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Archives - Thèmes et humeurs

VIET NAM infos numéro 35 - 15 mars 2006


Connaissez –vous Mme Dang Thi Thông ?


Connaissez-vous Mme Dang Thi Thông ? Sûrement pas, puisque ce n’est qu’une femme de 52 ans vivant dans une misérable obscurité. Elle habite à 109 km de Hà Nôi, au chef-lieu de la province de Thái Bình, province dont les sévices de « nouveaux mandarins » sans foi ni loi constituent le lot quotidien.
Depuis quelque temps; elle campe jour et nuit dans le jardin Mai Xuân Thuong, à Hà Nôi, devant le bâtiment destiné à « l’accueil du peuple ». De nombreuses gens, hommes et femmes, l’entourent pour protester par leur présence contre le silence des autorités, exigeant que celles-ci examinent son cas et lui rendent justice.
En 1983, Mme Thông a hérité de la maison de son oncle et père adoptif. Ce legs lui avait été fait dans l’esprit de la loi et s’était accompli conformément aux formalités prescrites par les responsables locaux. Mais depuis 1984, grâce à diverses ruses, les dirigeants du Comité du peuple de Thai Binh lui ont subtilisé son acte d’héritage. Ils ont démoli la maison, condamnant de la sorte la pauvre femme à vivre dans l’illégalité, sur un tas de ruines. Alors, Mme Thông a rejoint la foule des contestataires s’opposant au régime. Elle semble être prête à mener son combat jusqu’au bout pour récupérer ses droits.
Le gouvernement n’a que faire de ces drames humains. Sa priorité reste l’entrée du Viêt-Nam dans l’OMC, la progression du nombre de touristes. L’économie est sa bouée de sauvetage. 

Mais quelle absurdité ! Voilà un système créé avec les sacrifices de millions d’hommes et de femmes, prétendant améliorer le sort des délaissés de la société, se disant surtout encore socialiste, qui adopte le visage le plus inhumain du capitalisme, celui qui ignore et la justice, et la pitié.
Une question se pose : le régime communiste vietnamien pourra-t-il être sauvé par l’économie de marché, le pétrole, le tourisme, et par le capitalisme sauvage ? Ou alors, la misère des sacrifiés du régime va déferler en une énorme vague emportant tout sur son passage comme un tsunami ?
Peut-on, au XXIe siècle, faire vivre un peuple de 82 millions en interdisant toute information, tous débats ?
Lisons ce qu’ont écrit les organes de presse lors de l’annonce de la résolution 1481 de l’Union européenne (lire notre dossier):
« L’action de dénigrer le socialisme et le communisme est aussi dépourvue de sens que celle qui consiste à aller contre les lois naturelles. Ceux qui combattent le communisme, quelle que soit leur folie désespérée, ne peuvent arrêter la marche objective de l’histoire » (Nhân Dân 26.1.2006)

« La politique socialiste au Viêt-Nam est un exemple de stabilité, de tranquillité et du bonheur » (Lao Dông AVI 6 février).

Mme Dang Thi Thông, de la province de Thai Binh, le grenier à riz du Nord en train de s’ouvrir au tourisme, a pu jeter sa bouteille à la mer. Des gens l’ont aidée à rédiger une lettre qui circule désormais dans le monde entier. Rien n’est perdu. Tout commence.

Bui Xuân Quang