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VIET NAM infos - avril 2014

 

Bibliographie sommaire de M. Dinh Dang Dinh  

lue au début de la messe, lors de ses obsèques, en l’église Notre-Dame du perpétuel secours

 à Saïgon, le 7 avril 2014

M. Dinh Dang Dinh est né en 1963 à Hai Duong.

Après l’obtention de ses premiers diplômes universitaires, en 1985 il est mobilisé dans l’armée et travaille à l’école d’officiers de Son Tây (section chimie).

En 1987, il se marie. Son épouse, née en, 1962, s’appelle  Dang Thi Dinh. Le couple a eu trois filles Dinh Phuong Thao, née en 1986, Dinh Thuy Anh, née en 1993, Dinh Thuy Nga, née en 1995.

En 1998, il est démobilisé et quitte l’armée avec le grade de lieutenant. Il travaille pour l’entreprise Lâm Thao, spécialisée dans la fabrication d’engrais, basée à Long Thanh (Dông Nai).

En 1999, il enseigne la chimie dans une école secondaire de la province de Binh Phuoc.

En 2000, il est nommé dans un autre établissement scolaire secondaire, l’école Lê Quy Don dans la province de Dak Nông, sur les Hauts Plateaux du Centre Vietnam.

Cet enseignant au patriotisme ardent s’est ému à la vue de son pays entraîné dans un déclin continu par la gestion incompétente d’un parti dictatorial, le parti communiste vietnamien. Il a élevé la voix pour demander le pluralisme, le multipartisme, la démocratie. Il a proposé aux détenteurs du pouvoir de faire respecter les droits de l’homme..

Le Parti communiste vietnamien a décidé l’exploitation des gisements de bauxite sur les Hauts Plateaux du Centre Vietnam. Cette décision a rencontré l’opposition de la population vietnamienne, effrayée par les risques de graves dommages causés à l’environnement. Résidant sur les lieux où devait s’effectuer cette exploitation, M. Dinh a rédigé un texte qu’il a envoyé à toutes les instances dirigeantes du parti et de l’État. Il proposait de mettre un terme à l’examen du projet d’exploitation. Il se mit en contact avec plus de 3000 personnes qui signèrent sa pétition demandant l’abandon du projet d’exploitation de la bauxite.

Le 21 novembre 2011, il fut arrêté. Lui qui avait milité pour la démocratie et les droits de l’homme au Vietnam, fut accusé de « propagande contre l’État », crime sanctionné par l’article 88 du Code pénal.

Le 9 août 2012, le tribunal populaire de Dak Nông, à l’issue du procès de première instance, condamnait M. Dinh à six ans de prison ferme. Le 21 novembre 2012, le tribunal de seconde instance de Da Nang confirmait cette peine.

Au mois de janvier 2013, M. Dinh était amené au centre pénitentiaire de An Phuoc dans la province de Binh Duong. Avant cela, alors qu’il était encore dans le centre pénitencier provisoire de la sécurité provinciale de Dak Nong, il avait déjà ressenti les premiers indices de sa maladie, des hémorragies intestinales. Mais les responsables du camp ne tinrent pas compte de la demande d’examen médical et de soins formulée par M. Dinh. Non seulement ils rejetèrent sa demande, mais en outre, ils le maltraitèrent lorsqu’il protesta contre un système pénitentiaire inhumain.

Le 7 septembre 2013, le centre pénitencier de An Phuoc l’amène en consultation à l’hôpital du 30 avril (dépendant du ministère de la Sécurité publique). Le 18 septembre 2013, il est opéré, amputé des trois quarts de l’estomac atteint par une tumeur maligne. Le cancer en est à sa phase finale. Dès le mois de janvier 2014, M. Dinh ne peut plus absorber aucun aliment. Au mois de février 2014, l’hôpital commença à le nourrir par transfusion. À cette époque, il était extrêmement faible et les métastases du cancer avaient gagné l’ensemble de son organisme..

