complètement défait au profit de Nông Duc Manh, rien n'indique que le Parti puisse sortir de l'impasse actuelle. L'impasse en question est mise en évidence dans la préparation confuse de ce IXe Congrès.

Premièrement, parmi ceux qui détiennent le pouvoir, de Nông Duc Manh, Trân Duc Luong, Phan Van Khai, aux les seconds rôles comme Nguyên Tân Dung, Nguyên Phu Trong ou Pham Thê Duyêt, personne ne peut se distinguer dans la capacité de guider le Parti communiste à travers la tempête. C'est la raison pour laquelle la lutte était devenue dure et dévoilée en plein jour. Lorsque personne n'est capable de se distinguer, chacun peut se croire doté d'un grand destin.

Deuxièmement, la baisse générale de l'autorité de la direction communiste. Dans le passé, à l'âge d'or du communisme, le secrétaire général avait un pouvoir absolu, le pouvoir de donner la mort ou de laisser vivre. Les membres du bureau politique pouvaient, d'une seule phrase, démolir sans appel un membre du Parti. Ce pouvoir si craint dans le passé ne peut plus s'exercer désormais. Ni sur les membres du Parti, ni sur les autres. On ne connaît plus de limites en critiques et en moqueries.

Troisièmement, l'impasse est complète en ce qui concerne l'idéologie et l'orientation politique. Après avoir lu les rapports politiques présentés au IXe Congrès, on ne voit qu'un chiffre zéro géant. Il ne reste qu'une langue de bois usée pour broder des rapports politiques vides de sens.

Vu la progression des oppositions au régime et les résultats du IXe Congrès, on peut comparer le sys­tème communiste vietnamien à une vieille horloge dont le système est complètement rouillé. A chaque congrès, les dirigeants communis­tes la nettoient, la remontent en espérant qu'elle marquerait la bonne heure. Mais voilà, cette horloge est toujours en retard et n'attend que son heure pour s'arrêter pour de bon.

(*) Nguyên Ngoc Duc est secrétaire géné­ral de l'Alliance Viêtnam Liberté

BUI TIN (*)

Ce congrès marque peut-être la fin d'une époque, celle du système Lê Duân. Il faudra attendre pour voir les nouvelles orientations prises par le nouveau secrétaire général Nông Duc Manh. Mais on peut dire d'ores et déjà, que parmi les conservateurs, les nouveaux diri­geants sont les moins conserva­teurs, parmi les corrompus, ils sont les moins corrompus. Et aussi, ils ont fait quelques études et sont plus jeunes. Je connais bien Nông Duc Manh, il est d'un tempérament mou et ne s'est jamais montré ca­pable de prendre une grande déci­sion, mais dans l'état actuel des choses, donnons-lui quelques mois dits d'observation.

(*) Ancien colonel de l'Armée populaire de la République socialiste du Viêt-Nam, dissident et réfugié politique, Bui Tin vit à Paris.