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Archives - Thèmes et humeurs

VIET NAM infos - février 2012

 

Comment être un bon citoyen quand on est un bon catholique ?
(Par les prêtres du Groupe Nguyễn Kim Điền)


Les faits sont têtus, affirment les prêtres du groupe Nguyên Kim Điền : ils enlèvent toute crédibilité aux déclarations du gouvernement vietnamien à propos de la liberté religieuse.


N.B. Le groupe des prêtres «Nguyễn Kim Điền » a choisi d'imiter et de faire vivre aujourd'hui l'esprit de résistance, l'indépendance et le courage de celui qui était archevêque de Huê au moment du changement de régime en 1975. Ce groupe est composé de prêtres dont certains sont célèbres : le père Thadée Nguyễn Văn Ly, le plus connu des dissidents vietnamiens, aujourd'hui interne au Nord Vietnam, le père Étienne Chân Tin, qui a été un des premiers à dénoncer les atteintes aux droits de l'homme de la part du gouvernement socialiste, le père Pierre Nguyên Huu Giai, secrétaire général du conseil presbytéral du diocèse de Huê, le père Pierre Phan Van Loi, prêtre en résidence surveillée dans le diocèse de Huê.


Le 28 février dernier paraissait un communiqué commun destiné à rendre compte des pourparlers qui ont eu lieu, à Hanoi, deux jours durant, entre une délégation du Saint-Siège et les représentants du gouvernement vietnamien. Entre autres choses, on pouvait y lire les passages suivants : « La délégation vietnamienne a souligné que l'État du Vietnam a toujours appliqué et qu'il continue à mettre en oeuvre une politique de respect et de protection de la liberté de croyance et de religion de notre peuple… » « Par ailleurs, les deux parties ont fait référence à l'enseignement du pape Benoît XVI sur 'le devoir de vivre l'Évangile au sein du peuple’ ainsi qu’à ses remarques sur le devoir d'un bon catholique d'être aussi un bon citoyen ».


Dans une lettre adressée à leurs compatriotes et à leurs frères catholiques, des prêtres se réclamant du patronage de Mgr Nguyen Van Diên, ancien évêque Huê, se sont appliqués à mettre cette proclamation à l'épreuve des faits les plus récents. Pour la seule année 2011, la liste des violations à la liberté religieuse, commises par les autorités publiques, constitue un démenti absolu aux déclarations gouvernementales en ce domaine. Que l'on en juge par cette suite de faits rapportés dans l'ordre chronologique par les auteurs de la lettre :


1 - En 1977, le parti s'était approprié les bâtiments du grand séminaire de Vinh Long, dans le Sud-Vietnam, pour en faire un centre de distraction à l'usage des jeunesses communistes. Cette année, les autorités locales ont décidé d'investir de grosses sommes pour le moderniser. Or, le diocèse, en la personne de son évêque, réclame cet établissement, indispensable aujourd'hui, en regard des besoins du diocèse qui comporte 100 000 fidèles. Une plainte a été envoyée par le diocèse au mois de mai 2011 dont les autorités publiques n'ont tenu aucun compte.


2 - Depuis la fin du mois de juillet 2011, une campagne d'arrestations de jeunes catholiques du diocèse de Vinh et de Thanh Hoa se poursuit. Depuis le début de la campagne jusqu'à la fin décembre 2011,13 catholiques du diocèse ont été arrêtés. Ont été également appréhendés trois autres catholiques, en lien avec la congrégation des rédemptoristes. Le plus connu d'entre eux est le blogueur Lê Van Son. La plupart d'entre eux ont été enlevés à l'improviste par la police, sans mandat d'arrêt. À l'heure actuelle, neuf de ces jeunes gens sont accusés « d'activités visant à renverser le pouvoir populaire ». Tout récemment encore, le 6 mars 2012, deux autres catholiques du diocèse ont comparu devant un tribunal populaire et ont été condamnés à cinq ans et trois ans de prison pour « propagande antigouvernementale ».
Ces arrestations ont eu lieu en toute illégalité. Leurs motifs, dévoilés après coup, ont été fallacieux. La plupart des victimes de cette campagne avaient seulement fait preuve de liberté d'esprit et de patriotisme. Certains avaient rendu de grands services aux communautés catholiques auxquelles ils appartenaient.


3 - Le 22 février 2012, une grave agression a été commise contre un jeune prêtre de Kontum, dont les auteurs restent à ce jour impunis. Alors que le père Louis Nguyen Quang Hoa revenait à sa paroisse depuis un village montagnard où il était allé célébrer les obsèques d'une catholique, il a été assailli et frappé à coups de barres de fer par un groupe de trois voyous, récemment sortis de prison et placés sous la responsabilité de la police locale. Or la veille encore, ces mêmes autorités accusaient le jeune prêtre d'exercer illégalement le culte dans ce village. On sait, par ailleurs, que dans les affaires de répression religieuse, la sécurité n'hésite pas à recourir à des groupes de voyous et marginaux pour terroriser les personnes et les groupes qu'elle poursuit.

 


4 – Depuis le début de l'année 2010, la municipalité de Da Nang, secondée par les forces policières locales, essaie de forcer les catholiques de la paroisse de Côn Dâu à abandonner leurs maisons, leurs rizières, leur église où ils vont se recueillir matin et soir, afin d'établir sur les lieux, une zone urbaine prétentieusement nommée « écologique » où vont être construits des bâtiments de luxe financés par des capitaux étrangers. Voilà deux ans que la population résiste de toutes ses forces à ce projet. Les incidents, les heurts violents avec la police se sont multipliés. Certains ont été très graves. La police a chargé un convoi funèbre essayant de transporter les restes d'une paroissienne âgée dans le cimetière. Plusieurs personnes ont été arrêtées et ensuite condamnées par le tribunal populaire. Des dizaines d'habitants se sont enfuis en Thaïlande où ils ont demandé le droit d'asile. Un paroissien est mort des suites de violences policières.
La résistance se poursuit aujourd'hui, menée par la majorité de la population qui a refusé d'aller s'implanter ailleurs pour une indemnisation dérisoire. Mais, ces temps derniers, les autorités font planer sur la population la menace d'une expulsion par la force.


Les prêtres du groupe Nguyen Van Diên estiment que derrière cette série d'actes odieux commis contre les communautés catholiques, se cache une volonté délibérée de restreindre et même de neutraliser la liberté religieuse, plus particulièrement dans les milieux catholiques.


La deuxième partie de la lettre replace, la fameuse phrase « un bon catholique est aussi un bon citoyen » dans le contexte de l’enseignement pontifical. Le pape est tout à fait conscient, par son expérience personnelle, de l'absence de libertés qui règne dans les pays à régimes totalitaires. Pour lui, comme pour la doctrine sociale de l'Eglise, être un bon citoyen, consiste à édifier des droits civiques à l'intérieur même du régime totalitaire communiste.


En conclusion, les prêtres du groupe Nguyên Van Diên invitent les prêtres et religieux du Vietnam, qui n'ont pas le droit de mener des « activités politiques », à adopter une attitude « politique », c'est-à-dire à élever la voix pour dénoncer les crimes, les injustices. Quant aux laïcs, ils sont invités à un engagement total pour une société conforme aux idéaux de la doctrine sociale de l'Eglise.
 

 

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