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Archives - Thèmes et humeurs

VIET NAM infos numéro 58 - juin 2011

 

La guerre de la Mer orientale (Mer de Chine du Sud), n’aura pas lieu



 

La tension est à l’extrême entre la Chine et les pays voisins de la Mer orientale (Mer de Chine du Sud – pour Pékin), essentiellement le Vietnam, et aussi les Philippines. Profitant de sa puissance économique alors que les pays occidentaux et le Japon se débattent avec des crises à répétition, la Chine déploie son impérialisme à une grande échelle.

 

Source : Le Figaro

Elle envahit l’Afrique, l’Amérique du Sud, s’infiltre en Europe, s’implante en Asie en achetant par exemple des terres au Laos, ou en créant des quartiers 100 % chinois incontrôlables au Vietnam…
 


Quartier 100% chinois à Bình Dương
Source : TuanVietnam-Vietnamnet

Devant cette poussée, Hanoï cherche une issue, quelles sont ses dernières cartes ?

En 1974, une bataille navale eut lieu entre les forces maritimes de l’ancienne République du Vietnam (Sud) et la Chine. La Chine en sortit victorieuse, alors que le Nord Vietnam communiste gardait le silence. Normal, en 1958, Phạm Văn Đồng, alors Premier ministre, avait envoyé de Hanoï une note diplomatique reconnaissant la souveraineté de la République populaire de Chine sur les îles Paracels.

Cette note diplomatique, même si elle n’a pas de valeur légale, continue de peser chaque fois que l’actuel Premier ministre Nguyễn Tấn Dũng proclame haut et fort la souveraineté du Vietnam sur ces îles (plutôt pour calmer les protestations intérieures que pour impressionner son grand voisin).

Tout en parlant de paix et de négociations, Pékin multiple les provocations dans les eaux territoriales vietnamiennes. Fin mai, des forces maritimes chinoises ont endommagé un navire de recherche sismique de PetroVietnam ; début juin, un bateau de pêche chinois (?!) a intentionnellement coupé des câbles d’un navire de la compagnie vietnamienne. Protestations officielles, manœuvres maritimes conjointes américaines et vietnamienne, exercices vietnamiens avec des tirs réels, puis envoi d’un émissaire à Pékin pour entendre dire que les négociations pacifiques et bilatérales sont nécessaires mais que la souveraineté chinoise sur les Paracels et Spatleys ne sont pas à « négocier ». Alors, sur quoi négocie-t-on ? Seule issue pour Hanoï :
Internationaliser les discussions. Les Etats-Unis qui sont prêts à entrer dans le jeu n’ont aucun argument valable pour « aider » le Vietnam. Médiateurs ? Pékin ne veut pas l’entendre. Alors, les protégés des Etats-Unis, les Philippines, élèvent la voix, changent le nom de la Mer de Chine méridionale en Mer des Philippines occidentales.

Voilà, s’il y a un conflit entre la Chine et les Philippines, les Etats-Unis ont le devoir (et le droit donc) d’intervenir, d’après un traité signé par les deux pays en 1951.

La Chine ne cherche donc pas un conflit immédiat avec les Philippines, elle multiplie par contre les provocations contre le petit frère du Sud. Empêcher la recherche pétrolière vietnamienne de se dérouler paisiblement, rendre la vie des pêcheurs vietnamiens impossible. C’est clair, le Vietnam peut faire des exercices à tirs réels mais riposter aux provocations chinoises, pour se retrouver seul face à la puissance maritime chinoise (il a déjà fait une expérience amère en 1988 autour des îles Spatleys avec plus de 70 morts de son côté) serait la pire des catastrophes.

La Chine pousse le Vietnam à accepter des négociations bilatérales. On peut raisonnablement supposer qu’elle aurait mis sur la table des offres alléchantes comme, par exemple, d’être le partenaire privilégié dans l’utilisation de la « Mer de Chine méridionale »…

Le piège est énorme, peu tentant, dessinant un avenir incertain, mais acculé, le Vietnam ne peut que retarder sa mise à mort en attendant l’arrivée de la cavalerie. Mais tant que les Chinois font la sourde oreille aux cris philippins, la cavalerie ne se montrera pas.

Le pouvoir communiste de Hanoï doit faire face aussi au front intérieur. Alors que les manifestations à Hanoï restent essentiellement des manisfestations contre l’impérialisme chinois (le 5, 12, 19 et 26 juin), à Ho Chi Minh Ville, après les deux premières manifestations (le 5 et le 12 juin) les autorités préfèrent les interdire car elles débouchent très rapidement sur une ambiance anti-régime, demandant la liberté de pensée au goût de jasmin prononcé.
Ceux qui souhaitent la chute du régime qualifie ce dernier de « lâche avec l’ennemi, sans pitié envers son peuple » (hèn với giặc, ác với dân). C’est en partie vrai quand on voit que tous ceux qui se dressent contre l’envahissement chinois se retrouvent immédiatement en prison avec de lourdes condamnations, totalement disproportionnées. Le cas de Điếu Cày est exemplaire, il n’a pas été libéré après avoir purgé sa peine de trois ans pour un motif inventé (impôts non payés).

La marge de Hanoï, comme nous pouvons le voir, est étroit. Pour pouvoir faire des manœuvres maritimes avec les Américains vers la mi-juillet, Hanoï doit faire quelques gestes, libérer l’écrivaine Trần Khải Thanh Thủy – expédiée dans le nord de la Californie elle serait moins dangereuse qu’en plein centre de Hanoï – et aussi le jeune Ngô Quỳnh (trois mois avant la fin de sa peine – générosité oblige !).

La meilleure sortie du conflit pour les Vietnamiens, comme pour les Américains, et les Philippins donc, est bien une conférence internationale (*) à l’issue de laquelle toute cette partie de mer serait déclarée zone internationale, la souveraineté sur les îles Paracels et Spratleys aux oubliettes (si une vie est possible sur ces rochers, on l’aurait déjà su !).

Pour bon nombre de Vietnamiens cependant, pourquoi se disputer pour la possession de ces rochers puisqu’à l’intérieur même du territoire vietnamien des villages chinois poussent comme des champignons et que le pouvoir de Hanoi n’a plus de contrôle sur les travailleurs chinois, « clandestins » ou non, sur ses propres terres,?
Paris le 2 juillet 20011Bui Xuan Quang
(*) Les îles Spratleys sont revendiquées par La Chine, le Vietnam, les Philippines, Brunei, la Malaisie et Taïwan.

 

Dans ce numéro Viet-Nam infos, nous rendons hommage à un jeune homme de 32 ans qui depuis 10 ans, a bravé tous les interdits pour s’exprimer librement :  Bùi Chát.

Bùi Xuân Quang 






 




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