VIET NAM infos
 
         
     
 
 
 

 

 

 

SOMMAIRE

 

Édito

 

Archives

 

Thèmes et humeurs

Dossiers

économie/politique

culture/société

brèves/dernières

Documentation

 

Contacts

 

Liens

 

 

 

 
 
 

 

 

Archives - Thèmes et humeurs

VIET NAM infos numéro 26 - 15 septembre 2004

 

Terres de toutes les promesses

 

Jacques Chirac sera à Hà Nôi en Octobre pour une rencontre au sommet Europe-Asie (ASEM, lire Actualité page 8). Puis il visitera la Chine. Avec des préoccupations de l’implantation économique de la France dans le continent de toutes les promesses. L’Union européenne ne souhaite pas la présence de la Birmanie (Myanmar) où le prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi moisit en prison, mais Hà Nôi et les nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) menacent, en cas du refus par l’Europe de la présence birmane, de ne pas accepter les dix nouveaux membres de l’Union européenne. 

Tony Blair, cohérent avec sa démarche de justicier bushien, adopte une position dure. Jacques Chirac, cohérent avec lui-même, reconnaît que l’exigence de démocratisation et de liberté doit s’adapter à la réalité et prendre du temps. Ses compatriotes d’origine vietnamienne lui expriment, eux, leurs propres préoccupations et espèrent que la présence du Président français incitera quand même à quelques ouvertures, autres que symboliques, en faveur des droits du peuple vietnamien. 

L’inconnue, pour la France, reste la Chine. Opacité est le mot qui convient pour qualifier le système chinois

La seule chose qu’on sait de la Chine, c’est qu’on n’en sait pas grand-chose. Il n’est nullement nécessaire de rassembler toutes les spéculations débitées lors de la mort de Mao Ze Dong pour comprendre pourquoi nos spécialistes les plus officiels éprouvent quelque gêne à aborder un événement politique lorsqu’il se passe en Chine. 

Pékin est en effervescence. Le prochain plénum du Parti communiste chinois va se tenir à Pékin du 16 au 19 septembre. Les jeux sont faits, les cartes sont jouées, dit-on. Mais quelles cartes ? Alors que l’on commente de long en large les prochaines élections américaines de novembre, et que les paris vont bon train à New York, Paris, et ailleurs, les observateurs se tiennent prudemment sur la réserve en ce qui concerne ce qui se passe en Chine en ce moment. Cela, malgré que quelques beaux tuyaux soient sortis de la cité interdite : Jiang Zemin, 78 ans, ancien président de la République et actuel chef des armées (Président de la Commission des affaires militaires du Comité Central) prendra définitivement sa retraite et laissera à l’actuel Président, Hu Jintao, 62 ans, l’ultime pouvoir qui échappe encore à ce dernier, la direction de l’Armée populaire de libération. 

Mais les expériences du passé nous apprennent qu’il ne faut pas juger les Chinois sur ce qu’on voit, ni même sur ce qu’on sait. Parce qu’ils ne nous laissent savoir que ce qu’ils veulent. Lors de l’exposition sur Deng Xiaoping, l’image de Jiang a été soigneusement effacée des photos de Deng. Peut-on y déceler un signe clair et définitif ? Non. Il faut encore attendre.

Quoi qu’il en soit, il est bien illusoire de spéculer sur un conflit entre conservateurs et réformateurs, comme on a l’habitude de le faire face aux vraies questions que posent les pays totalitaires, conflit qui doit provoquer, espère-t-on, une évolution naturelle de la Chine communiste vers un système démocratique à l’ occidentale. 

Hu Jintao, tout comme Jiang, comme Deng avant lui, ne laissera pas de lui-même démocratiser Hong Kong, ni ne permettra à Taïwan de vivre en paix, et encore moins au Tibet d’être le Tibet. Et il ne va surtout pas renoncer au rêve impérial de l’Empire du Milieu. 

Un système ne s’améliore pas de lui-même sans pression extérieure. Nous le savons tous. Haïr l’Amérique, se laisser fasciner par la Chine, ne pas s’engager contre le terrorisme, nous jouons contre nous-mêmes. Pire même, contre l’avenir de nos enfants.

Bui Xuân Quang