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Archives - Thèmes et humeurs

VIET NAM infos numéro 47 - avril-mai 2008

 

 

La Chine, suite sans fin



L’argumentation de ceux qui, à gauche comme à droite, défendent la Chine dans la crise du Tibet tourne autour du fait que le Tibet du Dalaï Lama est un pays théocratique et qu’une démocratie laïque telle que la France ne doit en aucune manière s’aventurer aveuglément dans la défense du Tibet contre la Chine – Luc Ferry, lors d’une émission hebdomadaire sur LCI, ou d’autres plus catégoriques, comme Claude Allègre, je cite : « Au fait, connaissent-ils le Tibet, ces bons esprits ? Savent-ils que les moines ne travaillent pas, rançonnent les paysans et refusent l’éducation autre que celle du tantrisme tibétain ? Veulent-ils instaurer un nouveau régime théocratique au Tibet, après celui d’Iran ? Ne faudrait-il pas au contraire profiter de l’ouverture de la Chine pour l’amener petit à petit vers une indispensable démocratie ?» (“Assez de sornettes, un peu de réalisme”, le Point du 24 avril 2008).

Le bon sens n’est pas dans un camp ni la passion inconsciente dans l’autre. Donner des leçons est une tâche ardue, et le travail qui consiste à donner des leçons aux donneurs de leçons est certainement deux fois plus ardu. Nous ne défendons pas le Tibet contre l’impérialisme de la Chine en ignorant le caractère archaïque, théocratique du Tibet du Dalaï Lama. Cependant, tout peuple a le droit de lutter pour ne pas perdre son identité culturelle, de décider de son propre sort, et lorsque des moines tibétains sont emprisonnés, torturés, tués, il est tout à fait humain d’élever sa voix sans attendre que nos gouvernements « amènent petit à petit » la Chine vers une « indispensable démocratie ». 

Dans un premier temps, je propose à Claude Allègre et consorts de demander à la Chine d’organiser un référendum pour les Tibétains dans les règles démocratiques pour choisir oui ou non l’occupation chinoise. Dans un deuxième temps, lorsque les soldats chinois seront bien partis hors du Tibet, nous irons, avec quelques « bons esprits », voir si le régime du Tibet libéré évolue bien dans le sens du respect de la liberté et des Droits de l’Homme.

Parlons maintenant de la responsabilité des uns et des autres. L’Hôtel Matignon est un lieu bien connu où l’on ne dort pas. Faire du Dalaï Lama Citoyen d’honneur de Paris est une gaffe politique monumentale vis-à-vis de la Chine, d’accord. Nous avons 20 milliards de contrats avec la désormais troisième puissance économique du monde. Le pouvoir d’achat est un facteur indispensable pour le bonheur des Français. Etc. Alors, nous ne devons plus dénoncer les exactions de la Chine au Tibet et ailleurs ? Nous devons confier aux gestionnaires et aux penseurs officiels nos vies, âmes et consciences ? Avouez que les dirigeants chinois ne doivent plus ignorer désormais que leurs comportements sont surveillés à la loupe, avant, pendant et après les Jeux. Et que la puissance économique seule ne fait pas la grandeur d’un pays. L’attitude des autorités chinoises devant le séisme est aussi dictée par l’effet « flamme olympique ». On s’extasie devant « l’ouverture” de la Chine en la comparant avec la Birmanie. Devant les catastrophes naturelles. Et sous les feux de la flamme. 

Il n’y a pas de fumée sans Flamme ?

                Bui Xuan Quang