La pression exercée par les ambassades des pays occidentaux à Hanoi, qui demandaient la libération du prisonnier de conscience, Dinh Dang Dinh, ainsi que les voix des nombreux compatriotes, à l’intérieur comme à l’extérieur du Vietnam, ont produit un certain effet. Le 16 février 2014, le centre pénitencier de An Phuoc a décrété l’interruption provisoire, pendant un an, de l’exécution de la peine de M. Dinh Dang Dinh, pour que celui-ci puisse recevoir les soins nécessités par sa maladie.

Le 21 mars 2014, le tribunal provincial de Dak Nông ordonnait sa libération, conformément au décret d’amnistie du chef de l’État, pour répondre « aux demandes de l’intérieur et extérieur du pays ».

Mais, tout cela est venu trop tard. Les forces de M. Dinh Dang Dinh s’étaient progressivement épuisées. Alors qu’il était encore en traitement à l’hôpital de Saïgon, après le décret d’interruption provisoire de l’exécution de sa peine pour un an, M. Dinh et sa famille avaient demandé aux prêtres rédemptoristes de le recommander à Notre-Dame du perpétuel secours et de célébrer la messe pour le rétablissement de sa santé. Les derniers jours, désireux de revoir la maison où il avait vécu des jours heureux auprès de sa femme et de ses enfants, M. Dinh est revenu chez lui, dans la province de Dak Nông.

Conformément au souhait exprimé par M. Dinh Dang Dinh dans la matinée du 3 avril 2014, le P. Antoine Lê Ngoc Thanh s’est rendu chez lui, dans la ville de Kiên Duc, district de Dak Lâp, province de Dak Nông. Il lui a administré le baptême et l’a fait ainsi entrer dans l’Eglise. Il est devenu enfant de Dieu sous le nom de Pierre.

Le même jour, à 21h35, Pierre Dinh Dang Dinh quittait ce monde, entouré de tous les siens, laissant dans le chagrin sa famille, toute la communauté et tous ses proches..

Avant de mourir, Pierre Dinh Dang Dinh a laissé un testament oral à ses enfants : « Ne gardez aucune haine en votre cœur ». Aux enquêteurs de la Sécurité publique, il avait dit : « Nous ne sommes pas les ennemis les uns des autres ».

Pierre Dinh Dang Dinh s’est engagé et il a enduré des années de détention dans les geôles des détenteurs du pouvoir communiste pour l’idéal qu’il s’était fixé. Ses prévisions sont devenues réalité lorsque l’exploitation de la bauxite est devenue une catastrophe nationale, un désastre environnemental…   qui nous menace de sa boue rougeâtre..

L’organisation « Amnesty International » a lancé un cri d’alarme à l’intention des dirigeants vietnamiens. « Après la mort du prisonnier de conscience Dinh Dang Dinh, éveillez-vous ! ». Les dirigeants vietnamiens ne se sont pas encore acquittés d’une dette à l’égard du Pierre Dinh Dang Dinh. « Ils ne lui ont pas encore demandé pardon ! » : 

Homélie du P. Nguyên Thê Hiên pour les obsèques de M. Pierre Dinh Dang Dinh,

le 7 avril 2014, en l’église Notre-Dame du perpétuel secours, à Saïgon (vidéos à la fin des textes). 

(La traduction française a été réalisée par Vietnam Infos à partir d’une transcription dactylographiée par le prédicateur lui-même de l’enregistrement de l’homélie. Au Vietnam, on utilise le terme de professeur pour désigner, par respect, tout enseignant, nous préférons le garder dans l’homélie pour une plus grande justesse de ton) 

« C’est le bien qui marquera l’histoire de son sceau définitif et non pas le mal ». 

L’Évangile que nous venons d’entendre proclamer nous affirme une vérité, une vérité fondamentale pour les hommes en général et pour la foi chrétienne en particulier.

Jésus est venu aujourd’hui prendre part à des obsèques. En réalité, on a déjà enterré le mort. Jésus est bouleversé… Non seulement bouleversé mais il pleure… Il souffre du caractère tragique de la condition humaine : la mort lui apparaît comme une réalité qui résume tout le drame, tout le malheur et la souffrance de la destinée humaine. Jésus fait face à cette réalité. Il est bouleversé.

