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Archives - Thèmes et humeurs

VIET NAM infos numéro 22 - 15 janvier 2003


A chacun son problème ?

 



Dans son éditorial Le délire de précaution (le Point du 16 janvier 2004), Claude Imbert conclut : 
« …couardise rampante : pensez à la tyrannie du conformisme mou, de la démagogie médiatique, du « politiquement correct » qui cadenassent les bouches de peur qu’une vérité intempestive ne fasse craquer les vernis protecteurs du mensonge ou de la dissimulation. Bref, on aimerait que notre peuple se ressaisisse, qu’il honore le courage et le risque plutôt que la protection et la précaution. » Je ne sais pas si Claude Imbert attire foule ; je ne doute toutefois pas qu’il ne manque pas de gens pour lui donner raison, mais sortir du confort intellectuel commun est un exercice auquel l’on ne s’adonne pas volontiers. 

Lorsque Jacques Chirac s’est élevé à grande voix contre la décision américaine d’attaquer l’Irak, il était bien applaudi, c’était la voix de la raison toute simple. Mais lorsque l’Amérique décidait de « punir » la France, on s’aperçut au réveil que l’attitude de la France comportait des risques, donc, elle n’était pas seulement raisonnable, elle était aussi courageuse (inconsciemment ?). Alors, si les Etats-Unis avaient eu le pouvoir de se débarrasser de la France pour de bon, Monsieur Chirac serait sûrement durement sermonné à gauche mais aussi à droite. Bon, puisque la réalité a décidé de faire tourner la terre dans le bon sens, l’amitié franco-américaine va bien renaître de ses cendres, demain, sinon après-demain. Et l’attitude courageuse de Jacques Chirac à propos de l’intervention américaine en Irak aura droit définitivement à sa qualification de gaullienne.

L’inquiétude de Claude Imbert me fait penser à celle du père Chân Tin, qui, dans un pays où le peuple, pour survivre, préfère ignorer la liberté, signale le danger qu’encourt l’Eglise catholique du Viêt-Nam dans une lettre récente :

« Ce que je veux réellement signaler dans cette lettre, ce ne sont pas les inconvénients ou les difficultés que ce régime est en train de faire subir en ce moment à l’Eglise catholique du Viêt-Nam. Toutes ces difficultés s’effaceront quand ce régime communiste s’effacera. Mais le régime communiste a causé des dégâts profonds et ces dégâts subsisteront des années encore après l’élimination de ce régime. La politique religieuse du régime communiste est en train de dénaturer l’Église catholique vietnamienne, comme elle dénature les Églises des autres religions.
Je crains que lorsque ce régime aura disparu, mon Eglise catholique ne soit plus une église catholique dans son véritable sens. Elle ne pourra plus relever la tête de fierté comme elle a pu le faire dans le passé avec ses centaines de milliers de martyrs. J’ai bien peur que mon église soit obligée de baisser la tête car elle verra encore des traces des méfaits laissées par le régime chez ses propres enfants. Mon église porte et portera dans son sein des éléments protégés ou créés par le régime communiste pour en faire ses simples outils.

J’ai bien peur que lorsque le régime communiste sera éliminé, les dégâts causés au peuple et à la nation par ce régime ne survivent pendant encore longtemps et mon Église, comme les autres Églises, ne porte une partie des responsabilités à cause de son silence et de sa peur. Le silence sans intention constructive n’est nullement innocent, il peut être considéré comme une complicité criminelle ».

Bui Xuân Quang