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Archives - Thèmes et humeurs

VIET NAM infos numéro 37 - 15 juillet 2006

 

Sans réponse

 

Bac Giang est une belle province tranquille du Nord Viêt-Nam à une cinquantaine de kilomètres de Ha Nôi. 3 822 km2, 1 563 500 habitants. Voici ce qu’on peut lire sur sa présentation sur Internet : les forêts sont riches en essences précieuses : bois de fer, teck et plusieurs espèces de bambou. La présence de sable aurifère a été découverte à Cho Bên et Trai Cau (0,86-0,91 gramme d'or par mètre cube de sable). Câm Son et Khuôn Thân sont deux grands lacs du district de Luc Ngan. Les oranges de Bô Ha et le ginseng de Yên Thê sont réputés. La forêt de Yên Thê fut la base de résistance de l'armée insurrectionnelle de Hoàng Hoa Tham contre les colonialistes français vers la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. 


Quelle raison alors derrière cette histoire de vol de statues et objets de culte bouddhiques pour laquelle la police a emprisonné et torturé, de la pire manière, 8 bonzes, afin de leur faire avouer des crimes qu’apparemment ils n’ont pas commis ? Emprisonnés depuis trois ans, condamnés à de lourdes peines au début de 2006, les bonzes ont protesté, dénoncé des tortures, demandé une révision de leur procès. Fin juin, pendant cinq journées entières, les bonzes ont décrit leurs supplices : ils ont été suspendus nus par les pieds, et frappés sans relâche à coups de matraques pendant 24 heures. Lorsqu’ils perdaient connaissance, on les ranimait pour continuer à leur faire subir « l’interrogatoire ». En supplément : ongles arrachés avec des pinces, sexes écrasés sur le rebord des fenêtres avec des matraques. 


Aux dernières nouvelles, en attendant d’être reconnus officiellement non coupables, ils sont libres. Mais le Vénérable Thich Duc Chinh, 70 ans, le plus âgé, n’a pas survécu aux tortures. Cette révision de procès a été suivie par des milliers de paysans. Une cinquantaine de bonzes ont manifesté à Ha Nôi en signe de protestation. C’est peu, mais c’est la première fois. Ajoutons que les victimes ainsi que les protestataires appartiennent à l’Eglise bouddhique du Viêt-Nam autorisée par le régime.


Les tortionnaires sévissent partout dans le monde. Nous avons vu que des soldats ordinaires peuvent se transformer par la guerre en des monstres innommables, mais nous sommes loin ici des conditions extrêmes de tension et de stress qui peuvent contribuer à transformer l’homme en démon. Ce sont en fait des policiers d’un pays en temps de paix qui torturent leurs compatriotes, des religieux, soupçonnés de vol. 


Le régime a-t-il produit un nombre non négligeable de tortionnaires en puissance? La haine envers les religieux bouddhiques est-elle si forte au Nord Viêt-Nam pour que des policiers s’autorisent à commettre froidement ces actes criminels ?


Les touristes aiment le Viêt-Nam, ils y trouvent rêve et bonheur. Savent-ils que ce pays est devenu un gigantesque « park center », un très grand magasin, dirigé d’une main de fer, où les commis, dont la fonction à tous est d'être souriants et aimables, doivent toutefois assister quotidiennement à toutes sortes d'atrocités quand ils se retrouvent entre eux ? Et que leur seul droit est de se taire ? 


Qu’arrive-t-il au Viêt-Nam ? 

Bui Xuan Quang


Veuillez lire « la presse cadenassée » dans Economie/politique et L’extrait du « vol noir des corbeaux » de Duong Thu Huong dans Dossier.