Mais il n’est pas seulement bouleversé. Il ressuscite Lazare.

Dans l’Évangile de Jean, la résurrection de Lazare par le Christ est un signe, qui vise à affirmer ceci : plus réelle encore que la souffrance qui a bouleversé Jésus, plus réelle que la mort et le malheur qui ont plongé la personne de Lazare et sa famille dans une souffrance sans borne, il y a la vie. Plus réelle encore que la mort, plus réelle que tous les malheurs, plus réelle que toutes les souffrances, il y a la vie, la vie éternelle.

Le Fils de Dieu est venu apporter cette vie à l’humanité. Oui, plus profonde que tous les malheurs de la destinée humaine, plus profonde que la puissance apparemment insurmontable du mal, il y a la vie et le bien !

L’Évangile qui vient d’être proclamé nous rappelle cette affirmation fondamentale : en dépit de tout, le dernier mot de la condition humaine, pour l’individu comme pour la communauté, appartiendra au bien, à la vie (la vie éternelle). Même si, dans la réalité, il nous semble que le mal régne en maître, qu’il est la force absolue, par notre foi, nous savons que, par la mort et la résurrection de Jésus, c’est Dieu qui aura le pouvoir d’apposer son sceau définitif sur l’histoire,, le Dieu de la vie, le Dieu du Bien.

Cela est une des convictions qui sont au cœur même de nos vies et, plus particulièrement de la vie des chrétiens. Le Christ est venu dans notre monde. Il s’est enfoncé profondément dans notre propre mort, dans notre malheur. Mais, depuis le fond même de cet abîme de la mort, du malheur et de la misère de l’homme, le Seigneur Jésus a tout surmonté pour s’élever dans la gloire de la résurrection. Frères et sœurs, contemplez l’image du Ressuscité exposée dans cette église et vous saurez que c’est le bien qui triomphera et non pas le mal, la vie et non pas la mort.

C’est cette conviction fondamentale qui nous pousse à nous engager dans notre vie, à nous engager pour la justice, pour la vérité, pour le bien, pour la dignité et les droits de l’homme. Le chemin de notre engagement, frères et sœurs, comportera de nombreuses difficultés. De nombreuses fois, il nous semblera que nous sommes écrasés, que telle ou telle personne a été littéralement broyée par les forces du mal. Mais, en fin de compte, le  secau qui marquera l’histoire, sera celui du bien, celui de la vie.

Il me semble que le professeur Pierre Dinh Dang Dinh s’est engagé dans la bataille, les mains nues, au cœur de la réalité tragique de la société, animé par cette conviction fondamentale. Il a reçu la marque du sacrement du baptême pour que sa faible humanité soit unie au bien éternel, à la vie éternelle de Dieu. Cette conviction profonde l’a soutenu, je le crois, tout au long des jours de son engagement, tout au long de ses jours de souffrance en prison.

C’est aussi cette conviction, même si elle ne s’est pas exprimée clairement, qui l’a poussé à dire à ses enfants : « N’ayons pas de haine !… Nous ne sommes pas les ennemis les uns des autres ! ». La haine n’a plus de fondement, elle n’a plus de raison lorsque nous sommes convaincus de la victoire du Bien. Cette victoire empêche les hommes de se haïr encore, car ils savent que le mal qui les accable, eux et leurs familles, n’est qu’une réalité provisoire, sans fondement. Le dernier mot est celui du Bien, celui des bonnes actions, celui de la justice, de la vérité, celui de la vie, celui de l’amour.

Cette certitude nous permet de nous confronter aux autres hommes, mais sans haine, sans animosité. Je pense que c’est parce qu’il était animé d’une telle conviction que le professeur Dinh Dang Dinh, alors qu’il était sur son lit de souffrance, dans une situation tragique qui, d’habitude, remplit les hommes de haine, a pu recommander à ses enfants d’être sans haine et sans animosité, de s’aimer les uns les autres, d’aimer tous les hommes.

Persuadé de la victoire du Bien et de la Vie, conscient qu’il devait s’engager avec générosité et amour, non pas dans la haine,  le professeur Dinb Dang Dinh nous a quittés alors que son œuvre était encore inachevée.

Réflexion sur un certain nombre de questions importantes.

Frères et sœurs, nous participons, aujourd’hui, à la cérémonie d’adieu au professeur Dinh Dang Dinh. En cette eucharistie, je pense que nous devons avoir conscience que son départ n’est pas un point final. Ce départ, cette mort est une porte ouverte, une occasion de prendre conscience d’un certain nombre de réalités importantes. Il me semble que pendant la célébration de ses funérailles, aujourd’hui, nous devons nous arrêter quelques minutes pour réfléchir à quelques points Importants.

Tout n’est pas de la même importance. Seuls, quelques sujets, les plus importants méritent notre réflexion alors que nous nous tenons auprès de notre ami, de celui que nous admirons, le professeur Dinh Dang Dinh.

a. les fondements de l’édification de la société et de la communauté..

Ce à quoi je voudrais vous inviter en premier lieu, durant cette cérémonie de séparation, c’est à réfléchir sur les fondements qu’il faut choisir pour édifier notre communauté , notre société.

Depuis quelques dizaines d’années, notre pays est édifié sur la base  d’une idéologie, la doctrine marxiste-léniniste. Il s’agit là d’une théorie économique et politique. Point n’est besoin de s’interroger pour savoir si elle est juste ou non. Je voudrais juste vous inviter à réfléchir sur un seul. point, à savoir qu’il s’agit d’une théorie économique et politique.

Toute une communauté, toute une société est édifiée à partir d’une théorie concernant l’économie, la politique. Je me demande alors : y a-t-il une place pour les valeurs humaines, pour les valeurs morales, pour les valeurs spirituelles dans une société uniquement construite à partir d’une doctrine économique et politique ?

Les valeurs humaines, les valeurs fondamentales de l’homme, les valeurs de la morale, les valeurs de l’esprit, ces valeurs qui rendent l’homme différent de l’animal ont été reléguées au second rang et sont devenues des moyens au service d’objectifs économiques et politiques.  En outre, la réalité nous montre que cette théorie est fausse et qul’elle entraîne à des erreurs meurtrières même dans le domaine économique et politique.

La Conférence épiscopale du Vietnam, dans sa contribution à la refonte de la constitution, a précisément soulevé ce problème. Il faut aller chercher un autre fondement pour édifier et structurer notre société et notre communauté. Il faut les placer sur un autre fondement, sur un fondement plus humaniste, un fondement respectant davantage l’éthique, la morale, et donnant davantage d’importance à l’aspect spirituel de l’homme !

Le professeur Dinh Dang Dinh n’a jamais prononcé de déclaration à ce sujet. Mais il a été une des victimes d’une société qui ne respecte pas l’éthique, qui ne se préoccupe pas des valeurs fondamentales de l’homme. C’est une société qui ne connaît que les intérêts économiques et politiques (Pis encore, elle ne connaît que les intérêts économiques et politiques d’un certain groupe !). Elle veut étouffer les voix différentes de la sienne et n’autorise personne à faire appel aux valeurs les plus profondes et les plus fondamentales de la condition humaine. Et lorsque le professeur a exercé son droit d’élever la voix, lorsqu’il a essayé de réaliser son désir de défendre son propre environnement, lorsqu’il a évoqué les problèmes fondamentaux de la société et que cette évocation s’est heurtée aux intérêts économiques et politiques d’un « certain groupe », le professeur a été broyé.

La mort du professeur Dinh Dang Dinh nous invite à réfléchir sérieusement, non pas seulement au sujet de quelques phénomènes… Assurés d’une victoire certaine du bien et de la vie, animés par l’esprit de compassion des hommes sans haine et enracinée dans nos convictions, nous  sommes appelés à réfléchir paisiblement sur les fondations destinées à accueillir l’édification de notre société. Nous sommes invités à apporter notre contribution, comme le professeur Dinh l’a fait, à l’édification d’une société reposant sur des fondements plus assurés et plus justes.

b. Le deuxième point sur lequel je vous appel à réfléchir, frères et sœurs, au cours de ces dernières minutes passées en compagnie du professeurDinh Dang Dinh, c’est notre droit de participation.

L’un des droits de l’homme les plus fondamentaux découle directement de la dignité de l’homme et plus particulièrement de la dignité des hommes que le Christ est venu sauver en mourant et en ressuscitant. C’est le droit de participer aux décisions concernant sa propre destinée. C’est le droit de participer à la gestion de la société, à la gestion de la communauté. Au niveau le plus général, ce droit de participer, c’est le droit de vote. Sous un autre aspect, c’est le droit d’initiative, le droit de se prononcer sur les questions qui nous concernent, nous, nos proches, notre communauté.

La Conférence épiscopale du Vietnam, dans une lettre envoyée à l’ensemble de la nation et surtout à ses responsables, au sujet de la refonte de la constitution, a proposé de ne pas accorder le monopole du pouvoir politique, le monopole du pouvoir de gestion du pays à un quelconque parti politique.

Le professeur Dinh Dang Dinh s’est prononcé publiquement pour le multipartisme. Lorsque je vais voter et qu’il n’existe qu’un seul candidat pour lequel je puisse déposer mon bulletin, lorsque je vais voter et que la loi stipule que ce pays ne peut être dirigé que par une seule organisation, alors, dans le concret, j’ai été dépouillé de mon droit de voter réellement. Je n’ai pas la possibilité de choisir autre chose ; une seule porte est ouverte devant moi. Le droit de vote n’a pas été respecté dans son intégrité et dans son authenticité. Lorsque le professeur Dinh Dang Dinh s’est prononcé publiquement sur le thème du pluripartisme, le problème était non pas, me semble-t-il, de savoir s’il « renversait quelque chose », mais de savoir si un droit de l’homme – en l’occurrence le droit de participer à la gestion de la société – devait être respecté.

Ensuite, lorsqu’il lançait une requête visant à stopper le projet d’exploitation de la bauxite sur les Hauts Plateaux, lorsqu’il faisait campagne pour que d’autres personnes avec lui, et encore d’autres, fassent connaître cette pétition, et cela d’une manière pacifique, sans violence, il ne faisait qu’exercer son droit de participation aux affaires de son pays, de sa communauté.

Il a payé très cher l’exercice de ce droit. Aujourd’hui, devant sa dépouille, en ce dernier moment où nous nous séparons de lui, je vous invite, frères et sœurs, à réfléchir à cela, à réfléchir à notre droit de participation, au droit de participation de notre communauté.

Nous vous parlons avec franchise, frères et sœurs. Nous, les prêtres, nous ne vous appelons pas à renverser quiconque . Nous ne faisons pas de politique. Mais nous vous rappelons les droits du citoyen à participer. Le professeur Dinh, il me semble, s’est, lui aussi, préoccupé de ce droit. Pour, lui, ce n’était pas seulement une idée,  ni non plus un sentiment de regret, mais un engagement visant à exercer son droit. Il a dû en payer le prix.

c. Le droit des prisonniers.

Le troisième sujet sur lequel je voudrais vous inviter à réfléchir (parmi les nombreux sujets de réflexion que nous suggère le départ du professeur Dinh, ce sont les droits des prisonniers, plus particulièrement ceux des prisonniers de conscience.

Même dans le cas des prisonniers de droit commun, les droits de l’homme fondamentaux doivent être respectés, comme le droit de manger et de boire , le droit d’être soigné et, tout particulièrement, les droits concernant la vie spirituelle. Or, dans le monde d’aujourd’hui (le cas du Vietnam n’est sans doute pas unique) les droits des prisonniers ne sont pas encore véritablement pris en compte. C’est ce mépris des droits des prisonniers qui, dans le cas concret du professeur Dinh, a été à l’origine des terribles souffrances qu’il a endurées avant de nous quitter. Ses longs mois de souffrance, son départ aujourd’hui, nous rappellent que, encore aujourd’hui, il existe un problème, le problème du droit des prisonniers.

  Conclusion.

Frères et sœurs, il existe encore de nombreux problèmes mais je ne veux pas abuser de votre temps.

Tout d’abord je vous invite à contempler la vie, et tout particulièrement l’engagement du professeur Dinh.

Mettons-nous dans la perspective de la foi chrétienne, cette foi à laquelle il a adhéré dans les dernières heures de son itinéraire en ce monde, pour nous convaincre avant tout de ceci : : ce n’est pas la puissance du mal qui imprime sa marque définitive à l’histoire, c’est la force du bien, de la vie. Et dans notre foi chrétienne, nous savons que cette force est celle de celui qui est passé par la mort pour ressusciter dans la gloire.

Le poète Tagore a dit : « Il a porté à mes lèvres la coupe de la mort. Et il y a versé l’immortalité ». Aujourd’hui, le Christ, dans l’Évangile que nous venons d’entendre était bouleversés par la mort de Lazare et par la douleur de sa sœur Marie. Mais pas seulement bouleversé.  Lui-même, est entré dans la mort, il a subi une passion extrêmement cruelle. À ce moment-là, Jésus n’a pas refusé la coupe de la mort posée sur ses lèvres. Mais, parce qu’il était Dieu, après avoir absorbé entièrement cette coupe de la mort, c’est lui-même qui a rempli cette coupe de l’immortalité. Même dans la souffrance, même dans nos défaillances, même dans notre malheur, même dans nos épreuves, même lorsque nous sommes accablés et broyés par les puissances du mal, les forces du bien et de la vie sont toujours là. Nous en sommes convaincus. C’est à cause de cette conviction que nous poursuivons le chemin que nous dicte notre engagement. C’est aussi parce que nous sommes assurés de la victoire finale du bien et de la vie, la vie est le bien qui viennent de Dieu, que nous gardons un cœur généreux et sans haine, sachant respecter les autres, même ceux qui nous font souffrir, nous-mêmes et notre communauté.

Je pense que c’est là le message important que nous laisse le professeur Dinh.

Récapitulation.

Auprès de la dépouille du professeur, dans le contexte de cette messe de funérailles, j’ai invité la communauté à réfléchir sur un certain nombre de sujets fondamentaux. J’ai évoqué devant vous trois problèmes.

Le premier problème, c’est la nécessité, pour nous, de créer, de poser des fondements pour notre société… Il nous faut faire en sorte que notre société repose sur des fondements plus justes, plus authentiques, sur d’autres valeurs que celle d’une théorie économique et politique. Nous devrons respecter les valeurs morales, les valeurs humaines et les valeurs spirituelles, lorsque nous établirons cette société, la communauté de ceux qui vivent ensemble en ce pays qui emprunte la forme de la lettre «S ».

En second lieu, nous avons souligné la nécessité de faire en sorte que soit respecté le droit de participation à la gestion de la société, un droit qui appartient à tous et à chacun.

Le troisième problème posé concerne la nécessité de faire respecter les droits fondamentaux des prisonniers, et surtout ceux des prisonniers de conscience.

Seigneur Jésus, Toi qui es entré dans la tombe de Lazare pour l’arracher au pouvoir de la mort, aide-nous a parvenir jusqu’à la Vérité et au Bien.

Nous te prions d’accueillir le professeur Dinh Dang Dinh dans la gloire du Bien et de la Vie, ton Bien et ta Vie.

Nous te prions de nous donner la force de rester assurés  et forts dans notre engagement, et de prendre la suite de ceux qui nous ont précédés au service des justes désirs, des efforts et des ambitions légitimes des hommes.

Vidéos de l’homélie du P. Nguyễn Thể Hiện (en vietnamien)

Phần 1: https://www.youtube.com/watch?v=a3zFrOVOZaQ&list=UUikBuQDhcIJ2y7-pFCTye2g 

Phần 2 : https://www.youtube.com/watch?v=l_VuhKWOvVs
 

Bui Xuan Quang


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